‹ Le nouveau monde industrielChapitre 38 sur 53 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

Distinction entre les séries faussées et les hongrées.

Nous passons des fabriques spéculatives aux fabriques usuelles , qui peuyent fournir une douzaine de séries en fonctions obligées , comme buanderie , travail sûr bois , sur cuir.

Ces séries, que je vais indiquer, seront la plupart défectueuses , peu compatibles avec deux des trois règfles posées au chap. VI, la compacité d'échelle et l'exercice parcellaire, G*est un vice inévitable pendant quinze à vingt années d'initiative sociétaire.

Les fonctions non compactes en écbelle pourront s'élever à une cinquantaine de genres et une douzaine de séries dans la phalange d'essai ; elle ne vou- ' dra pas être dupe des ouvriers de la ville , ni les appeler chaque fois qu il y aura un clou à poser ; ce serait s'encombrer mal à propos de civilisés. Pour s'en garantir , elle aura engagé des instructeurs en tous genres de travaux domestiques , fournissant quatre a cinq catégories , comme travail sur bois , sur cuir , sur métaux , sur étoffes , etc. On pourra composer, de ces divers genres, les séries suivantes.

A En bois: charpentiers, menuisiers.

' B Idem : tonneliers , vanniers.

C En cuir: cordonniers, gantiers, culoUiers.

D En mixte : selliers , bourreliers , layetiers.

E En fer: serruriers, éperonniers, maréchaux.

S48 ROCVKAV «ORM

F En mixte : carossters, charrons, taillandiers.

G En orneraens : modistes , brodeuses , passementières.

H En étoffes : tailleurs , tailleuses , ravaudeuses , repriseuses, corsetières.

J En métaux : chaudronniers , poèliers » feHIrfaQ- (iers y lampistes , fondeurs , pompiers.

L En mixte: couteliers, tabletiers, arquebusiers,

M Idem : horlogers , joailliers , orfèrres,

^ En toile: lingères, tisseuses^

11 reste divers emplois qu'on pourrait difficilement classer en série , tu le peu de Uen qu'ils ont entre eux , tels sont :

1 Chapelier, 5 Perruquier^ Imprimeur,

3 Tapisser, 6 Dëgraisseur, 10 Parasolier.

S Plumassier, 7 Cartonnrier, 11 Emballeur.

4Pailliste, 8 Pelletier, 12 Vitrier, 13 Opticien.

Une phalange de grande échelle aura besoin de tous ces emplois. 11 serait fâcheux à elle de recoorir aux ouvriers de la ville pour imprimer soa bulletin de la bourse et autres minuties^ pour raccommoder pendule , montre , tabatière , cutll^ , couteau , oha* peau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et tnH« sièmo essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'éveiller ce goût, le faire écWe chez certains enfans, à qui il est naturel.

Mais la génération élevée , dans l'état civilisé, ne

tdDDSTRIEt. Î49

le passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par cette raison ne pourront pas ^ dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiflBres 1 à tô, et même dans les genres cotés de A jusqu'à N. Plusieurs des douze séries A N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VL ) Ce seront des séries hongréeSj insuffisantes en ressorts d'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses, dites hongrées ou non compactes.

Les fonctions 1 à 13 ne formeront guère que des groupes détachés.: elles n'ont pas de lien entre elles ; mais chacune , au bout de 80 ans , fournira une série , parce que les enfans élevés dans Tétat sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers, sauf exercice parcellaire; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d'emballeur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.

L'emploi des séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prérenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. VII, sous le titre de séries faussées.

Il y a peu de différence entre les hongrées et les fW.tissées. J'appelle faussée celle qui est mal assortie.

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mal graduée , mais corri^ble , coiftme oii Ta vu au chap. VIL

La série hongrëe pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d'y remédier , parce qu'elle se compose de fitictions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d'échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. VU un exemple de série faussée : j'en ajoute un de série hoagrée ^très-méthodiquCr Travail sbr métaux cohvdns.

Transîtîon ase : =3 Lampistes.

Ferblantiers.

Aile descend* Chaudronniers.

Arquebusiers.

Serruriers.

P Maréchaux , éperonniers.

Taillandiers.

Charrons.

Caros^ers.

Aile desc^d* Pompiers.

Cofiretîws.

