CHAPITRE LXXIV
Rubans.
Espèce de licol de toutes couleurs , que ceux' qu'on appeloit souverains attachoient à leurs esclaves pour être sûrs de leur obéissance.
Nous avons vu à Paris un petit souverain allemand qui , de la prison où il étoit pour dette , avoit fait une boutique de rubans ponceaux grands, moyens, petits, qu'il vendoit ajuste prix à des aventuriers ou à des sots. Cela s'appeloit l} ordre de Limbourg. Qu'il y a loin delà au ruban tricolor que le Français libre porte avec une juste fierté !
Pour séparer le jardin du château des Tuileries qu'occupoit Louis-le-traître, de la terrasse des Feuillans où le public se rassembloit, le peuple tendit le long de cette terrasse un simple ruban , et
( i7« ) cette barrière fut respectée ; personne, ne la franchit. Du canon n'auroit point produit cet effet. C'est que le peuple obéissoitàuneloi qu'il s'étoit lui-même imposée.