‹ Le Nouveau TestamentChapitre 2 sur 90 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

Mes chers amis,

Cette traduction vous appartient comme à moi; nous

l'avons faite ensemble. Je vous la dédie.

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SOMMAIRE : L'origine du Nouveau Testament. — Les plus anciens manuscrits. — Les variantes du texte. — Les dernières éditions critiques. — Quel texte nous avons traduit. — De la division en chapitres et en versets. — De l’ordre dans lequel sont rangés les livres du Nouveau Testament. — Des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau. — Comment nous avons essayé de traduire. — Les livres faciles et les livres difficiles. — Deux manières de traduire, — Les notes et les préfaces. — Les variantes de traduction et de ponctuation. — Les éclaircissements et les remarques géographiques et historiques.

APPENDICE : Liste des manuscrits grecs du Nouveau Testament en lettres onciales et des manuscrits des anciennes versions.

On appelle le Nouveau Testament un recueil d’écrits composés par les premiers chrétiens, et datant presque tous de la seconde moitié du premier siècle. Ils sont au nombre de vingt-sept. On pourrait définir ce recueil: la collection des plus anciens documents du christianisme. Il faut remarquer cependant que certains d’entre eux, comme le quatrième évangile ou la seconde Épître de Pierre, ont été écrits après des livres chrétiens qui ne sont pas dans le Nouveau Testament, par exemple après l'Épître de Clément Romain aux Corinthiens.

Le recueil, tel que nous le possédons, s’est formé peu à peu et le plus naturellement du monde. On sait que le culte de l'Église

primitive était calqué sur celui de la synagogue. Donc, à chaque assemblée de ce culte les chrétiens avaient, dès l’origine, l'habitude de lire des fragments de: la Loi et les Prophètes. Les livres de l’ancienne alliance étaient, pour eux comme pour les Juifs, la Parole de Dieu. Or, lorsque, dans une Église, à Corinthe, par exemple, on avait reçu une ou plusieurs lettres de Paul, l’usage s'établit immédiatement de lire des fragments de ces épîtres au culte public aussitôt après l’ Ancien Testament. Bientôt, aux lettres recues directement et adressées à l'Église même, vinrent s’ajouter les copies des lettres reçues par les communautés voisines. Plus tard des Évangiles ou des fragments d'Évangiles vinrent à leur tour accroître la collection. Ce fut surtout après la mort des apôtres, et lorsque la tradition orale courut le risque de s’altérer et de se perdre, qu’on éprouva le besoin de fixer par l'écriture les récits de

la Passion, les discours de Jésus-Christ, les paraboles, qui jusque-là -

avaient passé de bouche en bouche, conservés par la seule mémoire. C’est ainsi que chaque Église forma, indépendamment des autres, un recueil de livres de la nouvelle alliance. Chacune avait le sien et, naturellement, il y avait entre les diverses collections des différences. Aucune entente préalable n'avait présidé au choix des ouvrages. Ce ne fut qu'au bout de quatre cents ans environ que le recueil sous sa forme actuelle fut définitivement arrêté. Avant cette époque les communautés chrétiennes ajoutaient des livres ou en retranchaient à leur convenance. 1] nous reste de ces temps primitifs un certain nombre de listes de livres du Nouveau Testament. Il en est qui en renferment plus de vingt-sept. Le Pasteur d'Hermas, les Épîtres de Clément Romain, l'Épître de Barnabas ont longtemps joui d’une grande faveur. Plusieurs Pères de l'Église les considéraient comme Écriture sainte.

Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de la formation du recueil des livres du Nouveau Testament, ce qu’on appelle l’histoire du Canon. Notons seulement un fait: les livres qui étaient généralement admis s’appelaient incontestés. Les livres qui restaient en discussion s’appelaient contestés. Ce sont ces derniers qui ont été, au quatrième et au cinquième siècle, l’objet d'un triage; les uns pour être définitivement exclus; les autres pour être élevés au rang d'incontestés, et, à partir de ce moment, le Nouveau Testa-

ment ne subit plus aucun changement. Il fut tel que nous le possé-

dons. Nous aurons l’occasion, dans les courtes préfaces que nous placerons en tête de chaque livre, d'indiquer au lecteur si ce livre était contesté ou incontesté.

Deux des plus anciens manuscrits qui nous soient parvenus portent les traces des longues hésitations des Églises. Ils ne se terminent pas avec l’Apocalypse de Jean; l’un, qui est du quatrième siècle, continue par le Pasteur d'Hermas et l'Épître de Barnabas et l’autre, qui est du cinquième siècle, renferme les Épîtres de Clément Romain aux Corinthiens.