Transition desc 2 =r Couteliers. Ici les foBcttonf sont bien graduées , mais éioignées entre elles , formant échelle d'espèoe et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hon* grées : elles manquent de «compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas suâceptibles de riva-

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lités ncinules et discorda gradues entre groupes eontigus. Ce sont des séries rabaissées en éshéUe , car la leur se forme d'espèces ; une bonne^échelle n'est formée que de yariélés très- voisines , discor^ fiantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fbnctions trop distinctes pour créer les dis- ^rds , c'est une série hongrée , privée du jeu de la cabaliste ou passion des intrigues rivales.

On sera forcé , pendant la l '^ génération , de for* mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défec* taeuses , cumulatives d'espèces éloignées : nu reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée ^ puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'à la2« ou S* génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et &• générations sociétaires. (Voyez 5* section ce. qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )

Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes à ce défout de compacité qui paralylserait tout ; on pourra les for** iner en échelle de variétés bimi nuancées , donnant plein essor au S passims n^oanisantes.

Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés à ceux de la science dite économie politique, aux yeux de qui toute

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industrie est utile pourvu qu'elle crée des légions d-affamés , qui se Tendent a bas prix au conquërans et aux chefs d*atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d'activité et à l'indigence en cas de stagnation.

L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, que le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés à la plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise à peu de temps le travail de fabrication.

Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. VIII , sur les sortes et doses d'attraction.

Dieu n'a distribué pour le travail manufacturier qu*une dose d'attraction correspondante au quart du temps que Thomme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre que celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.

Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dose d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps applî-

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cable à Tindastrie , enfin donner aux fabriques moitié du temps disponible en travail non domestique, enverrait avorter Tattraction manufacturière et par suite l'attraction agricole ; car les séries d*agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.

Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si l'on procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.

£n outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme aujourd'hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures défectueuses réduisant la durée d'un vêtement à demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse do fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait à l'agriculture une population limitée à tel nombre fixe.

Des sophistes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le vice qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'environ cinq milliards, on ne s'occupera qu'à assurer le bonheur de ses haj)itans et non pas à en accroître

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le nombre. Or ce bonheur déclinerait si Ton faussait les équilibres d'attraction , en prenant du temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière à élever tout produit à la perfection.

C est d'après ce principe que les manufactures', au lieu d*étre comme aujourd'hui concentrées dans des villes on s'amoncellent des f ourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend à employer les fabriques en accessoire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.

En terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles à un précepte général , qui est d'assurer aux 3 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans l'hypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu'à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir.

IlfOCSTBISL. 355

COMPLÉMENT DE LA l^e PARTIE.

Duperie des détracteurs ; Secte Owirv.

Déjà Ton peut s^aperoevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans l'arbitraire des faiseurs de systèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, paisé dans la nature, conforme au vœu des passions et aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en Terra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VIL

Nous pouvons maintenant examiner les inconséquences commises a cet égard par le 19* siècle qui, sur Tafifaire d*où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.

On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilbé.

Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on auraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des biens, l'absence de culte divin, l'abolition brusque

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da mariage : ce sont là des lubies de cnsse-cou politique et non des moyens neufs ; c*est pourtant a cesbilIcTeséesque le 19« siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.

Observons que dès son début Rob Owen opéra tout à contre-sens de l'association: ignorant que Tagriculture doit être la base du mécanisme sociétaire, il rassemblait à New Lanark 2000 tisserands n^ayant pas un arpent de terre à cultiver. En commettant cette lourde faute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du inonde social. Sa science n'était autre que celle des sophistes, hasardsii tout, jouer en casse-cou sur les innovations; audaces foriunajuvat; et surtout faire sonner bien haut sa pbilantropie ; ce masque fait toujours des dupes.

Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublés de ce titre , peut-il se laisser prendre encore à la fausse monnaie philantropique ? Un vrai philantrope aurait dit : « Il faut tenter des » ^essais d'association ; mais on doit en même temps » s'exercer à la recherche de la méthode naturelle, » et mettre au concours cette découverte, n

Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un rôle sans moyens réels : M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est la contre-partie de celui

iif»u8»iii. 257

de G** Penn fondateur des Quakers* J*en donnerai aillears le parallèle : remarquons seulement dans la méthode Owen, une marche de casse-cou politique, décidé à tout hasarder, à essayer des monstruosités sans ^1 prévoir les résultats*

Par exemple : sur la liberté d'amours , il ignore quels seraient les efiets de Torgie amoureuse corporative, qui ne manquerait pas de s'établir quand la nouvelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des aeiours libres que sur les effets d'une absence de culte divin. Avant d'admettre seulement une demiliberté en amour, il faut introduire des contre-poids que les barmoniens mêmes ne pourront créer qu'au J>out de quinze ou vingt ans d'exercice.

Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes de commun accord , voteront une innovation , Ton pourra être sur qu'elle est utile et non pas dangereuse. Sans doute le système conjugal engendre une foale de vices ; j'en ai décrit bon nombre à l'inter'mède du Traité de T Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régtilièi*e comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le pÎTOtal.

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Et pour ne parler que des !«»• et 2« degrés, n'estil pas évident qu'un mariage stérile est un lien moins fort que celui qui donne un enfant? Voilà une distinction des 1^" et 2*" degrés ; il reste à établir celle des 7 autres. Je renvoie ce détail , en faisant observer que lors même qu'on connaîtrait les neuf degrés à établir en mariage, il faudrait encore connaître et organiser l'état de choses qui fournira des contre- poids et garanties contre Fabus des libertés , abus que n'a pas prévu le sophiste Owen ; il yeut émanciper tout-à-coup^ lâcher la bride aux amours, comme si l'on était à Tîled'Otahiti, au paysd'Hamil, a Lancerote, à Java,enLaponie et autres lieux où les coutumes et les préjugés ont établi des contre-poids.

Négligeons ce débat puisque ce ne sera qu'après trente ans d harmonie qu'on commencera à s'en occuper; mais pendant la l** génération sociétaire, il sera nécessaire de laisser les amours ( voyex chap. XVI) dans l'état d'hypocrisie et de tromperie universelle qui caractérise la civilisation : Tarnoor jet la paternité sont les dernières passions qu'on pourra amener au régime véridique ; difficulté très-ignorée de ceux qui veulent, comme M, Owen, faire sur la liberté des passions un essai aussi téméraire que celui des philosophes de 1791 sur le brusque affranchissement des nègres.

C'est l'affluence de ces sophistes qui prévient contre les véritables inventeurs, et engouffre notre siècle dans la détraction : elle est plus que jamais

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le travers dominant. Au reste elle est vice endémique du caractère civilisé ; les découvertes les plus précieuses ont été proscrites à leur apparition : le café et la pomme de terre ont été judiciairement interdits et mis au rang des poisons ; Fulton inventeur du bateau à vapeur, et Lebon inventeur de Téclairage au gaz ne purent se faire écouter de personne dans Paris,

D'après ces bévues récentes des Zoîles, on peut juger de la confiance que méritent leurs jugemens; ils se disent partisans des lumières, ennemis de l'obscurantisme ; ils accusent tel ministre d'être un nouvel Omar, telle société d'être une réunion d'éteignoirs, eh ! que sont-ils eux-mêmes quand ils impriment, qu^il ne peut point exister de découverte en calcul d'attraction ; et quand ils excitent k ne pas lire le livre qui en apporte la théorie complète , dont Newton n'a donné qu'un lambeau?

Ainsi le lO*" siècle se montre en digne héritier du là"" et de la génération qui persécuta les Colomb et les Galilée ; alors c'était la suiierstition qui proscrivait les sciences neuves ; aujourd'hui elles sont proscrites par ceux qui se disent ennemis de la superstition. Voilà lesecret de leur zèle simulé pour le progrès des lumières ; voilà leur vol sublime : ils n'attaquent la superstition que pour prendre sa place, opprimer autant et plus qu'elle.

Etrange inconséquence! On porte aux nues l'homme qui a pris l'initiative en calcul 4'attraction,

260 NQCTBAII KOIfDI

Newton qai en a traite savamment la branche inutile et de pure curiosité ; car que nous sert de savoir le poids de cbaque planète? il restait, en attraction, à explorer les deux branches importantes :

L'utile ou théorie de Tattraction passionnée»

L'agrAablb ou tliéorie de Taiialogie et des causes* Celui qui apporte ces deux sciences est une bête brute au dire des Zoilesqui pourtant exaltent Newton, pour avoir traité de la branche ihutilb, celle des effets matériels en attraction où il ne peut expli* quer aucune cause ; si on demande aux newtooiens pourquoi Dieu a donné 7 satellites à Saturne et 4 i Jupiter qui est double en grosseur, pourquoi un anneau à Saturne et point à Jupiter, ils ne ponr* ront donner aucune réponse.

