‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 69 sur 239 · Das Evangelium Marcions, Tùbingen, 184G · texte numérisé non relu

Das Evangelium Marcions, Tùbingen, 184G

',. Theol. Jahrb. iSSO, p. 110-138; 18,'i-235; Das Evangelium Marcions, Leipzig, 1852.

6. Kril. Untersuch. ûber die Evangeliën Juslins, der Clément, llomilien und Marcions, Halle, 18S0.

altérations. Enfin, en 1901, Sensc ' a soutenu que le III* évangile avait été compilé à l'aide de l'évangile des Marcionites et d'autres évangiles apocryphes. Toutes ces hypothèses sont plus ou moins fragiles, puisque nous n'avons que des fragments de l'évangile de Marcion, empruntés peut-être à ses Antithèses et non à son évangile lui-même.

Ce que nous savons de source certaine, c'est que Marcion avait une collection d'écrits qui, pour lui, avaient la même autorité que l'Ancien Testament ou plutôt le remplaçaient. Elle était divisée en deux parties : EùaYYïXiov, sans nom d'auteur -, et 'ATcoffToXixôv. Il faut y ajouter son propre livre sur les contradictions entre l'Ancien et le Nouveau Testament : 'AvTtOÉffEiç, Antithèses. En devons-nous conclure avec quelques critiques que Marcion a été le premier à établir un canon du Nouveau Testament? Rappelons tout d'abord que la collection de Marcion est un choix d'écrits, formé d'après un système doctrinal et non d'après une étude littéraire ou historique des écrits. La religion chrétienne est, d'après lui, une rehgion complètement nouvelle ; tout ce qui paraît la rattacher à la religion juive est à mettre de côté. De là, rejet de l'Ancien Testament et de tous les écrits du Nouveau qui rappelleraient plus ou moins les enseignements de l'Ancien Testament ou les personnages nettement juifs : Pierre, Jacques et Jean. Par contre, adoption des épîtrcs pauliniennes qui lui paraissaient anti-juives et du \\h évangile, qui, d'après lui, était l'évangile paulinien, et encore il a mutilé ces écrits ou y a introduit des changements. Mais cette collection restreinte d'épîtres pauliniennes suppose un recueil de ces épîtres, trouvé dans l'Eglise et

1. TheOrigin of thethird Gospel, LondonJ9(M. i. Tr.iiTCLLiES, Adv. Marcionem, IV. 2.

constitué d'une façon différente. Pour l'évangile, ainsi que le dit Tertullien, ill'a établi en comparant les évangiles des apôtres et des disciples des apôtres aux écrits de Paul et a été amené à n'admettre que l'évangile de Luc, disciple de Paul. Les évangiles que Marcion rejetait étaient donc les évangiles de Matthieu, Marc et Jean, qui, avec celui de Luc, qu'il a interpolé, formaient la collection des évangiles reçue de son temps, vers 140, dans l'église romaine. En effet, ceux qui ont réfuté Marcion, lui reprochent d'avoir mutile des livres que possédait l'Église de temps immémorial, et d'avoir voulu corriger les écrits existants. Voici, sur ce point, le témoignage de Tertullien ' : « Sed enim Marcion nactus epistolam Pauliad Galatas, etiam ipsos apostolossugillantis, ut non recto pede incedentes ad veritatem evangelii, simul et accusantis pseudos apostolos quosdam pervcrtentes Evangelium Christi connititur ad destruendum statum eorum evangeliorum quae propria, et sub apostolorum nomina eduntur, vel etiam apostolicorum ; ut scilicet fidem quam illis adimit suo conférât. » Le faux, continue Tertullien 2, est une corruption du vrai et la vérité précède nécessairement ce qui est faux. « Alioquin quam absurdum ut si nostrum antiquius probaverimus, Marcionis vero posterius; et nostrum ante videatur falsum quam habuerit de veritate materiam, et Marcionis ante credatur aemulationem a nostro expertum quam est editum? Et postremo id verius existimetur, quod est serius, post tôt ac tauta jam opéra atque documenta christianae religionis saeculo édita, quae edi ubique non potuissent sine Evangelii veritate, id est ante Evangelii veritatem? Quod ergo pertinet ad Evangelium intérim Lucae, quatenus

i. Adv. Marcionem, IV, 3.

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