L'autorité des livres du Nouveau Testament fut de bonne heure très grande. Elle naquit spontanément de l'habitude de les lire au culte public aussitôt après les Écritures de l'Ancien Testament ét ce mot, les Écritures, appliqué aux livres du Nouveau fut probablement employé dès le commencement du second siècle. D'ailleurs parmi ces ouvrages les uns rapportaient les seuls faits de la vie de Jésus qui fussent connus et rappelaient les seules paroles de lui qui eussent été conservées, d’autres émanaient d’apôtres vénérés, et on s'explique fort aisément la faveur et le respect dont ces documents primitifs furent immédiatement entourés. La collection complète, après avoir reçu différents noms, fut définitivement appelée : La Nouvelle Alliance. Jointe à l’Ancien Testament elle forme ce que nous nommons la Bible (en grec: Ta Biblia, c’est-à-dire : les livres). Quant au terme : le Nouveau Testament, 1] n’est que la traduction fautive du latin Novum Testamentum qui signifie proprement : Nouvelle Alliance.

Nous ne possédons pas de manuscrits du Nouveau Testament antérieurs au quatrième siècle. Les écrits originaux des divers auteurs ne nous ont pas été conservés. Il ne reste aucune trace de leur existence et même toutes les copies faites pendant trois cents ans ont été perdues. Du quatrième siècle il en reste deux, aussi anciennes l’une que l’autre et dont l’origine est la même. Quelquesunes de leurs parties ont même été écrites par le même scribe. L'un de ces manuscrits a été découvert le 4 février 1859 par Tischendorf au couvent de Sainte-Catherine au pied du mont Sinaï en Arabie. Il se trouve maintenant à la Bibliothèque de Saint- Pétersbourg et renferme le Nouveau Testament tout entier. C’est lui qui, après l’Apocalypse, contient l'Épître de Barnabas et une partie du Pasteur d'Hermas. On l’appelle le manuscrit du Sinaï ou

Codex Sinaiticus. L'autre est à la Bibliothèque du Vatican à Rome. Il s’y trouve depuis fort longtemps sans qu'on puisse préciser à quelle époque exacte il y ἃ été placé. Il devait être primitivement complet, mais la fin du Nouveau Testament, à partir du milieu de l'Épiître aux Hébreux, a été déchirée à une date inconnue. On l'appelle le Codex Vaticanus où manuscrit du Vatican. Du cinquième siècle il nous reste aussi deux manuscrits, l’un est à Londres, il y a été apporté d'Alexandrie au milieu du dix-septième siècle et porte le nom de Codex Alexandrinus. Mutilé dans ses premières pages, il ne commence qu’au chapitre vingt-cinquième de Matthieu, mais il est complet à la fin et, nous le disions plus haut, 1] renferme les Épîtres de Clément de Rome après l’Apocalypse. De la seconde, qui est apocryphe, il ne reste que des fragments. Enfin, nous avons à Paris un manuscrit également du cinquième siècle; un Palimpseste. On appelle ainsi un codex dont l'écriture primitive a été effacée au moyen âge. Le parchemin, ainsi remis à neuf, servait à transcrire un autre ouvrage. Ce procédé était en usage à une époque où le parchemin était rare et cher. Notre Yodex de Paris a servi à transcrire les œuvres d’un Père de l'Église, Éphrem le Syrien. A l’aide de puissants réâctifs chimiques on parvient à faire reparaître les caractères effacés et à lire, au moins en partie, le texte primitif; mais cette lecture est très difficile et reste douteuse pour plusieurs passages. La consultation de ce Codex appelé Codex d'Éphrem est donc extrêmement délicate.

Ces quatre manuscrits sont les seuls connus qui renferment le Nouveau Testament tout entier (sauf les parties mutilées). D’autres copies très importantes, datant des sixième, septième, huitième et neuvième siècles, nous offrent le Nouveau Testament par fragments soit qu'ils aient été, eux aussi, mutilés, soit qu'on n'ait voulu primitivement copier qu'une partie du Saint Livre. Les uns n’ont que les Évangiles; les autres n’ont que les Épîtres de saint Paul ; d’autres les Actes des apôtres et les Épiîtres ‘atholiques. Ils sont tous en lettres onciales, sorte d'écriture droite, carrée, majuscule, la seule en usage alors. Nous renonçons à décrire ici toutes ces copies; mais les personnes que cette question intéresse trouveront à la fin de cette introduction et sous forme d’appendice la liste de tous les anciens codices en lettres onciales, avec la date de leur

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découverte, la nature de leur texte, l’époque de leur publication, l'indication de leur contenu. Nous avons joint à cette liste celle des plus anciennes traductions du Nouveau Testament, ouvrages fort utiles à consulter lorsqu'on s'occupe de reconstruire le texte grec primitif.

Au dixième siècle fut inventée l'écriture cursive, plus simple et plus commode que l’écriture onciale. Cette invention facilita beaucoup la confection des copies du Nouveau Testament et celles-ci devinrent extrêmement nombreuses. Il n’est guère de bibliothèque publique en Europe qui ne renferme une ou plusieurs de ces copies en lettres cursives postérieures au dixième siècle.

