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L'auteur a dû prévoir cette défiance qu'excitent les promesses gigantesques; il ne s'exposerait pas ainsi au soupçon de jonglerie , s'il n'était appuyé de preuves plus que suffisantes. Les charlatans scientifiques ont soin de ne pas heurter l'opinion ; ils prennent des formes patelines , insinuantes ; ils évitent les annonces invraisemblables : mais celui qui publie une découverte réelle , ne serait qu'un charlatan s'il ne contredisait personne ; il n'apporterait riea de iwif :
Colomb, Galilée, Copernic, Newton, Harwey , Linnée, furent obligés de heurter de front leur siècle , démentir les opinions les plus enracinées.
Cependant les formes académiques s'opposent à ce qu'on donne un déil>enti auiq sciences en crédit.; la règle est de distribuer de l'encens à tout le monde , si l'on veut se glisser dans les rangs des sophistes privilé*» Qiéi. Le rôle d'un inventeur est tout différent ; il n'est pas prétendant à l'académie, ni obligé d'en prendre le ton ; il ne peut pas encenser des préjugés qu'il vient dissiper.
Vouloir qu'un inventeur ne s'écarte pas des
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idées reçues , c'est connue si on exigeait qu'un naturaliste , au retour d'un voyage d'exploration^ ne présentât aucune plante nouvelle.
Ceux qui nous ont rapporté d'Amérique le quina, le tabac, la pomme de terre, le cacao, la vanille, l'indigo, le vigogne, la cochenille, ne nous ont-ils pas mieux servis que s'ils n'eussent rapporté que des espèces déjà connues?
Un moderne a dit avec raison : Le der^ nier des torts qu'on pardonne est celui d^an^ noncer des vérités nouvelles. (Thomas , Éloge de Descartes.)
Tel est mon tort , c'est de dévoiler beaucoup de sciences neuves et éminemment utiles; les nouveautés les plus précieuses ont été repoussées à leur apparition i la pomme de terre et le café ont été proscrits par des arrêts du parlement ; la vaccine , le mécanisme à vapeur, ont été de même diffamés dans leur début. C'est un travers inhérent à l'esprit civilisé que de contrecarrer les découvertes, en insulter les auteurs. L'amour-propre des diverses classes trouve son compte à ce vandalisme; les philosophes inclinent à étouffer
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une inveotioa qui coiupromelleurs.syslèinés; les badauds se croient de beaux esprits, i^ raillant V comme au siècle de Colomb, iine théorie avant qu'elle ne soit éprouvée : de là vient que tout le monde s'accorde à repousser les inventions, et même ks nouveautés en demi^faveur : Séyigné était applaudie quand elle disait : On se lassera du café comme des tragédies de Racine.
, Pour motiver la défianoe, la persécution contre les inventeurs , oo objecte qu'il y a beaucoup de charlatans : c'est la faute du monde savant qui n'a établi aucun jury d'examen, et qui s'est organisé de manière à ne favoriser que l'intrigue. Citez un charlatan qui ait été repoussé, citez un inventeur qui ne l'ait pas été. Les académies, pour s'excuser, rejettent la faute sur les siècles peu éclairés; le nôtre qui se dit pourvu de lumières , n'a-t-il pas éconduit FULTON ^ LEBON , inventeurs du bateau à vapeur et de l'éclairage au gaz? On peut voir à la Post* face un article où les savans français se tra-* hissent et se dénoncent eux-mêmes <, en croyant s'excuser de ce vandalisme qu'on af*
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focle de condama^ pour mieux Texercer , contre les iMnnmes non protégés, dont la âiâ)rie froisse quelque amour-propre.
ReuToyons cette discussion : il est plus pressant de ^Eiire connaître au lecteur le siqet dont on va Toocuper, Féchelle des sociétés supérieures à la civilisation, et dont le mécanisme est enfin découvert. L'humanité, dans sa carrière sociale, a 36 périodes à parcourir; je donne ici un tableau des premières , qui suffira aux documens contenus^ dans ce volume.
éCHILUE DU P&IMIER AGE DU MOllDE SOCIAL.
Voyez pour les 3 autres âges le chap. LIV.
4 llndasfHe.
[ K. BÂtarde sans Thottitee. a 1.