‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 61 sur 364 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Il JoiiDe de rhorrear anx Corinthiens pour les crimes des Juifs ingrats , par le récit qu'il leur fait des châtiments dont Dieu les a souvent punis Des tentations humaines et ordinaires , et des secours de Dieu dans ces occasions. On ne doit pas seulement fuir Tidolàtrie, mais aossi la table de ceui qui mangent des viandes immolées; et parce qu'ils paraissent par là rendre quelque honneur aui idoles ; et parce qu'ils sont uu sujet de scandale pour les plus faihles.

1. NoLO enim vos ignorare, fratres, 1. Car je ne veux pas que vous ignoriez

quoniàm patres nostri omnes sub que nos pères ont tous été sous la nuée, et

Dube fueruDt , et omnes mare transie- qu'ils ont tous passé la mer rouge : nint (2).

Car Je neveux pas, etc. Afin que vous ne présumiez pas de vous-mêmes, et que vous n'abusiez pas des avantages que vous donne l'Evangile, je ne veux pas que vous ignoriez, etc. Pour ce qui est du nom de Pères que l'apôtre donne à ces anciens Israélites, po^re» nostri, il ne le leur donne que par rapport à lui et à ceux de sa nation. La plupart des Corinthiens à qui il écrit , étaient païens et ne descendaient point des Israélites. Ceux-ci ne peuvent donc être appelés leurs pères, qu'en ce qu'ils les ont précédés dans le culte du vrai Dieu.

(I) CH\P. X. Ce que saint Paul prétend prouver par les onze premiers versets db ce chapitre, nous est marqué par la conclusion qu'il en tire v. 12. Que celui donc qui croit se tenir ferme, prenne garde de tomber. Son dessein est d'apprendre aux Corinthiens à ne se servir qu'avec circonspection de la liberté que leur donne l'Evangile , par rapport à l'usage des viandes sacrifiées aux idoles : de peur qu'ils ne portent les choses trop loin , et qu'ils ne tombent eux-mêmes dans l'idolâtrie. Pour cela il leur propose l'exemple des Israélites , qui n'ayant pas fait l'usage qu'ils devaient des faveur» dont Bien les avaient comblés dans le désert, y périrent tous, et n'eurent pas le bonbeur d'entrer dans la terre promise. — (2) Exod. 13. 21. - TYum. 9. 2t.

118 I. EPITRB DE S. VXVt AUX GORINTHIE?IS.

2. Va omnes in Moyse baptizati 2. Qu'ils ont élé baptisés tous par le sunt, in nube, cl in mare (1) : ministère de Moïse dans la nuée et dans

la mer ;

Ils ont élé baptisés, etc. On voit évidemment que saint Paul ne prétend pas parler ici du baptême proprement dit : il veut seulement faire entendre que ce qui se passa alors , était la figure du baptême de la loi nouvelle. La nuée qui couvrait et qui conduisait les Israélites pendant le jour, et qui les éclairait pendant la nuit, cVst la figure du Saint-Esprit , qui par sa grâce nous protège, nous dirige, et nous éclaire. La sortie rie l'Egypte, la fin de la captivité, le passage de la mer rouge, c'est la sortie de l'état du péclié et de servitude où nous retenait le démon , c'est notre régénération par les eaux salutaires du baptême. Moïse le libérateur des Israélites , et le médiateur entre Dieu et son peuple , c'c^t le type et la figure de Jésus-Christ , le véritable libérateur du genre humain et le médiateur par excellence.

3. Et omnes eamdem escam spiri- 3. Qu'ils ont mangé tous la même talem manducaverunt (2), Tiande mystérieuse;

Ils ont mangé tous, etc. La manne que Dieu faisait pleuvoir, tombait pour tons également : c'était la même nourriture pour les méchants et pour les incrédul**8 , aussi bien que pour les Ijons. L'apôtre appelle cette nourriture spirituelle ou mystérieuse, parce qu'elle était un type du Corps de Jésus-Christ donné à tous les Fidèles dans le mystère de l'Eucharistie. C'est ainsi qu'au verset suivant le breuvage des Israélites est appelé spirituel ; parce qu'il était également la figure du sang de Jésus-Christ ofTeit pour tous les hommes sur la croix et dans le sacrement de l'autel.