Lorsqu'on compare les divers manuscrits, même les deux premiers le Vaticanus et le Sinaïticus, écrits par les mêmes copistes et qui sont comme deux frères jumeaux, on remarque dans les textes qu'ils nous offrent d’assez sensibles différences; et ce n’est que par une étude patiente, attentive, très minutieuse de tous les anciens documents qu’on arrive à reconstruire approximativement, toujours avec des doutes et de nombreuses chances d’erreur, le texte primitif. Ce travail de reconstruction n’a été sérieusement entrepris que de nos jours. La traduction du Nouveau Testament qu’on lit dans les Églises protestantes de langue française et qui est une révision d’une version écrite au seizième siècle, a été faite sur un texte défectueux, sur celui d’un des premiers Nouveaux Testaments grecs imprimés et pour la publication duquel l'éditeur avait pris sans discernement les manuscrits grecs qu'il avait trouvés dans la Bibliothèque de Bâle; la plupart étaient de la fin du moyen âge. ΤΙ fallait les revoir, les corriger; on ne le fit pas. On les imprima tels quels. Puis on les réimprima et il en fut ainsi jusqu’à nos jours. Quelques traducteurs modernes ont essayé çà et Ἰὰ de retoucher légèrement ce texte sans autorité. Ils commettaient une erreur. Il ne faut pas le corriger, mais le remplacert. Sans doute ce Nouveau Testament grec traditionnel n'offre pas desdifférences essentielles pour la foi avec les textes critiques modernes. Le nombre des variantes importantes est très restreint et, à tout

1 C’est ce texte qui s’appelle texte recu. Expression fâcheuse que nous évitons à dessein.

prendre, le texte sacré nous est parvenu dans un merveilleux état de conservation. Cependant lorsqu'il s’agit des livres saints rien n’est sans importance, et puisque Dieu n’a pas permis que nous eussions les écrits originaux, tout traducteur doit se faire un devoir de conscience de prendre pour base de son travail un texte se rapprochant le plus possible de celui que les écrivains sacrés ont primitivement composé.

Les savants qui s'occupent de cette importante question doivent d'abord comparer les manuscrits et les classer en familles. Certaïns d’entre eux offrent les mêmes différences, et ce premier classement est facile. On distingue deux grandes familles, celle des copies qui ont pour origine l'Égypte et en particulier Alexandrie, on l’appelle famille alexandrine, et celle des copies faites en Asie Mineure et à Constantinople qu’on appelle byzantine. La première est considérée comme la meilleure, la plus autorisée. Ce premier classement terminé, les critiques relèvent toutes les variantes et cherchent par la comparaison, et aussi par l’examen du texte lui-même, à s’en expliquer la provenance. Les unes viennent de l’inexpérience des copistes; telle erreur est involontaire; telle autre a été, au contraire, commise intentionnellement.

Après les manuscrits et à côté d’eux, il faut interroger les anciennes traductions. Deux d’entre elles sont du second siècle et ont des leçons importantes. Enfin les citations des Pères de l'Église sont l’occasion de plus d’un rapprochement curieux. Ceux-ci, dont les écrits sont antérieurs à nos plus anciens manuscrits, avaient sous les yeux des copies aujourd’hui perdues et les passages de ces copies, cités par eux dans leurs écrits, offrent parfois de remarquables différences avec ceux de nos manuscrits ou, au contraire, viennent confirmer leurs leçons douteuses. On comprend combien ce travail est délicat et minutieux.

Trois éditions critiques ont été faites de nos jours d’après les principes les plus rigoureux de la science moderne. La première en date est celle du savant anglais Tregelles. La deuxième, parue en Allemagne, est due à Tischendorf et enfin la troisième, imprimée il y a quelques années en Angleterre, a été préparée par deux savants professeurs de l’Université de Cambridge MM. Westcott et Hort. Un théologien allemand M. Gebhardt a eu

l’heureuse idée de réunir sous un même coup d'œil dans une

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récente édition du Nouveau Testament grec les trois textes de ces trois publications critiques. Partout où Tregelles, Tischendorf, Westcott et Hort sont d'accord, nous sommes certains d’avoir le meilleur texte possible dans l’état actuel de la science. Partout où ils diffèrent — (et Gebhardt relève toutes ces différences) — nous sommes en présence de variantes très autorisées et dont le traducteur doit tenir compte chaque fois qu’elles sont assez importantes pour ne pas disparaître d’elles-mêmes dans la traduction. Le travail de Gebhardt a servi de base à notre version. Elle est faite sur le texte commun des trois meilleures éditions critiques actuelles du Nouveau Testament. Quant aux variantes nous avons choisi entre elles, après en avoir recherché la cause dans les plus anciens manuscrits. Celle que nous n’avons pas adoptée est toujours notée au bas de la page et précédée d’une des formules suivantes : Quelques anciens manuscrits, plusieurs anciens manuscrits, un des plus anciens manuscrits (c’est-à-dire soit le Sinaïticus, soit Le Vaticanus) ou encore: quelques anciennes autorités, plusieurs anciennes autorités (cette dernière expression indique que nous avons recouru, outre les manuscrits, au témoignage des anciennes versions, dont nous donnons plus loin la liste, et à celui des Pères de l'Église). La formule : quelques anciens manuscrits indique que la leçon du texte a en sa faveur un plus grand nombre de copies que celle de la variante, mais moins anciennes, et la formule : plusieurs anciens manuscrits indique que la lecon du texte a pour elle des copies moins nombreuses, mais plus anciennes. Grâce à ces indications très simples nous offrons au public français une traduction dont le texte est entièrement conforme aux légitimes exigences de la eritique moderne.

