‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 194 sur 259 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ÉGLISE d'occident.

Nous avons vu que le canon du Nouveau Testament avait été fixé définitivement vers la fin du iv^ siècle ou le commencement du v® par les conciles de Carthage, le décret du pape Gélase ouDamase, et parla réponse du pape Innocent à Exupère. Il n'y a à signaler pour la période que nous allons étudier que le rappel de quelques doutes sur l'authenticité de certains livres et surtout l'autorité qu'obtint auprès de quelques écrivains latins l'épître apocryphe de Paul aux Laodicéens. Parlons d'abord de celle-ci.

§ 1. — L^épftre aux Laodicéens.

Nous n'avons pas à traiter ici les questions critiques qui ont été posées au sujet de cette épître : Le texte latin que nous en avons est- il le texte original ou une traduction d'un texte grec? A-t-il quelques rapports avec l'épître dont parle saint Paul dans son épître aux Colossiens, IV, 16? Nous examinons cette épître seulement au point de vue de son admission dans le canon des saintes Écritures.

Nous avons des mentions anciennes d'une épître aux Laodicéens. Dans le fragment de Muratori., il est fait

mention d'une épître aux Laodicéens et d'une autre aux Alexandrins, forgées sous le nom de Paul pour l'hérésie de Marcion. Saint Jérôme ^ affirme que certains lisent une épître aux Laodicéens, mais elle est rejetée par tous. Théodore de Mopsueste mentionne aussi une épître aux Laodicéens qu'il condamne comme illégitime. Théodoret est du même avis. Timothée, patriarche de Constantinople, inclut dans la liste des écrits apocryphes une quinzième épître de Paul aux Laodicéens Elle était lue cependant en Orient puisque le second concile de Nicée (787) rapporte ^ qu'une épître controuvée, TuXacjTï], du divin apôtre aux Laodicéens est placée dans quelques Bibles, ev tigi BiêXoiç, mais que nos pères l'ont jugée étrangère à celui-ci, wç auTou àXXoTpiav. Nous ne la trouvons dans aucun manuscrit grec ; elle est annoncée dans le manuscrit greclatin des épîtres de Paul, G, ix^ siècle, après l'épître à Philémon : Trpoç XaouSaKiiaa; àp^exai IttkitoXyj, mais il ne donne que le texte latin de l'épître.

Cette épître déclarée apocryphe est-elle celle dont nous possédons le texte latin ? Nous ne le savons pas. En tout cas, cette épître latine a eu dans l'Église latine une circulation très étendue. Priscillien reconnaissait qu'elle n'était pas canonique, mais il la tenait pour authentique ^. Saint Philastre de Brescia connaît des chrétiens qui la lisent. Elle lui paraît apostolique, mais parce qu'elle a été interpolée par les hérétiques, elle ne doit pas être lue dans les églises. Dans le Spéculum (Liber de divinis scripturis) ^, faussement attribué à saint Augustin et probablement d'origine espagnole, il est dit que des manuscrits latins

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