Leur science n'en est pas moins belle par sa jostesse mathématique ; mais elle n'est qu'un germe borné à Texplicaltion des effets et non des causes ; et au moment où la théorie des causes est dévoilée, il faut, ou flétrir Newton puisqu il a commencé Tétude de Tattrac tion , ou protéger son continuateur bien pins digne d'appui, en ce qu'il a traité les deux branches del'utile et de l'agréable, dont l'une conduit au bon* heursocial bien autrement précieux que la science.

Ajoutons que le calcul de l'analogie, quoique branche d'agrément, a bien son côté utile, carc*esl à cette nouvelle science qu'on devra la découverte de tous les antidotes naturels, la plupart inconaus, tels que ceux contre hx goutte, Thydrophobie, Të-

llfDDSTMIl. ' d61

pilepsîe, et autres maladies 'qai sont encore récnell de Tart. C'est un appât pour notre siècle et surtout pour la France , à faire trêve de malmllance contre les inventeurs et accorder à la plus précieuse des découvertes, sinon une protection positive, au moins un accueil dubitatif, motivé sur des considérations que goûtera tout homme impartial ; en voici Tabrég^é.

« C'est la première fois qu'on nous présente une

» théorie régulière sur le problème de l'association,

» réputé insoluble, et sur le mécanisme d'harmo-

» nie des passions, considéré jusqu'ici comme une

» énigme impénétrable : si cette théorie est pra-

» ticable, elle nous donnera les biens que tous les

» siècles ont vainement rêvés, la cessation de la

» mendicité prévenue par concession d'un mini-

» mum à la classe pauvre, Tabolition convenue de

» l'esclavage et de la traite, le règne de la vérité et

» de la justice, fonde sur les bénéfices dentelles

» deviendraient la voie dans le nouvel ordre ; il est

» donc prudent d'examiner cette théorie , en indi-

» quer les côtés défectueux, inviter de plus habiles

» à la rectifier s'ils ls PEUvEifr, et à défaut de ce,

» en faire l'essai bien exempt de risque, puisqu'elle

» ne roule que sur des travaux agricoles et domes-

« tiques évidemment lucratifs, par le régime de

« combinaison et d économie qu'elle y introduit. »

Sur ce, les beaux esprits répliquent : « On pour-

» rait prêter l'oreille, si l'auteur savait se revê-

Mi HOVYIAU HOnPB

» tir des formes usitées et rendre hommage à l'au- » guste philosophie moderne. » Ëh ! c'est la ruse de tous les sophistes : un inventeur serait bien suspect s'il adoptait cette manière hypocrite ; on serait fondé à penser qi^'il n'est comme tant d'autres, qu'un charlatan de plus , cherchant à se mettre ea scène perfca et nefaa : tous ces contrebandiers scientifiques savent prendre le ton académique , passe^ port des erreurs et des jongleries. Ici il s'agit d'éveiller les beaux esprits sur leurs illusions et leur duperie ; de prouver qu'ils sont les premières victimes de leur crédalité pour les faiseurs de systèmes.

Depuis vingt ans qu'on parle d'association, s'ils avaient pris des mesures pour atteindre au but, i la vraie association, s'ils n'avaient pas donné une folle confiance au sophiste Owen, ils auraient obtenu la vraie théorie ; un essai aurait décidé la métamorphose ; le chaos civilisé , barbare et sauvage aurait déjà disparu^ les savans et artistes vivraient tous dans la haute opulence, et ne seraient pas réduits à déclamer contre la censure et l'obscurantisme (qu'ils exercent eux-mêmes à l'égard des inventeurs) ; ils jouiraient de la pleine liberté, de La fortune et des diguités, sans être sous la férule d aucun Omar.

Pour les désabuser de cette duperie, de cette manie de choisir le rôle servile et la pauvreté , faut-il que je me traîne à leurs pieds ? ils me croiraient

IHDUtTRlIt. S6t

d'autant moins que je les flagornerais plus. On a va récemment, à l'époque où les systèmes universels étaient à la mode, un sophiste éloquent prodiguer fencens aux savans, les louanger tous nominative* fttent, et ne pas réussir à accréditer près d'eux son système universel, (dans lequel il avait oublié seu* tement l'analyse de Thomme ou des passions et at« tractions, celle de ^ mécanismes, civilisé , barbare et sauvage, de leurs caractères permanens, successifs et engrenés ; celle des turpitudes civilisées , telles que le commerce mensonger ou concurrence inverse et circulation inverse ; il avait oublié aussi la théorie des destinées futures et passées, la Aéorie des causes en mouvement, etc., etc., etc. )

Les SJTirans lui ont reproché ii juste titre de ne rien dire de neuf, de répéter en d'autres termea ce que cent autres avaient dit avant lui. Je me ran* gérais dans la catégorie de ces beaux esprits faiseurs de systèmes, si je m'affublais de leurs formes académiques dont souvent Von tire bien peu de fruit. L'auteur cité n'en a recueiUi que le compliment assex banal de savoir se faire lire en flattant les puissances académiques.