Nous avons introduit dans notre version la division traditionnelle en chapitres et en versets. Elle n’est pas ancienne cependant; elle date, pour les chapitres, du moyen âge seulement, et pour les versets, du seizième siècle. Les manuscrits n’en portent acune trace et il va sans dire que les auteurs sacrés n’ont jamais songé à pratiquer sur leurs écrits d'aussi bizarres coupures. Nous ne contestons assurément pas l'utilité et même la nécessité d’une division du texte. Les recherches, sans elle, seraient impossibles. Oui, il en faut une; mais celle en chapitres et en versets est très mal faite.

Et d'abord, pourquoi deux sortes de coupures? Une seule suffirait ; un simple partage en paragraphes, un peu plus longs que nos versets actuels, serait tout ce qu'il faut pour rendre les recherches très faciles. Le manuscrit du Vatican nous offre précisément un essai de ce genre; et il est bien certain qu'un système de paragraphes renfermant chacun cinq ou six lignes serait mieux entendu que notre division en chapitres et en versets. Ceux-ci sont trop courts; ceux-là sont trop longs. Aussi qu’arrive-t-il? Le lecteur est souvent empêché de comprendre le texte par les coupures mêmes qui y ont été introduites, et il se trouve que ces chapitres et ces versets sont une des mesures les plus funestes qui aient jamais été prises à l'égard des livres saints. Le temps n’est pas bien éloigné où l’imprimeur allait conseiencieusement à la ligne après chaque verset et faisait ainsi de chacun d’eux un développement distinct. Il semblait que les lettres des apôtres fussent des collections de sentences détachées. Il devenait très difficile, pour le lecteur ordinaire, de saisir le lien logique qui relie entre elles les différentes parties des épîtres; d'autant plus qu'après avoir lu une série de ces phrases détachées, dont chacune formait une sentence distincte, il s’arrêtait, parce qu'il avait fini «son chapitre». Le lendemain il en lisait un autre et la pensée d'ensemble de la lettre de l’apôtre lui échappait complètement. Il faut ajouter que l’habitude des prédicateurs de choisir pour textes de leurs sermons des versets détachés de ce qui les précède et de ce qui les suit a aussi fortement contribué à dénaturer dans l'esprit des fidèles la vraie physionomie des écrits du Nouveau Testament et à leur persuader que ces livres étaient des listes de préceptes et se composaient d'articles de Code. L'inconvénient de ce morcellement est moindre, sans doute, pour les discours de Jésus dans les Évangiles, parce que le Christ, comme tous les Rabbis de son temps, a souvent parlé en sentences, mais pour les Épiîtres de saint Paul on ne saurait exagérer ce qu'il a de fâcheux. Changer des lettres comme l'Épîtr > aux Galates où les Épîtres aux Corinthiens, ces pages d'une inspiration si profonde, où l’apôtre entraîne son lecteur d’un mouvement si rapide et si sûr, les changer en une collection de proverbes, est une véritable profanation! Le lecteur qui voudra se convaincre que ce mot de profanation n'est pas trop fort n’a qu’à essayer de mettre en versets une page quelconque des Adieux d’'Adolphe Monod; il verra ce

qu'aura de déplorable le résultat ainsi obtenu. Qu'il divise aussi en chapitres une méditation de Vinet; puis qu’il lise chaque jour un de ces chapitres, ni plus, ni moins; et qu'il se demande, au bout de quelques jours et lorsqu'il aura fini, s’il a une idée quelconque de l’ensemble de ce qu’il a lu. Quant aux livres historiques, les Évangiles et les Actes des Apôtres, découpés en versets, le lecteur, qui voudra se rendre compte de la transformation que ces livres ont subie, n’a qu'à pratiquer cette opération sur une page de Tacite ou de Thucydide. Il comprendra immédiatement ce que sont devenus les récits des Évangélistes entre les mains de ceux qui les ont mutilés en les partageant.

Et cependant nous avons conservé ces divisions. La puissance des usages reçus nous à paru sur ce point invincible. Une tradition plus de trois fois séculaire s’est imposée à nous. Mais nous avons rejeté les chiffres dans la marge, comme on le fait toujours maintenant, et nous prions le fidèle de nos Églises, auquel nous avons fait cette concession, de ne tenir aucun compte dans sa lecture pas plus des chiffres des versets que de ceux des chapitres. Cette double annotation ne doit lui servir que pour retrouver un passage.

