HO LE NOVVEAV PARNASSE
El que le plus menteur des gaiettiers Fasse non <M*ai8on fund)re.
Que durant l'espace d'un jour L'on m'expose sous une tente, Et que l'épitaphe suivante Se lise à mon honneur sur la peau d'un tambour.
EPITAPUE.
Cy gisl un pauvre duc sans terres, Qui fut jusqu'à ses derniers jours, Peu fidèle dans ses amours, Et moins fidèle dans les guerres.
Il donna librement sa foy, Jour à jour à chaque couronne, Et se fist une estroite loy De ne la garder à personne.
Trompeur mesme en son testament.
De sa femme il fist une nonne.
Et ne donna rien que du vent À madame de l'Isle Bonne.
RAILLERIE d'vNE DAME S\R SES AMANS.
Que je ris de la sottise De tous ces pauvres amans, Croyant par des feints tourmcns Asservir nostre franchise :
Ceux qui discourent si bien Dans leurs cœurs ne sentent rien.
Tantost parlant à des arbres, Ou parlant à des rochers,
SATYRIQVE. 91
L'un en prose et l'autre en vers, Nous font passer pour des marbres.
L'un meurt cent fois par écrit, L'autre m'Ue à ce qu'il dit.
Ils consultent les oracles Qu'un écho rend dans le bois, Devant nous sont aux abois, Puis à la cour des Miracles, Je crois qu'ils se vont guérir, Car on n'en voit point mourir.