Le ton d'adulation n'est guères iamilier aux inventeurs ; au lieu de la souplesse oratoire, ils ont le caractère de droiture et de fermeté qu'Horace admire dans Thomme juste ; non civmm ardor prava jubenHum mente quoHi aolîdâ. Mon sujet ne comporte pas le ton adulateur; il s'agit de remontrer les

S64 NOUVEAU KOIIBB

hommes sur leur refus de foi en la pro?idence, leur manque d'espérance et d*actîyitë à rechercher le code diviii^ leur défaut de charité, leur insouciance sur une invention qui doit mettre subitement un t^rme a Fesclavage, à Tindigence et aux misères de rhumanité.

Ici le seul ton convenable est celui de la chaire ; on n'exige pas que les fiossuet , les Bourdaloue encensent un siècle pervers ; on les approuve quand ils tonnent contre les fausses doctrines qui nous garent; et si je n'ai pas leur éloquence, je n^en dois pas moins adopter leur manière , dédaigner la souplesse banale des charlatans scientifiques, et m'en tenir au* ton de franchise et de rondeur qui est le seul convenable à un inventeur étayé de preuves mathématiques et irrécusables.

Uh écueil où le monde savant ne manquera pas de tomber, c'est la jalousie ; on voit avec dépit qu'un intrus enlève la plus belle proie; et le premier mouvement de chacun est de nier , d'étouffer la découverte qu'il ne peut pas s'approprier, de foudroyer le profane inventeur qui , en dépit du monopole de génie, veut s'introduire dans les rangs des privilé* gîés , méconnaître la loi :

« Nul n'aura de Tesprit que nous et nos amU* »

Je sais que s'il s'agissait d'invention médiocre, il serait imprudent de violer cette loi : un poète vai>-

iHBosTniL. 265

dame , P^toUet le DaCy a fort bien dit : « S*il tous vient quelque idée neuve ,

« Saches la présenter «Tee ménagement ,

« Comme leur propre klée arrangée autrement* »

de sorte que pour passe-port de sa découverte, l'auteur doit dire aux monopoleurs de génie : « G^est à » vos vastes lumières que je la dois , c'est dans ros » doctes écrits que j'en ai puisé les élémens ; vous » aviet créé tous les matériaux de cette nouvelle » science; je les ai mis en œuvre selon vos sages » méthodes ; je ne fais qu'acquitter ma dette en vous » dédiant une invention qui est la vôtre bien plus « que la mienne ; elle n'est qu'un fleuron détaché » de votre couronne, et que je dois y replacer. »

A ces mots le monde philosophique dirait : u voilà un ouvrage écrit avec sagesse, impartialité, l'auteur sait se faire lire , son ton est décent , son style est fleuri , suave , marchand : ^ra metel Sosiis, -^ éH-^ pms mirare in nostrodocto corpore. »

Si je me présentais ainsi l'encensoir k la main, ce serait tromper le monde savant ; il vaut mieux, pour •on intérêt^ lui dire franchement quels seront dans cette affaire ses bénéfices et les miens , assigner à chacun son lot.

Le leur sera immense ; aux bénéfices pécuniaires indiqués précédemment, ils pourront joindt^ une moisson de gloire non moins immense. Je leur livre

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des mines vierges ; ma théorie lear ouTre l'entrée da nouveau monde scientifique, l'accès à vingt sciences que je ne peux pas traiter moi seul, pas même en par« tie ; je me réserve seulement celle deTattraction passionnée sur laquelle il restera beaucoup à dire après moi ; quant aux autres sciences , j'en livre la clé : celle de l'analogie exigera plus de âOO,000 articles fort étendus , j'en pourrai à peine donner ^0, parce que je ne suis pas versé dans les trois branches de l'histoire naturelle : il m'eût fallu y employer trois ans d'étude exclusive ; je ne l'ai pas pu et ne le pourrai pas.