L'ordre dans lequel sont rangés les livres du Nouveau Testament fut de bonne heure très arbitraire. Jamais les Églises ne les placèrent dans l’ordre chronologique et d’ailleurs elles l’ignoraient certainement. Les Évangiles composés après les Épîtres furent cependant toujours placés avant elles. Cela se comprend puisque la vie de Jésus-Christ a précédé la rédaction des lettres de ses apôtres; mais l’ordre actuel: Matthieu, Marc, Luc, Jean, ne repose sur rien de réel. S'il fallait le refaire nous placerions certainement l'Évangile de Marc le premier; celui de Matthieu n'aurait que la deuxième place. Quant aux Épîtres de Paul elles ne sont pas rangées par ordre de date, mais par ordre de longueur. L’'Épître aux Romains étant la plus longue ouvre la sérié; le billet à Philémon la ferme. Cet arrangement est fort ancien; il est celui des premières listes qui nous soient connues et qui datent du milieu du second siècle. Disons-le franchement, il est singulièrement puéril; mais consacré par l'habitude, ici dix-huit fois séculaire des fidèles, il ne peut pas, à notre avis, être modifié. Nous

avouons cependant avoir longtemps hésité à le suivre et nous ne nous y sommes décidé, comme pour les chapitres et les versets, que pour faciliter les recherches. Nous essaierons de parer à son inconvénient en indiquant toujours dans la préface de chaque lettre la date probable de sa composition. Si la tradition reçue n’était pas ici un véritable esclavage, Le classement par la date serait à adopter, car, lorsqu'on publie la correspondance d’un écrivain quelconque, on la publie toujours dans l’ordre chronologique. Nous avons aussi laissé les épîtres dites catholiques après l’Épître aux Hébreux suivant l’usage de nos Nouveaux Testaments modernes, mais, dans les anciens manuscrits, ces épîtres sont toujours réunies aux Actes des Apôtres.

D'ailleurs une des raisons qui nous ont fait renoncer à rien changer à l’ordre ordinaire est l’extrême difficulté de ces reconstructions chronologiques. Pour quelques livres nous pouvons sans doute affirmer péremptoirement qu'ils ont été écrits avant tels autres; mais le nombre en est restreint, et la conjecture garde toujours ici une trop large place. Si nous savions avec certitude la date exacte de toutes les lettres de Paul peut-être n’hésiterions-nous pas à nous insurger contre la tradition; le classement actuel déroute le lecteur et le classement véritable lui permettrait de suivre de lettre en lettre le développement de la pensée de l’apôtre. Ne plus séparer l'Épître aux Éphésiens de l’Épître aux Colossiens, joindre à celle-ci la lettre à Philémon, placer l’Épître aux Romains après les Épîtres aux Corinthiens, et celle aux Galates avant, mettre les deux épîtres aux Thessaloniciens en tête de toute la liste, et celle aux Philippiens à la fin, tout cela était bien tentant et aurait été bien facile; mais ensuite, où placer les Épiîtres à Timothée et à Tite qui sortent du cadre connu de la vie de saint Paul, et auxquelles il est impossible d’assigner une date précise? où mettre l'Épître aux Hébreux ? les épîtres catholiques? Devant ces questions insolubles, le plus sage était de s'abstenir, de laisser le Nouveau Testament tel quel et de ne pas remplacer l'arbitraire par l'arbitraire.

Avant de terminer ce que nous avons à dire du texte, nous devons faire remarquer au lecteur que les citations des livres de l'Ancien Testament faites par les écrivains du Nouveau ne s'accordent pas toujours avec le texte des traductions en langue fran-

çaise qu'il a entre les mains. Ces différences tiennent à diverses

causes. 1] arrive fréquemment, par exemple, que les auteurs du Nouveau Testament ne citent pas d’après l'original hébreu sur lequel ont été faites nos versions, mais d’après la traduction grecque commencée à Alexandrie vers le troisième siècle avant l’ère chrétienne, achevée cent ans plus tard et connue sous le nom de traduction des Septante. Or le texte de cette version diffère souvent d'une manière très sensible de l'original hébreu. Ces divergences peuvent venir, pour un certain nombre de passages, de ce que les auteurs de cette version avaient sous les yeux un autre texte hébreu que celui qui nous a été conservé, mais dans la plupart des cas elles viennent tout simplement de ce que les Septante ont mal traduit. Or les écrivains du Nouveau Testament ne se sont pas toujours rendu compte de ces fautes, et ils ont reproduit de confiance plusieurs contre-sens de la traduction grecque. Il leur arrive aussi de citer inexactement, parce qu'ils citent de mémoire. Nous ne pouvions indiquer toutes ces erreurs dans nos notes {; elles auraient été trop chargées. Le lecteur, en cherchant dans l’Ancien Testament les passages que nous indiquons au bas des pages, fera de lui-même le travail de comparaison qui lui révélera les divergences qui existent entre la citation et le véritable texte.

