‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 46 sur 239 · Adv. Tryph · texte numérisé non relu

Adv. Tryph

nent des évangiles canoniques. Quelques passages de l'Apologie ou de T-flf/j^. Trifphonem rappellent la première épître de saint Jean : I Apol. XXXII = 1 Jean, III, 9, 14; Adv. Tryph. 123 = I Jeariy III, 1.

Si l'on en croyait Credner. Baur, Renan, saint Justin ne regardait pas saint Paul comme un des apôtres de Jésus, et il ne se serait pas servi des épîtres de celui-ci. Sans tenir pour des citations les références aux épîtres de saint Paul que relève Otto, nous devons reconnaître que certaines pages des écrits de saint Justin présentent un enseignement paulinien. Traduisons seulement les passages suivants : Il nous a été révélé et nous savons qu'il (le Christ) est le premier-né de Dieu et qu'il est avant toutes les créatures, TrpwrÔToxov toù 0£oî» x«l itpô

TTbtVTOJV TWV XTldUOtTWV, AdV . Ttyph. 100 = Col. I, 15,

17. Ailleurs, ib. 85, il appelle encore le Christ : uîôc tou 0£oî3 xai itptoTOToxoç TTctay,; xtitewç, Col. I, 15. Xous no sommes pas purifiés par les offrandes, mais par la foi, TTiffTEt, par le moyen du sang du Christ, Sià To^afaiTo; toù XpiffTOû, et de sa mort (du Christ] qui mourut pour cela. Adv. Tryph. i3 = Rom. III. 25, et Nêb. IX, 13, 14. Le Christ était la Pàque, lequel fut immolé, ib. 3=: I Cor. V, 7. Il parle de la parousiedu Christ, qui auralieu après la venue de l'homme d'apostasie, qui a proféré des choses étranges contre le Très-Haut, ib. 110 -= II Thess. II, 3. Il serait possible de citer encore d'autres passages des écrits de saint Justin qui rappellent tout «au moins des idées pauliniennes. Otto en relève trenteneuf. Six passages rappelleraient l'épître aux Hébreux. Saint Justin parle des patriarches et de Melchisédech, du sacerdoce du Christ, de la même façon que cette épître. II appelle Jésus-Christ le fils et l'apôtre de Dieu, titre qui lui est donné seulement par cette épître, III. 1.

l'^nfin, saint Justin paraît avoir connu aussi la pre-

mière épître de saint Pierre: Adv. Tnjph. 138 = Pierre, III, 20; ib. 103 = Pierre, V, 8, et l'épître de saint Jacques : Adi^. Tryph. 49 = Jacq. III, 19; ib. 100 = Jacq. I, 15 ; I Apol. 16 = Jacq. V, 12. Les coïncidences avec les Actes des apôtres : I Apol. 42; Adv. Tryph. 87 = Act. I, II, ainsi que les huit autres, cataloguées par Otto, paraissent très vagues.

De ces relevés, nous sommes donc en droit de conclure que saint Justin a connu presque tous les écrits néotestamentaircs et qu'il les a estimés à l'égal de ceux de l'Ancien Testament,

Les travaux sur les citations des évangiles dans les écrits de saint Justin sont très nombreux. Nous mentionnerons parmi les plus importants : Hilgenfeld, Krilische Untersuchungen iïber die Evangelien Justins, Halle, 1850. Semisch, Die apostolichen Denhwïirdigkeiten des Martyrers Justinus ziir Geschichte und Aechtheit des Kanon Evangelien, Hamburg, 1848. Bousset, Die Evangeliencitate Juslins des Martyrers in ihreni Wert fur die Evangelienkritik , Gôttingen, 1891. Zahn, Justinus Martyr und die apostolischen Schriften dans sa Geschichte des nt. Kanons, 1, 2, p. 463- 585. Baldus, Das Verhàltnis Justins des Martyrers zu unsern synoptischen Evangelien, Munster, 1895.

§ 4. — Saint Hégésippe.

Nous pouvons placer saint Hégésippe après saint Justin, car il était lui aussi d'origine palestinienne et vécut à peu près à la même époque. Eusèbe nous apprend qu'il avait passé du judaïsme à la foi chrétienne et que, dans ses cinq livres de Mémoires, 'Ï7ro{Avr^{ji«Ta, il raconte qu'il a visité l'église de Corinthe et celle de Rome, où il a vécu sous les pontificats d'Anicet, 155-166, de So-

ter, 166-174, et d Eleuthère, 174-189. Saint Hégésippe a constaté que dans chaque ville on est fidèle à l'enseignement de la loi, des prophètes et du Seigneur ^ De cette affirmation, nous devons conclure que, dans toutes les églises qu'il a visitées, on mettait sur le même pied d'autorité les écrits de l'Ancien Testament et les évangiles, car ainsi que nous l'avons déjà remarqué et le relèverons encore plus fréquemment dans les écrits subséquents, le motKûpioç, dans l'usage du temps, désignait les évangiles par opposition à 6 àKànoXo; qui désignait les écrits apostoliques.

Mais saint Hégésippe parlait-il ici des évangiles canoniques? Eusèbe^ rapporte qu'il a écrit beaucoup de choses de l'évangile selon les Hébreux et de l'évangile syriaque, et qu'il rapporte des particularités de la langue hébraïque : Katl £«pa Sa TtXeîdTa Ypicpti... EX, Te Toû xa6' 'Kêpaîouç eù«YY«X«ou x«\ toû 2upi«xou xai t5îo)ç ex ttJi; *E6p«iSo; SiaXsxxou Tivà tiO/.aiv. Cette phrase est obscure et comporte diverses observations. Remarquons d'abord qu'on ne doit pas en conclure que saint Hégésippe ne connaissait que l'évangile selon les Hébreux, car Eusèbe constate seulement qu'il rapportait certaines choses qu'il empruntait à l'évangile selon les Hébreux, ce qui n'exclut nullement l'usage des évangiles canoniques. Si Eusèbe a parlé des citations de celui-là et non de ceux-ci c'est que, suivant sou habitude, il ne relève que ce qui est particulier aux écrivains dont il traite. 11 est impossible que saint Hégésippe, qui a vécu longtemps à Rome, n'ait pas connu nos évangiles canoniques et ne les ait pas tenus comme inspirés, lui qui a parcouru le monde chrétien et qui dit avoir trouvé partout la même doctrine. Or, personne ne soutiendra que l'évangile selon

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