Les savans ont donc à se louer, dans cette affaire, de ce que la proie échoit a un homme qui ne peut pas la dévorer, et qui est obligé de leur eu laisser la majeure partie , en se réservant seulement Thon* neur d'invention. Le sort les a bien servis en me livrant la mine scientifique : un homme plus instruit que moi , aurait pu tout accaparer pomr lui seul.

Après cette franche explication, il reste à les prë« munir contre leur penchant à la détraetion et la jalousie, dont ils seraient dupes dans cette conjonc« ture : je vais faire parler des hommes plus en crédit que moi , qui leur reprochent d'être aveuglés par Torgueil et la petitesse. Condillac leur dit : « des » sciences neuves qui seraient traitées avec une » grande netteté, une grande précision, ne seraieirt » pas h la portée de tout le nionde| ceux qui n'ait-

I2f»V8TRtlL. 267

Il raient rien la les entendraient mieux que ceux qui » ont fait de grandes études, et surtout que ceux qui » ont beaucoup écrit, n

Voilà pour l'orgueil et la jalousie qui les aveuglent au point de prétendre que la science de Tattraction passionnée tt^aUée avec une grande netleté, une grande précision y n'est pas intelligible. J'ai vu des demoiselles de 15 ans comprendre à merveille le mécanisme des Séries passionnées, expliqué par les 3 causes et les S effets, selon les cbap. V et VI ; et des savans exercés prétendront que cela est ob^ scur; c'est qu'ils ne veulent pas comprendre. Si j'étais mort et qu'on pût exercer le plagiat sans obstacle , ils sauraient trop bien comprendre et travestir ma théorie, essayer de se l'approprier bn PARTIS , car personne ne pourra tenter de la piller en totalité. Msi prise de possession est trop bien constatée par les insultes des contemporains , déclarant qu'U ne peut pas exister de découverte en théorie d'attraction : pourquoi n'ont-ils pas opposé à Newton , cette sa« vante décision? que ne faisaient- ils excommunier Newton comme on excommunia Ghr. Colomb, que la cour de Rome se hâta d'absoudre quand elle fut mieux avisée: ainsi feront les antagonistes de la théorie sociétaire, ils ne tarderont guères à démentir leurs actes de vandalisme.

Gondillac cité plus haut a signalé l'orgueil qui les irrite contre les sciences neuves ; un autre va si^ gnaler leur petitesse ; je transcris ses expressions^

268 IIOOVIAU HORBE

sur l'outrage (ait à un homme célèbre par les Zolles de son temps.

« Bacon dont le génie prophétique se fit contemn porain du 18" siècle, Bacon qui avait ouvert dans }> ses écrits un trésor inépuisable de vérités, eut le » tort de prendre un vol trop élevé ; et de plauer à » une si grande hauteur sur les hommes et les 31 idées de son temps , qu'il n'exerça sur eux aucune » influence. » Jauy*

Même chose a lieu aujourd'hui; ma doctrine, comme celle de Bacon, n'est point trop élevée, mais notre siècle est , comme celui de Bacon, trop petit pour y atteindre , sauf quelques personnages d'exception qu'il s'agira de rencontrer; pauci sed boni. Je ne recherche que ces hommes qui, tels que Bacon et Condillac donnent à leur siècle le sage conseil de refaire l'entendement humain ^ d'oublier tout ce qu'on a appris des sciences philosophiques plus obscurantes encore qu'au temps où Jésus-Christ leur reprochait leur obscurantisme en disant : « malheur j» à vous scribes et pharisiens qui vous êtes saisis de n la clé de la science , et qui n'f étant point entrés » vous-mêmes, l'avez encore fermée à ceux qui 9 voulaient y entrer. » (St-Loc, chap. XI.)

Les scribes de nos jours sont encore ce qu'ils étaient au temps de J.-C Newton leur a donné la clé de la science, en attraction ; ils l'ont saisie , et n'ayant pas su y entrer, s'avancer plus loin que Newton, étudier les branches que ce giéomètre n'a*

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vait pas trailëes/ ils veulent aujourd'hui en dérober la connaissance , et diffamer Tinventeur qui a apporté au monde la suite du calcul Newtonien , la théorie de l'attraction passionnée et de Tunité sociétaire; science à défaut de laquelle toutes les antres ne sont qu'un opprobre pour la raison ; car que nous servent ces trophées scientifiques tant que la multitude privée du nécessaire est au-dessous da sort des animaux sauvages, qui vivent heureux dans la liberté et l'insouciance.

