‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 68 sur 364 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

habeam , factus sum velut «s sonans, me manquât , je serais comme de l'airain aut cymbalum tinoiens. qui résonne , ou comme une cymbale qui

ne fait que du bruit.

Je serai comme l'airain qui résonne. Ces dons ne m'étant donnés que par rapport au prochain , si je m'en sers par un motif contraire au motif de la charité . je perds tout le fruit particulier qui pourrait m'en revenir. Je pourrai me faire estimer des hommes, je pourrai même peut-être leur être utile; mais il ne m'en reviendra aucun avantage pour mon salut.

2. Et si habuero prophetiam, et 2. Si j'aTais le don de prophétie; si noTerim mysteria omnia, et omnem j'avais l'intelligence des mystères, et une scieDtiam : et si babuero omnem fi- science universelle ; si j'avais môme tout dem , iià ut montes transferam , cha- ce qu'on peut avoir de foi , jusqu'à faire ritatem autem non babuero , nihil changer de place aux montagnes, et que la sum. charité me manquât , je me serais rien.

Sifavaii même tout ce qu'on peut avoir de foi. On voit par ce passage que la fol peut subsister sans la charité. Car quoiqu'il s'agisse eu cet endroit de la foi des miracles; cependant comme cette foi ne peut subsister sans la foi chrétienne par laquelle nous croyons les mystères révélés, si selon saint Paul la première peut demeurer sans la charité, la seconde le peut de même. — Je ne serais rien. Non-seulement parce que tout ce qu'on fait sans avoir la charité , ne peut être méritoire aux yeux de Dieu ; mais encore parce que ces dons particuliers devant se rapporter dans les desseins de Dieu au profit et à l'utilité du prochain , ils demandent aussi dans ceux qui s'en cerveat, une disposition de volonté à l'égard du prochain conforme aux desseins de Uieu. Ëstius sur cet endroit réfute l'erreur de ceux qui prétendraient conclure de ces paroles , m'At^ sum... nihil rnihiprodest^ que toutes les bonnes actions des pécheurs pénitents, non encore réconciliés avec Dieu , ne leur servent de rien. Saint Paul , dit ce théologien , ne parle pas ici de la charité habituelle ni de la grâce sanctifiante qui nous fait amis de Dieu , mais d'une disposition actuelle de bonne volonté et d'amour envers Dieu et envers le prochain, qui exclut de nos actions tout motif opposé à la vertu de charité; et cette disposition est un des fruits que la grâce commence à pro« doire dans le cœur des pécheurs qui songent sérieusement à leur conversion. Voyex le concile de Trente , sess. 6. touchant les dispositions qui précèdent la justification.

3. Et si distribuero in cibos pau- 3. Si je distribuais tous mes biens pour perum omnes facultates meas , et si la subsistance des pauvres ; si je livrais tradidero corpus meum, ità ut ar- même mon corps jusqu'à être brûlé, et deam, char itatem autem non habuero, que la charité me manquât; tout cela ne nihil mihi prodest. me servirait de rien.

Si je livrais mon corpt, ele. Si je m*exposais à souiTrir le martyre pour la propagation de i'Ëvangiie.

4. Charitas patiens est, benigna 4. La charité est patiente, elle est pleine est ; de bonté ;

Charitas non œmulatur , La charité n'est point jalouse ,

Non agit perperàm , Elle ne fait rien mal à propos ,

Non infldtur , Elle ne s'enfle point ,

Elle ne fait rien mal à propos. o\t izepizepiùenKt, Les interprètes grecs expliquent ce mot différemment. Il signifie selon quelques-uns ; elle n'est point inconstante et légère • selon d'autres, elle n'est point turbulente, ou bien elle n'est point flatteuse. Comme ce mot grec paraît avoir été formé sur le mot latin perperàm; il vaut mieux s'en tenir à la signification générale du mot latin, exprimée dans la version française.

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