4. Et omnes eumdcm potum spiri- 4. Et qu'ils ont bu tous le même breutalem biberunt : (bibebant autem de vage mystérieux. Us buvaient au reste de spintali , conséquente eos , petrà : pe- la pierre mystérieuse qui les suivait : et tra autem erat Christus (3). cette pierre était Jésus-Christ ;

Ils butaient de la pierre mystérieuse qui les suivait. C'est-é-dire les eaux qu'ils buvaient, sorties du rocher frappé par Moïse , les suivaient et les accompagnaient dans tout l'espace où la terre ne fournissait point d'eau. Or ce rocher était aussi la figure de Jésus-Christ, de même que les eaux qui en sortaient, étaient la figure de son sang. Quelques-uns entendent ces paroles, de conséquente eos petrd, non du rocher matériel représentant Jésus-Christ, et dont les eaux suivaient les Israélites, mais de Jésus-Christ qui comme Dieu , par sa vertu divine, faisait sortir du rocher matériel. Dans ce sentiment, ce n'était pas les eaux sorties du rocher qui suivaient les Israélites, c'était Jésus-Christ lui-même qui les accompagnait. 11 était le rocher spirituel, par la vertu duquel les eaux étaient fournies en abondance : petra autem erat Christus. Une chose peut rendre cette explication moins naturelle et moins vraisemblable : c'est que dans ce qui a précédé, esca spiritalis ci potus spiritalis, se prennent sans contredit pour la figure, et non pour la chose figurée : pourquoi voudrait-on que ce qui suit immédiatement petra spiritalis, se prit pour la chose figurée , c'est-à-dire pour Jésus-Christ et non pas pour la figure , c'est-à-dire pour le rocher matériel ?

5. Sed non in plurlbus eorum be- 5. Mais la plupart d'entre eux déplurent neplacitum est Deo : nam prostrati à Dieu : aussi périrent-ils dans le désert, sunt in deserto (4).

La plupart d'entre eux, etc. De plus de soixante mille hommes capables de porter les armes, sortis d'Egypte, il n'y en eut que deux qui entrèrent dans la terre promise : tout le reste périt dans le désert.

6. Hirc autem in figura facta sunt 6. Or , ces choses ont été des figures , nostri , ut non simus concupisceu- par rapport à nous , afin que nous ne tes malorum , sicut et illi concupie- nous portions point au mal , comme ils runt (5). s'y portèrent.

Afin que nous ne nous portions point au mal. Le texte sacré peut signifier A la lettre, afin que nous ne souhaitions point de mauvaises choses , comme ils en ont souhaité. Et plusieurs croient que l'apotre veut marquer les dégoûts , que les Israélites témoi-

(1) Exod. 14. 22 —(2) Exod. 16. 15.— (3) Exod. 17. 6.-?rura.20. II.— (4)?fum. 26.64,65.-^ (5)Ps. 105. 14.

CHAPITAEX. 119

giièrent si souvent pour la manne qui leur tombait du ciel, et les crb> importuns et séditieux avec lesquels ils demandaient à Bioïse de leur procurer quelqu'autre nourriture . Cela convient assez au dessein de saint Paul d'apprendre aux Corinthiens à se pacser de certaioes viandes dont l'usage peut être dangereux pour leur salut, et pour celui de leurs frères.

7. Neque idololatrs efficiamini, si- 7. Ne vous faites point non plus idolâcul quidam ex ipsis , queinadmodùm très , comme fireut quelques-uns d'entre scriptum est : S^it pupulus mandu- eux , selon qu'il est écrit : Le peuple s'ascare et bibere» et surrexerunt lu- sit pour manger et pourboire, puis ils se dere (1). levèrent pour se divertir.

Ils le levèrent pour te divertir. Immédiatement avant ces paroles , il est marqué dans l'endroit de l'Ecriture d'où elles sont tirées , que les Juifs offrirent au veau d'or des holocaustes et des hosties pacifiques. Ce fut donc de ces victimes offertes à l'idole qu'ils mangèreut. Ensuite il se levèrent pour se divertir, surrexerunt ludere, c'est-a-dire pour chanter et pour danser autour de Tidole. Quelques-uns donnent au verbe ludere, TcacÇccv, la signification de tcortari , s'abandonner â i impureté

8. Neque fornicemur , sicut quidam S. Gardons-nous aussi d'être des Corniex ipsis fornicati sunt , et ceciderunt cateurs, comme le furent quelques-uns uQâ die vlginti tria millia (2). d'eux , qui périrent dans un seul jour au

nombre de vingt^trois mille.

