ERS EST
Pardon , mademoiselle . . . c’est que je ne sais pas ce que tous me demandez. . .
NINA
Écoutez, (le faisant reculer) je suis bonne, je suis douce naturellement , mais savez-vous que l’amour peut changer le caractère...
ERNEST
A qui le dites-vous? C'est justement ce que. je viens d’éprouver eA vous voyant. Oui, vous pouvez deviner, sans que j»vous le dise, que je n'ai pas grand esprit... Tranchons le mot... Je suis un franc imbécille, sans éducation , sans talens , sans usage. . . Eli bien ! du moment que je vous ai aperçue , je ne sais quelle révolution soudaine s’est opérée en moi. . . 11 m’a semblé qu'un nouveau jour m’éclairait. . . de nouvelles idées se présentaient à mon imagination , et sans peine , sans efforts , les mots s’offraient d’eux-mêmes pour les exprimer.
NINA
Quel langage ! . . . .
ERNEST
Et qu’a-t-il donc de si étonnant? de tout temps l’amour n’a-t-il pas fait des prodiges ?... douteriez-vous de ses mw racles?... et qui plus que vous cependant serait capable d’y faire croire ?
Ai* : F’aud. du Piège*
Oui , d'un semblable 1 changement Il faut voqh en prendre à voua - même.
On devient bien % jfr éloquent Lorsqu'on est près de ce <iu’on aime. •
Plus d'un amant fut interdit PrèRde charmes comme les vôtres;
Êt si vous me donnez l'esprit ,
Vous l’avez fait perdre k bien d’autres.
NINA
Serait-ce tine plaisanterie ?
ERNERST.
S il , moi ! plaisanter sur un pareil sujet ! j’en suis incàe. . . Et tous aussi , je le parierais. . . Et si notre mariage tous aTait déplu, si quelques raisons secrètes s’é J taient opposées à cette union. . . je suis sûr que tous m'en auriez averti... que, loin de me tourner en ridicule , tous auriez eu pour moi les égards , les procédés qu’on doit à un ami de son père ; que loin de confier Totre secret à une jeunesse imprudente, légère, qui peut tous compromettre, tous m’auriez tout avoué franchement, et tous vous feriez conGée & ma délicatesse . . . n’est-il pas vrai?. ..
NINA. « '
Monsieur. . .
ERNEST
Jugez donc de ce qui aurait pu arriver. . . si , en voyant un jeune homme , simple , sans déGance , vous tous étiez fait un jèu de le tourmenter; si ce malheureux tous aimait réellement ; si à votre vue il n’avoit pu se défendre d’un sentiment fatal; si, trempé, désabusé, forcé de renoncer à tous , il emportait dans son coeur le trait qui l'a blessé et qui doit peut-être le couduire au tombeau. NINA.
Grands dieux 1
ERNEST
R assurez- vous. . . il faut espérer qne cela n’ira pa» jusque-là. . . Mais si ce n’est pour lui que je parle , que ce soit au moins pour vous ? A quoi ne vous exposez-vous pas en tous livraut ainsi! . . . car eniin vous ne savez pas
2 ui il est . . . vous ignorez son secret et il possède le vôtre...
■t s’il proGtait de scs avantages, quel parti n’en pourraitil pas tirer dans une petite Tille amie du bruit et du scandale ?...
NINA
Ah ! Monsieur. . .
ERNEST
Malheureusement toutdépend de tous. . . madiscrétion se rcgleîa sur la vôtre. . . Vous aviez voulu m’intriguer un peu , je vous l’ai bien rendu ; ma vengeance se borner a là... burtoul pas le mot à ces Messieurs. . . Je n’exige pas non plus que tous agissiez contr’eux. . . restez neutre. . . c'est
tout ce qne je tous demande. Je croirai avoir remporté une assez belle victoire en détachant de leur coalition l’alliée 1a plus redoutable.
NINA
Je reste stupéfaite.. . et je ne sais plus où j’en sais.