« On convient de cela, disent les critiques, mais » il eût fallu dans votre théorie ménageries sciences » révérées , comme la tendre morale, douce et pure » amie du commerce. » £h ! c'est par son alliance avec le commerce et le mensonge qu'elle est devenue méprisable ; elle a apostasie à ses derniers momens ; elle était excusable dans ses erreurs, quand elle prêchait le mépris des richesses, en se fondant sur ce qu'il est presque impossible de les gagner en civilisation par la voie de fa justice ; elle a perdu ses droits à l'estime en transigeant avec l'esprit mercantile : si elle l'eût attaqué par une recherche du régime véridique, elle se serait ouvert une belle issue de civilisation, une brillante carrière do progrès social ; elle a cédé lâchement au vice heureux, elle a embrassé le culte du veau d'ory comment peutelle prétendre à la considération ?

J'avoue que tant qu'on a ignoré la théorie de l'attractiuuou développement harmonique des passions,

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on a dà t^en tenir à la méthode répressive dite raie ; mais elle devient dés ce moment inutile , et on ne lui doit pas de capitulation honorable , parce qu'elle a repoussé la lumière , la théorie sociétaire qui seule peut garantir une récompense à la vertu > et parce qu'elle a de tout temps manqué à ses devoirs, tels que Tanalfse franche de la civilisation et de ses caractères (section 6*"), et la recherche du mode commercial véridique. Elle n a spéculé que sur la vente de systèmes que chaque année voit éclore au nombre d'une quarantaine , pour le bien du commerce de morale.

Nous n'avons eu cette année que 17 traités de morale, disait un journal de 1803, qui s'appitoyait sur la modicité de cette récolte. Il ne parlait que de la France : en y ajoutant les autres états qui font le commerce de morale ou la fabrique de morale , très-active en Angleterre , Allemagne , Italie , les traités doivent s'élever au moins à une quarantaine par an, même dans les temps de disette : et comme tous ces traités sont contradictoires, chacun renversant celai de la veille, il faut changer de conduite et de mooors au moins quarante fois par an pour être docile aux leçons de la morale douce et pure; il faut avoir en outre beaucoup d argent pour acheter ses innombrables controverses, beaucoup de temps et de patience pour les lire, et beaucoup d'intelligence pour les comprendre , car leurs auteurs ne se comprennent pas eux-mêmes. Nous expliqueront*ils

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comment on peut être à la fois ami du commerce et eimemi des richesses perfides ! ce sont là deux dogmes de morale, aussi judicieux, aussi homogènes que tous les autres. En est-il un qui ne soit regardé en pitié par ses auteurs mêmes? Sënèque tout en BOUS préchant de renoncer aux richesses, dès aujourd'hui, sans attendre à demafn, et d'embrasser sans délai la philosophie, accumulait une fortune de cent millions de francs. Ainsi la morale n'a jamais été qu'une jonglerie oratoire et un masque d'ambi« tion. Tout hypocrite qui médite quelque fraude s'af* fuble soigneusement de moralité.

On répond qu'elle n'est pas moins bonne en ellemême quoiqu'elle serye de manteau à Thypocrisie : non; elle estricieuse, et par double raison ; l'une est qu'elle conduit à sa perte celui qui essaie de pratiquer exactement ses doctrines , tandisqu'elle conduit à la fortune celui qui la prend pour masque et non pour guide ; l'autre est que ses dogmes sont contradictoires et la plupart impraticables, comme celui qui ordonne d'aimer et soutenir l'auguste vérité : qu'un homme aille dans un salon y dire l'anguste vérité sur le compte des personnes réu-> nies, déyoiler les grivelages de tel financier pré* sent , les galanteries de telle dame présente , enfin la conduite secrète de tous les assistans , il sera honni de toutes voix : qu'il s'avise de publier la vérité, toute la vérité sur le gaspillage des deniers publics, et compromettre de hauts personnages,

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il Terra où coudait la pratique de l'augnate Térttë. Tous les d<^mes de la morale sont également impraticables.

D ailleurs n*est-il pas avéré qu'elle a constamment produit des effets opposés à ses promesses, et que plus une nation enfante de traités de morale, plu9 elle s'engouffre dans la dépravation ? voilà donc une. science trompeuse par le fait comme par les doctrines toutes contradictoires. Elle a mal fini , elle s'est prostituée sur ses vieux jours, en s'alliant a l'esprit mercantile, source de tous les vices : la religion ne s'est pas souillée de cette infamie.

