‹ Le nouveau Parnasse satyriqueChapitre 54 sur 79 · A ANNE · texte numérisé non relu

A ANNE

Est-ce caprice ou vanité?

Anne, tu crois estre l'image,

De l'aveugle divinité

A qui les amans font hommage.

Je confesse que la raison

D'une telle comparaison

Ne m'a jamais esté connue,

Mais veux-tu que j'en juge mieux?

Mets un bandeau sur tes beaux yeux

Et te monstre à moy toute nuë.

SVR LE SOVLIER D VME DAME.

Beau soulier, d'un beau pied glorieux logement, A passemens rangés, en corde d'une harpe, Mon mal à dépenser qui n'est plus en écharpe. Reçoit en te voyant un petit d'aliment, Lors il s'attache à luy comme chaux au ciment. Puis il saute à la jambe, avec un saut de carpe, De la montant plus haut gaigne la contrescarpe. Tant qu'il se rend au lieu que j'aime infiniment; Alors, ô très heureux 1 il grippe la becca^, Qui luy plaist beaucoup plus qu'un conte de Boccasse; Ah 1 ce penser me charme et me rend furieux : Que ne puis-je couler comme luy sous le linge, Dont par toy, beau soulier, mon penser comme un

[singe.

Grimpe aux lieux défendus aux regards curieux.

SATTRIQYE. 65

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