‹ Le nouveau monde industrielChapitre 15 sur 53 · U<DU8T1»BL · texte numérisé non relu

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même de quart d*heure en quart d'heure , prévîen* dra tous les excès par multiplicité de jouissances ;. leur succession fréquente sera un gage de modération et de santé. Dès -lors chacun aura gagné en rigueur , en raison du grand nombre de «es amusemens : effet opposé au mécanisme civilisé , où la classe la plus voluptueuse est partout la plus faible de cprps. On ne doit pas en accuser les plaisirs , mais ^ulement la rareté de plaisirs d*où naît l'excès, qui semble autoriser les moralistes à condamner la TÎe épicuriaine; ils prêchent la modération inverse ou résistance à Tappat du plaisir ; ils ignorent lo régime de modération directe ou abandon a une grande yariété de plaisirs contre- balancés l'un par Tautre, et garantis d'excès par leur multiplicité, leur enchaînement.

Ce n'est pas en civilisation que peut s'établir ce mécanisme , il est réservé aux Séries passionnées^ Toute notre sagesse est d'ordre inverse, notamment en médecine où nous employons la sobriété, la privation spéculative , au lieu de la gastrosophie ou gourmandise équilibrée par la variété qui satisfait à la fois le goût , l'imagination et l'estomac , bien plus fort en facultés digestives quand on Je soutient par une échelle de variétés adaptées au tempérament*

L'ordre sanitaire naîtra donc de Taffluence même des plaisirs^ aujourd'hui si pernicieux par l'excès que provoque leur rareté*. Un tel résultat sera

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double prodige', ou charme composé , relativenient àlasontë. 1® Il transformera en g^age de yigaear cette TÎe épicurienne qui , dans Tëtat actuel , est ▼oie de perdition, tant de la santé que de la fortune» 2^ £n prodiguant aux riches ces alternats continuels^e plaisirs, il transformera en voie de sanlé la richesse', qui aujourd'hui n'est que Toie d'affaiblissement ,.car la classe la plus riche est toujours la plus sujette aux maladies : témoins les gouties, rhumatismes et autres maux , qui s'acharnent sur le prélat et le ministre , et n'entrent pas dans la cabane du paysan , où d'autres maladies , comme les fièvres , ne pénètrent que par^ les excès de travail et non de plaisir-

S® Double prodige en économie. Je Tai déjà énoncé ; c'est la propriété qu'ont les séries passionnées d'élever les économies en raison de la multiplicité des caprices et raffinemens. Une phalange pçut fabri^ quer vingt sortes de pain , à moins de frais qu'ua seul pain qui , par sa soUié d'espèce , aurait le vice de ne point exciter les rivalités cabalistiques, et q)ii par suite ne répandrait aucun chariùe sur les travaur, ne mettrait pas en jeu le levier économique d'attraction industrielle.

Au premier moment on est choqué d'entendre dire qu'il en coûtera moins de servir cinquante siHrtes de salades qu'une seule , de fournir des voitures de cinquante espèces que d'une seule ; q|ieb* ques lignes vont lev^r les doutes.

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"La {dnlfiQge cnhive phisieurs sortes de salade, et en reçoit chaque jour d'autres sortes de ses Toi-* mes, selon la règle exposée prëi^édeiîament. Elle pe.ut donc , à tin service de 1600 personnes (petits enfans déduits) , fournir sept sortes de salades qui , assaisonnées chacune de 7 à 8 mantères pour satis* laire tous les goûts , forment une cinquantaine de salades difiBérenciées en qualité et préparation. Qa^on yeuille par illusion d'économie se réduire à trois au lieu de cinquante, tout le mécanisme d*at* traction industrielle est renversé ; plus de débats cabalistiques sur les^qualités, sur les variantes d*as^ saisonnement ^ plus de ligues pour les-subdivisions pare^laires , cdltivant selon diverses méUiodes , et variant les saveurs du légume; plus de rivalités actives avec les phalanges voisines; Fémulation ton^, la s^4e desaladistes n'a plus de ressorts, ses produits dégénèrent , ses travaux sont dédaignés , on ne peut les soutenir que {mr entremise des corvéistes , et âl en coûtera phts cher pour avoir une mauvaise salade que pour une option suif 50 sortes raffinées en qualités et. en assaisonnement. Même théorie s'applique aux voitures et a tout autre objet* Nous regarderidifs déjà comme un prodige écommitque l'art de mener un train de vie fastueux , sans dépenser plus que si Ton vivait dans la médiocrité ; que seran» de Vart de dépenser beaucoup moins dans le grand faste, que si l'on végjétait dans la viO; parcimonieuse. Il y aura encore dans ce ré*