Gardont-nous aussi ^ etc. II parait que l'apôtre veut aussi parler de ce qui est rapporté au livre des Nombres, ch. 25. Lorsque quelques Israélites commirent le péché de fornication avec des femmes idolâtres Moabites et Nadianistes , et se laissèrent même aller a l'idolâtrie. Hoîse raconte qu'il y en eut vingt-quatre mille de tués. Saint Paul n'ea marque que vingt-trois mille ; mais il ajoute, qu'ils périrent tous le même jour : ce qui peut servir à concilier les deux textes , en supposant que le surplus de vingttrois mille périt À des jours différents.

9. Neque tenterons Christum : sicut 9. Gardons-nous encore de tenter Jésusquidam eorum tentaverunt , et à ser- Christ , comme le tentèrent quelques-uns peotibus perierunt (3). d'eux que les serpents firent périr.

Gardons-nous encore de tenter Jésus-Chrisl, Le crime des Juifs en cette occasion, fut que ce peuple s' ennuyant de la longueur et de la fatigue du chemin , parla contre Dieu et ' cotUre Môise , en disant : Pourquoi nous avez-vous tirés de l'Egypte , pour que nous I mouriont dans le désert ? Nous n'avons ni pain ni eau, etc. Num, 21.4. 5. Ainsi tenter Jésus-Christ c'est se plaindre et se défier de sa Providence ; c'est parler ouverte- ^ meot contre lui , comme si l'on n'avait rien â craindre, ou qu'un voulût donner le défi ^sa puissance. Au reste, il faut remarquer que saint Paul donne ici une preuve bien évidente de la divinité de Jésus-t^hrist en disant, que les Israélites le tentèrent dans le désert. Parler ainsi , c'est assurer que Jésus-Christ est réellement et proprement ce Dieu uuique et véritable, connu dans Israël, contre lequel ce peuple eut l'insolence de s'élever : Loeutus est populus contra Deum,

10. Neque murmuraverilis, sicut 10. Enfin gardez-vous de murmurer, quidam eorum murmuraveaunt, et comme murmurèrent quelques-uns d'eux , l^rierunt ab exterminature (4). que l'exterminateur fit périr.

Garde:t'Vous de murmurer , ete. Ne murmurez point contre Dieu, ni contre ceux qu il a établis pour vous gouverner, comme murmurèrent les Juifs contre Dieu , contre Noise et Âaron. Ces murmures des Juifs étaient très-fiéquents : aussi Dieu les punit-il plusieurs fois en différentes manières , tantôt par la peste et par les maladies; tantôt laisant ouvrir la terre pour les absorber ; tantôt allumant miraculeusement des feux qui lesconsnmaient. Quoique IHoïse n'ait pas marqué expressément que tout cela se faisait P^r le ministère d'un ange exterminateur, l'autorité de saint Paul doit sufiire pour nous CD convaincre : outre qu'il en est encore fait mention en d'autres endroits de l'Ëcriture, * l'occasion de ces punitions du peuple juif. Exterminati sunt ah exterminât or e et à ser- P^tibuê perieriint. Judith. 8. 25. His aulem cessitqui exterminabat. Sap. 18. 25.

(Il Exod. 32. 6. — (2) Num. 25. 1. — (3) Num. 21. 5. 6.— ;4, Num. 11. 1. et 14, 1.

120 I. EPITRE DE S. PAUL kVX CORIKTIlIErVS.

11. Hsec autem omnia in figura 11. Or, c'étaient des figures que toutes contingebant illis : scripta sunt autem ces choses qui leur arrivaient ; mais elles ad correptionem nostram , in quos ont été écrites pour nous instruire, nous fines sœculorum devenerunt. qui nous trouvons vers la fin des siècles.

Or c'était des figures. C'est-à-dire que toutes ces choses arrivées aux Juifs sont autant de leçons pour les chrétiens. L'Ecriture vous propose ces eiemples , afin que vous vous en serviez pour régler votre conduite. La fi j des siècles où saint Paul dit que nous sommes arrivés , ne signifie autre chose que le règne du Messie et l'état durable du Christianisme jusqu'à la fin du monde.