Il est aussi quelques passages, cités comme Écriture sainte dans le Nouveau Testament et qui ne se retrouvent pas dans l’Ancien. (Par exemple : ἔν. de Matth. 2, 38: ἔν. de Jean 7, 38; [τὸ Ép. aux Corinth. 2, 9, etc., etc.) Il ne faut pas en être surpris. Nous savons positivement que la notion actuelle d’un canon fermé n’existait pas au premier siècle, et que 165 chrétiens d’alors considéraient comme Écriture sainte et inspirée des livres qui ne sont pas aujourd’hui dans nos Bibles. C’est ainsi que l’auteur de l'Épître de Jude emprunte une citation au livre d'Énoch (Jude, verset 14 et suiv.) et une autre ἃ l’Assomption de Moïse (v. 9). Ces livres nous les connaissons; ce sont des écrits pseudépigraphes qui ont été composés peu de temps avant Jésus-Christ.

Le principe qui nous a guidé dans notre traduction est celui-ci :

1 On les trouve d’ailleurs très soigneusement indiquées dans la version du Nouveau Testament d’Albert Rilliet.

faire sur le lecteur français d’aujourd’hui l'impression que l’original a faite sur le lecteur grec d’autrefois. Assurément ce n'est qu'un idéal, mais le devoir du traducteur est de chercher à s’en approcher le plus possible. D'ailleurs, tout en restant fidèle à ce principe, nous avons interprété différemment les différents livres. Ceux-ci se partagent au point de vue philologique en deux classes : les livres faciles à traduire: les livres difficiles à traduire. Les livres faciles sont : les quatre Évangiles, une partie des Actes, les Épiîtres de Jean et lApocalypse. Les livres difficiles sont : une partie des Actes, les Épiîtres de Paul, l'Épître aux Hébreux, et les Épiîtres de Jacques, de Pierre et de Jude. Pour les livres faciles la version littérale est souvent la plus fidèle. Leur langage est si simple, si clair, que le traducteur n’a qu’à suivre le texte de très près pour en donner une bonne interprétation; ces livres d’ailleurs sont bien traduits dans presque toutes nos versions françaises. Pour les mal traduire, il faudrait, en vérité, le faire exprès. Nous avons conservé, chaque fois que la fidélité nous l’a permis, les expressions consacrées par l’usage. Certaines formes archaïques du style évangélique très belles et très simples ont été modifiées dans quelques versions contemporaines sans aucun autre motif plausible de la part du traducteur que le plaisir de changer et de faire nouveau. Nous avons done conservé, partout où nous l’avons pu, la forme reçue des paroles du Christ et des apôtres. Dans les Évangiles, en particulier, il est un nombre considérable de versets, souvent cités, que chacun sait par cœur, et dont la forme connue est scrupuleusement exacte. Nous nous sommes gardé d’y toucher. Mais il va sans dire que nous avons modifié sans hésitation tout passage mal traduit et que nous avons été obligé de lui donner une forme nouvelle, plus conforme à l'original. Nous croyons donc offrir au publie une traduction très exacte et qui cependant ne se sépare des versions reçues que là où cela est absolument nécessaire. Les uns trouveront que nous ne nous sommes pas assez écarté de ces versions reçues; les autres que nous nous en éloignons trop. Les lignes qui précèdent répondent aux uns et aux autres.

Nous ne nous sommes nullement astreint à rendre toujours et partout un même mot grec par un même mot français. Notre langue nous offre parfois des synonymes qui n'existent pas en grec: mais nous avons toujours traduit de la même manière les passages sem-

blables des trois premiers Évangiles. Il y a là des identités de texte qu'il faut respecter et nous devons dire que bien peu l’ont fait parmi nos devanciers. La version traditionnelle, dite d'Ostervald, se permet ici d’étranges libertés.

On reprochera, nous le savons, un certain manque d’unité à cette version. On nous dira : vous n’avez pas partout suivi le même système de traduction; tantôt vous usez à l’égard du texte d’une assez grande indépendance; tantôt, au contraire, vous le serrez de si près que votre travail sené la traduction. Nous répondons d’avance que ces divergences sont voulues. Il est très vrai que notre système de traduction varie suivant les écrivains et parfois chez le même écrivain, suivant que nous interprétons telle ou telle partie de son œuvre. Ce procédé est, en particulier, très sensible dans les épîtres. Il est des passages très difficiles où nous avons cru devoir serrer le texte de très près. Notre préoccupation première a été de rendre fidèlement la pensée de l’auteur et de répondre à cette question: que dit-il? Quant à cette autre question : que veut-il dire? nous avons parfois essayé d’y répondre dans des notes et quand la traduction restait obscure, mais nous ne l’avons fait que lorsqu'il n’y a aucun doute sur la véritable pensée qui se cache derrière ces obscurités de forme. Lorsque, au contraire, les exégètes se divisent sur ce que veut dire l’auteur, nous n’avons point mis de note, ne voulant insérer dans notre œuvre aucune opinion discutable. Donc, pour tout passage dont l’exégèse est controversée, nous avons purement et simplement traduit le texte en le suivant de très près. De là, des parties de notre traduction qui sont presque littérales. Nous n'avons pas hésité devant un devoir de fidélité et de sincérité. Pour tout autre passage, par exemple pour les récits dans les livres historiques ou pour les exhortations morales dans les épîtres, là où la pensée de l’auteur n’éveille aucun deute, nous avons usé d’une certaine liberté d’interprétation. Nous nous sommes souvenu que pour ces passages, sur le sens desquels tout le monde est d'accord, littéralisme est souvent synonyme d’infidélité, et c’est par respect pour le texte que nous l’avons ainsi rendu.

