‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 172 sur 259 · Loco citato · texte numérisé non relu

Loco citato

± M. G. LXXXU, col. t)7i.

^GUSES D'ORÏENT (350-450).

Aphraates, dont les Lettres ou Homélies ont été écrites vers 337-345, a cité l'Évangile du Christ, c'està-dire probablement le Diatessaron qui était à cette époque l'Évangile en usage dans l'église syrienne. Il ne cite aucun évangile par le nom de son auteur. Ses formules de citations évangéliques sont uniformément : « Il est écrit » ou « le Sauveur dit ». Une fois cependant il a écrit : Jean dit. Il a cité les Actes des apôtres sous le titre de Prédication ou Actes des douze apôtres. Il a rapporté plus de deux cents versets empruntés à toutes les épîtres de saint Paul, sauf à la deuxième aux Thessaloniciens et à celle à Philémon. Il n'a cité aucun passage des épîtres catholiques ou de l'Apocalypse. Zahn^ fait remarquer que ce silence indique ou que ces livres n'étaient pas connus sur les bords du Tigre, ou qu'on ne les regardait pas comme partie du Nouveau Testament. Et cela paraît d'autant plus probable qu'Aphraates, lorsqu'il traite des questions eschatologiques, aurait dû utiliser l'Apocalypse.

Saint Èpbrem naquit à Nisibe au commencement du iv^ siècle, et mourut à Édesse en 373. Son témoignage au sujet de la canonicité des livres du Nouveau Testament reste douteux, parce qu'il n'est pas en accord avec celui de la version syriaque liturgique, la Peschitto dont nous parlerons plus loin. Il a commenté le Diatessaron, auquel il donne le nom d'Évangile ou d'Écriture, mais il connaît aussi les évangiles séparés, dont il cite des passages d'après la Peschitto. Il a commenté aussi les quatorze épîtres de saint Paul ; il a rapporté des passages de tous les autres écrits du Nouveau Testament, y compris l'Apocalypse, l'épître de saint Jacques, celle de saint Jude, la seconde de saint Pierre, la deuxième et la troisième de saint Jean qui

i. Gesch. I, p. 374.

cependant n'étaient pas dans laPeschitto. Il a pu connaître ces livres dans le texte grec et s'en servir, bien qu'ils ne fussent pas dans l'usage public. On remarquera que, dans les œuvres de saint Ephrem dont nous avons le texte syriaque, il ne se trouve qu'une citation de l'Apocalypse, V, 1, et une allusion à un passage de la seconde épître de saint Pierre, III, 10.

Saint Éphrem a connu et accepté comme authentiques une lettre des Corinthiens à saint Paul et la réponse de Tapôtre dont nous avons une traduction arménienne et deux versions latines, trouvées l'une par M. Berger dans une Bible latine, cotée E 53 inferior à la Bibliothèque ambrosienne de Milan, et l'autre par M. Bratke dans un manuscrit de Laon. I) faudrait établir si ces lettres apocryphes, citées dans le texte arménien des écrits de saint Ephrem, se trouvent aussi dans le texte syriaque. L'authenticité de cette partie arménienne des commentaires de saint Ephrem est très douteuse.

Remarquons que, d'après Zahn^ cette correspondance apocryphe qui faisait partie des Actes de Paul, écrits en grec vers l'an 170, fut introduite dans le canon syrien dans le courant du m® siècle, ce qui nous expliquerait l'usage qu'en ont fait saint Ephrem et Aphraates. Tous deux ont cité comme authentique le cinquième verset de la réponse de saint Paul aux Corinthiens. Saint Éphrem affirme que les disciples de Bardesane ne reçoivent pas ces lettres, mais seulement les catholiques.

Junilius. — Bien qu'il ait vécu au vi^ siècle, nous devons, pour compléter les témoignages de l'église syrienne, placer ici celui de Junilius, d'origine africaine

i. Orundriss der Geschichte des neutestamentlichen Kanons, Leipzig, 1904, p. 53.

et questeur du sacré palais de l'empereur Justinien. Dans son ouvrage : Instituta regularia dwinae legis^, publié probablement en Tan 556, il se rattache aux enseignements de Técole de Nisibe en Syrie, sur les saintes Ecritures. Il divise les livres de l'Ecriture en deux classes : Dans la première, à laquelle seule il donne le nom d'Écriture canonique, les livres sont d une autorité parfaite ; elle se compose : l'^ de livres historiques : outre ceux de l'Ancien Testament, les quatre évangiles et les Actes pour le Nouveau; 2° de livres prophétiques : les Orientaux ont beaucoup douté de l'Apocalypse ; 3® de livres proverbiaux ou paraboliques : le Nouveau Testament n'en a aucun; 4° de livres doctrinaux : les quatorze épîtres de saint Paul dans l'ordre actuel, la première épître de saint Pierre et la première de saint Jean. Dans la seconde classe sont les livres ajoutés par plusieurs, mais d'autorité moyenne (mediae). Outre ceux de l'Ancien Testament, il y a l'épître de saint Jacques, la deuxième de saint Pierre, celle de saint Jude, la deuxième et la troisième de saint Jean.

Aux témoignages des écrivains, nous devons ajouter ceux des versions orientales et des manuscrits grecs les plus anciens.

§ 5. — Versions orientales.

1. Version syriaque. — Nous n'avons qu'une seule version syriaque ancienne, la Peschitto, qui contienne en entier le Nouveau Testament, reçu dans l'Eglise syrienne. Des versions syriaques curetonienne et sinaïtique il ne nous reste que les quatre évangiles à peu près complets. Il est possible que ces versions n'aient jamais été représentées que par les évangiles.

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