12. Itaque qui se existimat stare, 12. Que celui donc qui croit se tenir videal ne cadat. bien ferme , prenne garde de tomber.

13. Tentatio vos non appréhendât 13. Que nulle tentation ne vous attaque Disi humana : fidelis autem Deus est , qui ne soit de la portée de l'homme. Dieu qui non patietur vos tentari supra id qui est fidèle , ne souffrira pas que vous quod potestis , sed faciet etiam cum soyez tentés au-dessus de vos forces : mais tentatione proventum , ut possitis sus- jusque dans la tentalion il vous fournira tinere. des moyens en abondance, pour pouvoir

la soutenir.

Que nulle tentation ne vous attaque. 11 semble que la tentation dont saint Paul souhaite ici que les Corinthiens soient exempts , c'est la tentation d'idolâtrie et de révolte ouverte contre Dieu, dont il venait de donner des exemples et de montrer les funestes effets dans la personne des Istaéliteset dont il parle encore au verset 22, en ces termes : Prétendons-nous donner de la Jalousie au Seigneur ? Est-ce que nous sommes plus forts que lui ? 11 dit que cette tentation n'est pas une tentation humaine ; parce qu'il n'est pas ordinaire qu'on en soit attaqué, ni qu'on ose s'en prendre à Dieu d'une manière si positive et si criante, lorsqu'on a l'idée qu'on doit avoir de la divinité. A.usst Dieu panit-il ces sortes de crimes tout autrement qu'il ne punit les autres fautes , où les tentations communes nous font tomber. Cette explication est un peu différente de celle de la plupart des 4nterprètes qui n'entendent par une tentation humaine , qu'une teatation facile à surmonter : mais elle parait plus conforme au discours et au dessein de Tapôtre. Dans le texte grec ordinaire on lit apprehendil au prétérit, pour appréhendât; Vous n'avez pas eu jusqu'ici de tentation plus qu'humaine ; c'est-à-dire selon d'anciens commentateurs, vous n'avez pas eu jusqu'ici beaucoup à souffrir pour la religion, vous n'avez pas encore été exposés à de violentes persécutions. — Dieu qui est fidèle. Dieu de son côté qui ne commande à personne rien d'impossible , ne manquera point à ses promesses ; il vous fournira dans le besoin les secours nécessaires , pour que la tentation ne soit pas au-dessus de vos forces , et que vous puissiez la surmonter. C'est le sens que plusieurs donnent à ces paroles de la Vulgate , faciet etiam cum tentatione proventum ^ comparées avec le texte grec, à ne les regarder qu'en elles-mêmes, on pourrait les expliquer de cette sorte : il vous fera tirer du profit de vos tentatio^is ; vous en de\ iendrez plus fotts pour y résister dans la suite.

14. Propterquod,charissimi mibi, 14. C'est pourquoi, mes bien-aimés, f ugite ah idolorum culturâ : fuyez le culte jes idoles.

Fuyez le culte des idoles. Par le culte des idoles, il faut entendre ici les viandes iro^ moiées aux idoles -, quand les circonstances sont telles , qu'on ne peut eu manger, sans ])araître idolâtrer , ou sans donher aux autres occasion d'idolâtrer.

15. Ut prudentibus loquor, vos ipsi 15. Je vous parle comme à des gens judicate quod dico. sages : soyez vous-rmcmes juges de ce que

je dis.

16. Calix benedictionis , cui bene- 16. La coupe de bénédiction que nous dicimus, nonné commuuicatio san- bénissons, n'est^elle pas la participation guinis Christi est? et panis, quem du sang de Jésus-Christ? et le pain que trangimus , nonné partlcipatio corpo* nous rompons , n'est-il pas la participation ris Domini est? du corps du Seigneur ?

17. Quoniam unus panis, unum il. Aussi, étant plusieurs, sommescorpus multi sumus, omnes qui de nous un même pain, un même corps,, uno pane particîpamus. nous tous qui participons au mémo paiiiè

CHAPITRB X. 121

18» Videte Israël secundum car* 18. Voyez Israël selon la chair : ceux nem : nonnè qui edani hostias, par- qui maDgent les victimes ne sont-ils pas ticipes sunt altaris ? participants du sacrifice de l'autel ?