Nous nous sommes surtout efforcé, pour les Épîtres, de faire comprendre le but que poursuit l’auteur dans l’ensemble de sa lettre, et de faire ressortir l’idée dominante de son écrit. Beaucoup de

personnes ne connaissent les épîtres que par fragments, par phrases détachées — nous avons dit tout à l’heure pourquoi — elles apprendront, nous l’espérons, en étudiant notre traduction, que pour bien connaître une épître il faut la lire d’un bout à l’autre tout entière.

Nous ajoutons enfin pour ceux qui nous diraient: vous avez emprunté telle expression à la traduction de celui-ci ou de celui-là, que nous ne sommes pas de ceux qui croient que pour faire une version originale et vraiment nouvelle des livres saints il est nécessaire de ne tenir aucun compte des versions des autres. Nous avons étudié avec soin toutes les bonnes traductions françaises que nous avons pu nous procurer. Nous avons considéré cette étude non seulement comme un droit, mais aussi comme un devoir. Parmi les versions modernes quelques-unes ont des parties excellentes et nous nous serions cru coupable de ne pas profiter des remarquables travaux de nos devanciers.

Nos notes sont de six sortes: 1° Nous renvoyons le lecteur aux passages cités de l’Ancien Testament. Nous nous sommes expliqué plus haut sur ces citations. 2° Nous notons les variantes des manuscrits. Nous en avons également parlé en traitant, dans les premières pages de cette introduction, du texte que nous avons traduit. 3° Nous signalons les variantes de traduction; il est, en effet, un certain nombre de passages susceptibles de deux interprétations. Nous avons inséré dans le texte celle qui nous a paru la meilleure, et en note la moins probable. 4° Nous relevons aussi les variantes de ponctuation. Le texte des anciens manuscrits n'offre aucun signe de ponctuation. Chaque éditeur est donc appelé à en placer lui-même les signes. Parfois une phrase comporte deux et même trois sens complètement différents, suivant qu’on la ponctue de telle ou telle manière; et les trois éditions critiques, qui ont servi de base à notre travail, offrent à cet égard de notables divergences. Nous avons indiqué celles qui valaient la peine de l’être et nous y avons ajouté les variantes que nous avons découvertes nous-même et celles qui nous ont été indiquées par d’autres travaux critiques. D° Nous insérons des notes explicatives et des éclaircissements. Nous nous sommes expliqué plus haut sur leur nature. 6° Enfin nous donnons

çà et là quelques détails géographiques et historiques, mais le

moins possible. Nous n’avons inséré que les remarques absolument indispensables à l’intelligence du texte; et nous les avons rédigées très brièvement. Nous avons même renoncé à toute explication exigeant des développements étendus, par exemple des détails sur la synagogue, sur le Temple, sur les Pharisiens et les Sadducéens. Il est impossible de décrire soit ces monuments avec les cultes qui y étaient célébrés, soit ces partis avec leur histoire, sans écrire de véritables livres. Nos notes auraient été plus longues que notre traduction; et quant à les définir en trois ou quatre lignes, comme on le fait dans certaines versions contemporaines, nous n'avons pu nous y résigner. Ces quelques lignes sont nécessairement incomplètes et par suite erronées, et nous ne pouvons que renvoyer les personnes qui désireraient des détails sur ces sujets importants à notre ouvrage : La. Palestine au temps de Jésus-Christ. Ce livre forme une introduction complète à la lecture du Nouveau Testament et s’est trouvé être d’avance les véritables notes de la présente version.

Cependant nous avons dû çà et là insérer une explication historique et géographique. Nous l’avons fait chaque fois que, sans elle, le texte resterait une véritable énigme. ἃ cette occasion, nous ne saurions trop nous élever contre la clause de certaines sociétés bibliques ainsi conçue: Nous publions les saintes Écritures sans notes ni commentaires. Sans commentaires, d'accord, mais sans notes! quel avantage peut-il y avoir à priver le lecteur de tout secours et à l’empêcher de comprendre certains passages inintelligibles s'ils ne lui sont expliqués? Qu'on supprime tout commentaire donnant l'opinion personnelle de l’éditeur, rien de plus raisonnable ; mais des explications géographiques et historiques ne sont pas des commentaires. D'ailleurs les sociétés bibliques qui ont inséré dans leurs statuts cette clause : sans notes ni commentaires, ne publient pas de notes, en effet, et cela est très fâcheux, mais elles ne se privent nullement de publier des commentaires, et, ce qui est plus grave que de les insérer au bas des pages, elles les impriment dans le texte même. Car enfin qu'est-ce que les en-tête des chapitres sinon de véritables commentaires imposant au lecteur certaines interprétations, l’informant que tel Psaume est messianique, que tel passage des Prophètes se rapporte à Jésus-Christ, que le Cantique des Cantiques est un cantique d'amour de l'Église