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sultat miracle redoublé ou composé; vingtupter, centapler les jouissances , en réduisant la dépense au-dessous de celle d'une vie monotone, d*un régime de privations.

Les miracles de mécanique sociétaire que je borne ici au genre composé ou redoublé, s'élèveront dans diverses branches au sur-composé ou triple , et au bi-composé ou quadruple prodige (Traité de F Association domestique-agricole). Ces merveilles incompréhensibles, et pourtant certifiées par ceux qui auront vu la phalange , causeront sur le globe une telle stupéfaction, que tous les gens aisés voudront faire le voyage et voir de leurs yeux des effets si inconcevables : c'est ce qui garantira à la phalange d'essai un bénéfice de quarante millions sur les curieux , admis à cent francs par jour, dans le cas où elle prendra ses mesures pour opérer en pleine échelle , et étaler l'harmonie des passions dans toutes les branches qu'elle peut comporter au début.

A l'aspect de cette féerie sociétaire , de ces accords , dé ces prodiges , de cet océan de délices produit par la seule attraction ou impulsion divine, on verra naître une frénésie d'enthousiasme pour Dieu auteur d'un si bel ordre, et l'infâme civilisation perfectible sera couverte de malédictions universelles. Ses bibliothèques politiques et morales seront conspuées, déchirées dans le premier instant de colère , et livrées aux plus vils emplois , jusqu'à ce qu'on les ait réimprimées avec la glose critique ,

^«G^ ea regard d^ |6it« , pour en iaîre lu rUëe perpétuellQ <)o genre hmnain. (yo]Fes le Traité cU rAssoci^tion domestiqae-agricole)*

Plaçons ici nne remarque sur l'errear fondamentale dea aciences philDsophiquea, hnmpHême. £Uea aayîsag^nt toujours la nature et la destinée bumaine m mode simple ; elles s'obstinent à (}issipuler le «t^lbeur soeial , à n'y Toir qu'une disgràee ou pri^Ation rimphf quand elle est coramuntoent double, quadruple, décuple ; et quant aux pevspeetires de bonbeur moral ou politique dont elles nous leurrent , ce n'est toujours qu'un bonbeur simple et trompeur, pQi|iipe cielui d aimer la vertu pour elle-même, sans bénéfices, ni gloire, ni grandeurs attacbées à l'exercice de cette vertu. Une telle mesqoiiu^îe ne lav^riiit convenir à l'bomm^, «a de9tînée est le inod^ çpPB^^^ W bonbeur comme en malbeur.

Il eût convenu d'ajouter à ce tableau un contraste pu parallèle des m^lbeurs composés qui pèsept sur 1^ civilisé : op i^'en finirait pas si l'on voulait à ebaque cbapitr^ dife seplepEient le nécefs^ire. (Voye^ le Traité d^ ^'^'^^^'^^^^^^ domestique-agricole) , l'ébaucb^ de qe tableau renfermant %^ dif^ grâces qui acc^b^i^t l^s civili^s pfiuvreç ; on pourra aisément porter ai| Rouble p^tte série des mis^rta actuelles , effets nécessaires 4i| régime «nbvev^if » qui prodi^t ^n tou^ s^^s l'opposé de« ^ieiifaiti fociétfîres.

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D'après Tadmiration qu'excitera le mécanisme des séries passionnées, on peut juger de l'empressement des associés qui eu recueilleront le fruit , à consentir tout sacrifice qui serait nécessaire pour assurer Taccord de répartition. J'ajoute un dernier chapitre sur cette harmonie intentionnelle dont , je le répète, on n'aura aucun besoin, car la cupidité , à elle seule, suffit pour établir l'exacte justice, quand les séries industrielles sont régulièrement organisées.

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