16. 17. 18. Pour conTaincre les Corinthiens , qu'en mangeant des iriandes sacrifiées aux idoles, ils pouvaient se rendre coupables d'idolâtrie, saint Paul se sert de deux comparaisons , l'une prise du sacrement de r£ucharistie , L'autre des sacrifiices des Juifs. De même, leur dit-il, qu'en buvant de la coupe eucharistique et en mangeant du pain eucharistique , changés par la consécration au sang et au corps de Jésus-Clhrist , nous buvons et nous mangeons réellement le sang et le corps de Jésus-Christ , ce qui fait que n'ayant tous que la même nourriture , nous sommes tous un même pain mystique et un même corps en Jésus-Christ, de même encore aue les Juifs sous la loi de Muïse, en mangeant des victimes offertes à Dieu sur l'autel, participent fiu sacrifice même et au culte rendu à Dieu par l'immolation des victimes : ainsi, conclut l'apôtre, ceux qui participent aux viandes sacrifiées aux idoles, participent au sacrifice même et au culte rendu aux idoles.

19. Quid ergo? dico quôd idolis 19. Quoi donc ? Est-ce que je dis que ce immolatum sit aliquid ? aut quôd ido- qui est immolé aux idoles soit quelque lum , sit aliquid ? chose, ou que l'idole soit quelque cbose ?

Quoi donc, eic. Quoi donc, est-ce que je détruis ce que j'ai établi touchant la nature des idoles et des viandes sacrifiées? Voyex ci^^essus ch. 8. verset 4.

20. Sed quae immolant gentes , ds* 20. Mais , ce que les gentils immolent , moniis immolant , et non Deo. c'est aux démons qu'ils l'immolent , et

non pas à Dieu.

Nolo autem vos socios fieri dsmo- Or , je ne veux pas que vous ayez rien de niorum. Non potestis calicem Domini commun avec les démons. Vous ne pouvez bibere, et calicem dsmoniorum j pas boire à la coupe du Seigneur et à la

coupe des démuns ;

Mais ee qiêe les gentils , eîe. Ce que je dis , c'est que les sacrifices qu'on fait à d'autres qu'à Dieu, c'est au démon qu'on les fait. Ces idoles et ces divinités n'étant rien , lex adorations qu'on leur rend, ne peuvent avoir que le démon pour objet ; Omnes dit geniium dœmonia.

21. Non potestis mensae Domini 21. Vous ne pouvez pas avoir part à la participes esse, et mens» dasmo- table du Seigneur et à la table des démons, niorum.

22. An «mulamur Dominum? 2^. Prétendons-nous donner de la ja- Numquid fortiores illo sumus ? lousie au Seigneur ? Est-ce que nous

sommes plus forts que lui ?

Omnia mihi licent , sed non omnia Tout m'est permis , mais tout n'est pas cxpediunt. expédient,

Prétendons-^ous donner delà jalousie au Seigneur? En partageant ainsi nos adorations, et en lui donnant dps rivaux. D'autres entendent par œmulari Dominum, l'irriter, exciter contre nous son indignation. Provoeaverunt eum in diis alienis , et in ahomina*' iionibus ad iraeundiam coneitaneruni. Deut. 32. 16. Est-ce que nous sonmies plus foifs que lui? c'est-à-dire espérons-nous pouvoir nous soustraire à sa vengeance ?

23. Omnia mihi licent, sed non 23. Tout m'est permis, mais tout n'édiomnia sdificant. fie pas.

Tout m'est permis , ete. Bien des choses ne sont ni mauvaises en elies-uiémes , ni défendues par la loi, dont l'usage cependant devient illicite eu certaines renconties à cause du srandale.

24. Nerao quod suum est qusrat, 24. Que personne ne cherche ce qui lui sed œ»d alterius. convient , mais ce qui convient aux autres.

25. Omne, quod in macello venit, 25. Mangea de tout ce qu'on vend au manducate , nibjl interrogantes prop- marché ; et pour avoir égard à la conster conscientiam. cience, ne vous informez de rien.