Mais pourquoi cette boutade contre la tendre morale? C'est que les hypocrites s'étayent de la mo* raie pour dénigrer la théorie de l'attraction. Ils sont jaloux de voir naître une science qui va donner les biens que promettait l'astucieuse morale , établir le règne de la vérité, de la justice et des bonnes mœurs , conduire à la fortune ceux qui les pratiqueront , et conduire à la ruine et au déshonneur ceux qui essaieront de pratiquer la fausseté.

Quelques-uns de ces détracteurs veulent aussi s'affubler d esprit religieux , prétendre que la théorie de l'attraction n'est pas en pleine harmonie avec la religion ; ce n'est pas moi qui répondrai à ces tartufes, c'est l'Evangile ^ c'est la parole de Jésus-GhrbC qui les confondra. Je traiterai ce sujet dans un article spécial.

G*est parce que ma théorie marche en tout point

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dans le sens de la religion , qu'elle doit discorder ayec ces scribes et pharisiens modernes , ces mora*listes insidieux, ces saltimbanques de vertu que Jësus-Christ démasquait si bien , et qu*il maudissait comme obscurans , comme sophistes vandales, feignant de chercher la lumière , et ligués pour Tétouffer à son apparition. Ils sont encore aujourd'hui ce qu'ils étaient au temps de Jésus-Christ ; manque* raient-ils à diffamer le chef-d'œuvre de la sagesse divine , le code d^unité sociétaire et d'harmonie des passions appliquées à l'industrie?

Si les moralistes sont de bonne foi , et tiennent à paraître tels , que n'acceptent-ils un défi , un essai, afin que l'expérience prononce entre leur science et la mienne? S'ils augurent bien de leur méthode et mal de la mienne , ils doivent souhaiter qu'une épreuve me confonde authentiquement , ce sera pour eux un triomphe éclatant; mon but est le même que celui où ils feignent de tendre , c'est d'établir le règne de la vérité , de la justice et des vertus réelles ; on verra bien vite laquelle des deux méthodes arrive au but.

Si la mienne est juste , elle doit décider le procès en six semaines de plein exercice ; la leur a eu non pas six semaines , mais trente siècles d'exercice en de nombreux empires ; il n'en est résulté que le progrès du mal ; en outre ils ont fait obtenir au moins vingt épreuves à la fausse méthode sociétaire, crite de Rob Owen ; à force de la prôner dans les

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journaux , ils ont procuré à son auteor des souscrip* tions pour une grande quantité d'établissemens , qui ont avorté comme on le sait, puisqu'aucun propriétaire d'esclaves ne Ta adoptée pour les nègres^ aucune horde ne s'y est soumise.

Ils se sont donc abusés en systèmes d'association, comme en systèmes de morcellement industriel; leurs moyens sont évidemment illusoires , c'est une présomption favorable pour une théorie opposée aux leurs, et opérant en quelques semaines. S'ils n'ac* ceptent pas le défi ce sera faire preuve d'insigne mauvaise foi, et d'insouciance complète pour le véritable progrès social.

Avertissons -les sur la fausse position où ils se placent. Un incident les réduira tous à une palinodie subite : dès qu'un écrivain notable et désireux déjouer un grand rôle, se prononcera dubitativement pour l'examen et l'essai , les Zoîles compromis, opineront à se rétracter en toute hâte , sans attendre l'épreuve qui les couvrirait de ridicule. Ceux de Colomb furent confondus, lorsque le confesseur d'Isabelle, plus judicieux que les sa vans, opina à l'examen ; aussitôt la débâcle des détracteurs fut complète.

Ici le rôle dubitatif est bien plus sûr pour on écrivain ; car avec Colomb il restait deux risques , naufrage en mers inconnues , et danger de fausse route , de recherche infructueuse : mais en essai de l'attraction industrielle, on aura , au lieu de risque,

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une garantie de bénéfice énorme dans tous les cas. En proposant cette épreuve , un écrivain appuyé du précepte de Descartes, docte et expébieiici, obtiendra le plus brillant succès. Il sera en politique ce que fut St.^Augustin en religion ; il renversera les faux dieux scientifiques , le caduc édifice de la philosophie ; il sera lapôtre de la métamorphose sociale : je reviendrai sur la haute fortune que ce rôle vaudra à Torateur*

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