M. L. XIll, i
contenaient après l'épître à Philémon, à la place de l'épître aux Hébreux, l'épître aux Laodicéens. De ces manuscrits elle passa, malgré la condamnation de saint Jérôme, dans les manuscrits les plus anciens et les meilleurs de la Vulgate, par exemple le Fuldensis, et nous la retrouvons dans les manuscrits de toute l'Europe occidentale : dans le Cavensis, Italie; dans TArmachanus, Irlande; dans le Toletanus, l'Aemilianus, Espagne; dans trois manuscrits nommés Parisiensis, France; dans six manuscrits du Britisli Muséum, Angleterre, etc. ; en tout dans dix-neuf manuscrits latins, d'après Lightfoot, dans plus de cent d'après Leipoldt. On trouvera dans S. Berger ^ l'indication de la place qui était donnée à l'épître aux Laodicéens dans un très grand nombre de manuscrits. Elle est tantôt après l'épître aux Philippiens, tantôt après l'épître aux Colossiens, ou celles aux Thessaloniciens, ou après les Pastorales, après celle aux Hébreux, après celle aux Galates, après l'Apocalypse, etc.
Des manuscrits, elle est passée dans les éditions imprimées ; il existe un certain nombre de Bibles latines, allemandes qui la contiennent.
Nous retrouvons encore cette épître aux Laodicéens dans des traductions albigeoise, bohémienne, germaine, anglaise. On la tenait donc dans l'Église latine, au moyen âge, tout au moins comme paulinienne, peut-être même comme canonique, ainsi qu'il ressortira de quelques-uns des témoignages que nous allons citer et de la place qui lui est donnée dans les manuscrits. Si quelques-uns la renvoient après l'Apocalypse, la plupart la rangent parmi les épîtres pauliniennes, ainsi que nous venons de le signaler.
i. Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p. 341.
Cependant le Codex Reg. I E, x* siècle, ajoute cette note : Sed Hirumnus eam negat esse Pauli.
Saint Grégoire le Grand résume ainsi le jugement de l'Église latine sur cette épître : « Unde et Paulus apostolus quamvis epistolas quindecim scripserit, sancta tamen ecclesia non amplius quam quatuordecim tenet ^ . » Bien quil ne nomme pas quelle est cette quinzième épître, on ne peut douter qu'il ne veuille parler de l'épître aux Laodicéens. Le témoignage de Haymon d'Halberstadt ^ est plus précis : « Et eam quae erat Laodicensium ideo praecipit Colossensibus legi quia, licet perparva sit in canone non habeatur, aliquid tamen utilitatis habet. » Hervey de Dole ^ ou Anselme de Laon, vers 1130, dans un Commentaire sur l'épître aux Colossiens parlant de l'épître aux Laodicéens, ajoute : « Quamvis et hancepistolam quintamdecimam vel sextamdecimam apostolus scripserit et auctoritas eam apostolica sicut caetera firmavit, sancta tamen ecclesia non amplius quam quatuordecim tenet, ut ex ipso epistolarum numéro ostenderet. » Avant de transcrire lépître aux Laodicéens, il déclare encore que «in usunon habet Ecclesia ». Ces écrivains distinguent nettement, comme saint Grégoire le Grand, entre l'authenticité paulinienne et la canonicité de cette épître. D'autres, surtout en Angleterre, ne maintiennent pas cette distinction.
Aelfric, abbé de Cerne, fin du x* siècle, dans un Traité en saxon sur l'Ancien etle Nouveau Testament \ établit le canon des saintes Ecritures. Après celles de l'Ancien Testament, il passe en revue celles du Nouveau Testament : Quatre évangiles, deux épîtres de
i.ln Job, XLII, 16.