Pour anoir égard à la conscience. Nihil interrogantes propter conscientiam. Quelques-uns font rapporter conscientiam à interrogantes, cl expliquent ainsi cet endroit ; TOME II. 11

122 I. EPITRE DE S. PADl 4IIX CORINTHIENS.

Ne vous informez point êi ce qu'on vend au marché a été immolé ou non ; puisque vous savez que quand même ces viandes auraient été immolées , elles n'en seraient pas plus mauvaises. Le sentiment le plus commun et le plus vraisemblable , c'est que saint Paul défend toute perquisition, à cause de la conscience d'autrui ; c'est-à-dire de peur de causer du scandale, ou de donner du scrupule aux personnes qui verraient unchrétien acheter et manger des viandes qu'il saurait avoir été sacrifiées.

26. DomiDi est terra , et plenitudo 26. La terre avec tout ce qu'elle renejus (1). ferme , est au Seigneur.

La terre.., est au Seigneur, C'est Dieu qui a créé pour l'usage de Thomme tout ce qui est sur la terre ; et rien de ce qu'il a créé, n'est immonde ou impur en soi. Vous pouvez doue vous eu servir, lorsqu'il n'y a point de péril d'idolâtrie , ni de scandale à craindre.

27. Si quis vocat vos infidelium , et 27. Si quelqu'un des inGdèlcs tous convultis ire : omne, quod vobis apponi- vie h sa table » et que vous vouliez y aller , tur , manducale , nihil iuterrogantes mangez de tout ce qu'on met devant vous : propter conscientiam. et pour avoir égard à la conscience, ne

vous informez de rien.

28. Si quis autem dixeril : Hoc im- 28. Que si quelqu'un vous dit : Voilà molatum est idolis, nolite manducare, quia été immolé aux idoles, abstenezpropter illum qui indicavit, et propter vous-«d, à cause de celui qui vous l'a apconscientiam : pris , et pour avoir égard à la conscience :

29. Conscientiam autem dico non 29. Je ne dis pas à la vôtre . mais à celle tuam, sed alterius. Ut quid enim d'autrui. Car pourquoi la conscience d'aulibertas mea judicatur ab aliéna cons- trui fera-t-elle condamner ma liberté ? cienli& ?

Pourquoi la congeienee d'autrui, etc. Ut quid lihertat mea judicatur ab aliéna contcienlid ? Pourquoi eiposeraia-je ceux qui ont la conscience faible, à condamner ma liberté et à se scandaliser de ma conduite: lorsquMI ne tient qu'à moi de les ménager , en ne me servant pas de tout mon droit ?

30. Si ego cum gratîA participo, 30. Si c est avec reconnaissance que j'ai quid blasphemor pro eo quod gratias part à la table, qu'ai-je affaire qu'on parle ago ? mal de moi , au sujet d'une chose pour

laquelle je rends des actions de grAces ?

Si c'egt avec reconnaissance , etc. Puisque c'est uniquement à Dieu , et non aux idoles que je me reconnais redevable de ce que je mnnge, pourquoi donnerais-je occasion aux âmes faibles déjuger et de parier mal de moi , au sujet d'une chose pour laquelle je ne prétends rendre grâi-es qu'à Diçu ? ffe vaudrait-il pas mieux alors m'en abstenir en* tièrement ? Quelques-uns éroient que par ces paroles 1 apôtre condamne ceux qui trouvaient mauvais que les fidèles se servissent de la liberté que leur donnait l'Ëvangile de manger de toute sorte de viandes. Slais l'autre explication montre mieux la suite du discours.

31. Sive ergo manducatis, sive bi- 31. Soit donc que vous mangiez, soit Bitis, sive aliud quid facitis : omnia que vous buviez, ou que vous fassiez in gloriam Dei facile. quelque autre chose ; faites tout pour la

gloire de Dieu.

Faites tout fOur la gloire de Dieu.- Faites eu sorte que Dieu soit glorifié en tout ; ne faites rien qui puisse déshonorer sou culte , ni offenser le prochain. Ces paroles prises en elles-mêmes et indépendamment des circonstances qui pourniient en déterminer le sens , sont regardées par la plupart des théologiens comme contenant un conseil , ou même selon plusieurs, un véritable précepte de rapporter à Dieu généralennent toutes nos actions, par une intention, sinon actuelle et formelle^ -au moins virtuelle ou impliclle. Estius qui reconnaît ce précepte, ne l'étend qu'aux chrétiens ; et il a soin de faire voir que de quelque manière qu'on entende ce passage, il ne favorise eu aucuue façon l'erreur de ceux qui prétendent que les infidèles pèchent dans toutes leun actions.

- (1> Ps. 23 1.

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