pour Christ, que le printemps et l’amour y sont le symbole de l’espérance chrétienne, que Christ y décrit les beautés de l'Église, ete., etc. Ainsi les sociétés bibliques observent l’article de leur règlement là où il serait bon de ne pas l’observer, et elles le violent là où 1] est déplorable de le violer!

Nous nous sommes généralement abstenu de tout commentaire subjectif. Nos notes et préfaces n’exposent point les diverses opinions de la science contemporaine sur les différents livres du Nouveau Testament. Nous avons écarté autant que possible toute question critique non encore résolue et dont la solution provoque des débats contradictoires, et nous nous sommes borné le plus souvent à recueillir et à exposer ce qui est incontestable et incontesté dans les travaux des théologiens de nos jours. On ne trouvera donc pas dans ce livre de discussions sur l’authenticité de tel évangile ou de telle épître; mais il est certains résultats de la critique qui sont absolument avérés; ceux-là nous les signalons à nos lecteurs. Il n’est plus permis aux laïques éclairés de nos Églises de croire que l'Évangile selon saint Matthieu a été écrit tel quel par l’apôtre de ce nom, que l'Épître aux Hébreux est de saint Paul, que l’Apocalypse est nécessairement du même auteur que le quatrième Évangile et que la deuxième Épître de Pierre est authentique. Ce sont là des questions de fait sur lesquelles il serait contraire à la vérité de garder plus longtemps le silence.

Nous avons supprimé toute division du texte, tous sommaires de chapitres et autres coupures pratiquées d'ordinaire dans les Nouveaux Testaments modernes. Nous avons toujours trouvé ces divisions inutiles et même fâcheuses. Peu de personnes les lisent, et nous n'avons jamais remarqué qu’elles contribuassent à l’intelligence des livres saints. Nous nous sommes seulement permis de nombreux alinéas, et il n’y en a pas trace dans les manuscrits. Nous avons beaucoup multiplié ces alinéas surtout dans les Évangiles, Le texte en est rendu plus clair et plus facile à lire. Mais si nous n'avons pas introduit de sommaires dans le texte, nous les avons remplacés par les préfaces et les notes. Les unes et les autres sont très brèves et réduites à l'indispensable. Il est évident d’ailleurs que si notre traduction était adoptée pour l'usage ecclésiastique, nous ferions, pour cette édition populaire, le sacrifice des

préfaces et de toutes les notes qui ne sont pas rigoureusement

nécessaires. Nous supprimerions les remarques purement philologiques et les variantes de texte ou d’interprétation quand elles sont insignifiantes, et nous ne les avons relevées dans ce premier travail que dans le désir d’être complet.

Nous demandons à Dieu, en terminant, de bénir cette publication. Qu'elle serve à faire mieux connaître le Saint Livre et à le faire mieux aimer. Si cette version y contribuait en quelque mesure, nous ne regretterions certes pas les longues années de travail qu’elle nous ἃ coûté. Le but que nous nous sommes proposé en l’entreprenant serait pleinement atteint.

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APPENDICE ἃ L'INTRODUCTION

LISTE DES MANUSCRITS GRECS DU NOUVEAU TESTAMENT EN LETTRES ONCIALES ET DES MANUSCRITS DES ANCIENNES VERSIONS

Nous publions, pour les personnes qui voudraient étudier de plus près la question si intéressante de la reconstruction approximative du texte du Nouveau Testament, la liste des manuscrits en lettres onciales, dont aucun n’est postérieur au dixième siècle. Nous rangeons ces manuscrits en quatre catégories: ceux des Évangiles, ceux des Actes et des Épîtres catholiques, ceux des Épîtres de Paul et de l’Épître aux Hébreux et enfin ceux de l’Apocalypse. |

La première colonne intitulée : Désignation, porte des lettres de l'alphabet (françaises ou grecques et l’une hébraïque). Ces lettres servent dans les éditions critiques à nommer les manuscrits. Ce sont des signes convenus entre savants; ils remplacent le nom du Codex, parce qu’il serait trop long de toujours le transcrire. La seconde colonne porte le nom véritable du manuscrit avec la date approximative de sa rédaction. La troisième intitulée: Texte, indique si le manuscrit est de la famille alexandrine ou de la famille byzantine ou si, au contraire, il a une origine occidentale et est gréco-latin. La quatrième colonne est celle du, Contenu, la cinquième celle du Dépôt et la sixième indique si le Codex a été publié, par qui et en quelle année.

Manuscrits des Évangiles en lettres onciales.

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