‹ Le nouvel Hôtel de ville de Paris, 1872-1900Chapitre 34 sur 78 · MAIRES DE PARIS · texte numérisé non relu

MAIRES DE PARIS

Etienne Arago, i

PRÉFETS DE LA SEINE

Léon Say,

Marc-Antoine Calmon,

Ferdinand Duval,

Ferdinand Hérold,

Jules Ferry,

Charles Floquet,

Louis Oustry,

Eugène-René Poubelle, i883.

J. DE Selves, i8q6.

La Salle des Prévôts a été conçue par les architectes pour servir de Salle des Pas Perdus, à Texemple des salles du même genre et de la même affectation que Ion remarque dans les hôtels de ville de Brescia et de Bergame ; l'administration l'a consacrée aux cours spéciaux de science et d'histoire, créés par le Conseil municipal.

ARC-DO l'BLEAU DE lA COVR DU CENTRE.

LA COMMISSION DE DECORATION PICTURALE

Au commencement de Tannée 1884, M. Ballu soumettait à la Commission administrative des Beaux-Arts un avant-projet de décoration du palais municipal, qui avait pour objet de donner de l'harmonie à cette décoration, au moyen d'idées synthétiques générales, inspirées du caractère de l'édifice et de sa destination. Ainsi, dans toute la partie de l'Hôtel de Ville spécialement affectée aux réceptions officielles, la décoration devait symboliser la Gloire de Paris, Ville-lumière, faisant rayonner partout les principes de liberté, de fraternité, de progrès, et de richesse par le travail. Les questions artistiques et administratives, que soulevait cet avant-projet, furent portées devant le Conseil municipal, dans

gô LE NOUVEL HOTEL DE VILLE.

sa séance du 17 mars de cette même année, par le dépôt d'une proposition ainsi rédigée :

« Le Conseil,

c( Considérant que le Conseil municipal a reçu qualité pour déterminer dans son ensemble et dans ses détails la décoration de l'Hôtel de Ville de Paris;

« Considérant que cette décoration, tout en admettant dans une mesure convenable les différents genres de peinture, sujets allégoriques, paysages, natures mortes, etc., doit faire une large part à l'élément historique et particulièrement à l'histoire de Paris depuis 1789 ; que cet élément seul peut donner au monument le caractère et la physionomie que la démocratie française réclame pour lui ;

« Considérant que cette conception, dont la justesse ne saurait être contestée, a inspiré le conseil dans le choix de la distribution des travaux de sculpture,

« Délibère :

« La 5' Commission est invitée à mettre immédiatement à l'ordre du jour de ses travaux l'étude d'un projet de décoration artistique qui, sans répudier aucun genre, fasse à l'histoire de Paris et de la Révolution française la part qui lui convient. »

Le 18 juillet 1886, la 5' Commission présentait, sur un rapport de M. Hattat, son président, le projet de délibération suivant :

« Les commandes de peinture pour la décoration de l'Hôtel de "Ville seront faites directement aux artistes.

« Des sujets se rattachant à l'histoire de Paris, à l'affranchissement des Communes, à la vie d'Etienne Marcel, et aux grands événements de la Révolution seront imposés pour toutes les surfaces verticales présentant un développement suffisant.

ViiSTIBULE DE LA SALLE DES PRÉVÔTS

HéHogravure

Le Paradis perdu

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VESTIBUU. DE IJV SATLE DES PRFroTS

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PREMIERES FUNERAILLES lE.BarriasI

LA COMMISSION DE DÉCORATION PICTURALE. 97

« La répartition des surfaces, le choix des sujets, les noms des artistes, le prix alloué pour Texécution de chacune des commandes, seront ultérieurement arrêtés par le conseil, sur le rapport de sa 5" Commission. »

La discussion de ce rapport occupa les séances du 16 et du 23 mars ; elle fut terminée par le vote (trente-quatre voix contre vingt-six) de cette proposition :

« Une commission de trente-deux membres, formée de la manière suivante, sera chargée de préparer un programme d'ensemble de la décoration de 1 Hôtel de Ville pour être soumis au Conseil municipal par les soins de la 5° Commission.

« Cettecommission comprendra les deux architectes de l'Hôtel de Ville, six membres de la Commission administrative des Beaux-Arts, douze membres du Conseil municipal élus au scrutin de liste, et douze personnes désignées par le conseil en raison de leur compétence.

« Cette commission dressera un état des emplacements à décorer, lesquels seront, par ses soins, répartis en deux catégories :

« La première sera attribuée à la commande directe ; la seconde sera réservée au concours libre dans des conditions conformes à la proposition de M. Hovelacque (choix des surfaces et des sujets par les artistes, et présentation d'esquisses).

a Les résolutions de ladite commission ne seront exécutées qu'après approbation du conseil. »

En conformité de ce vote, et après que le Conseil municipal eut désigné ses délégués, un arrêté du Préfet de la Seine, en date du i3 avril 1887, fixait ainsi qu'il suit la composition de la Commission de décoration picturale de l'Hôtel de Ville : MM. Poubelle, préfet de la Seine ; Alphand, directeur général des Travaux de la Ville de Paris; Bailly, architecte, membre de l'Institut; Bracquemond,artiste graveur et dessinateur ; Cernesson, conseiller muni-

cipal; Chapu, statuaire, membrederinstitut;Ch. Clément, écrivain d'art ; Collin, conseiller municipal ; Dalou. statuaire ; Delhomme,

conseiller municipal; Deperthes, architecte de l'Hôtel de Ville; Léon Donnât, conseiller municipal ; d'Echérac, écrivain d'art; Formigé, architecte, Guillaume, statuaire, membre de l'Institut; Yves Guyot, conseiller municipal; Hattat, conseiller municipal ; Hovelacque, conseiller municipal ; Humbert, conseiller municipal ; Lavastre, peintre décorateur; Levraud, conseiller municipal; Just Lisch, architecte, membre de l'Institut ; Charles Longuet, conseiller municipal ; Liouville, avocat ; Henri Maret, publiciste; Emile Richard, conseiller municipal; Henri Rochefort, publiciste; Sauton, conseiller municipal ; Strauss, conseiller municipal ; Thulié, conseiller municipal ; Vaudremer, architecte, membre de l'Institut ; et Eugène Véron, écrivain d'art.

M. Armand Renaud, inspecteur en chef des Beaux-Arts de la Ville de Paris, était désigné en qualité de secrétaire administratif, avec M. Ralph Brown, chef du bureau des Beaux-Arts, comme secrétaire adjoint.

(La commission, de 1877 à 1900, à la suite de non réélections, de démissions, et de décès, s'est successivement adjoint MM. Archain, Chassaigne-Goyon, Clairin, Despatys, Deville, Escudier, Labusquière, Lampué, Quentin-Bauchart, Rebeillard, César Caire, Henri Galli, Pugliesi-Conti,

PLAIfIBS TE l'enfance

LA COMMISSION DE DECORATION PICTURALE

conseillers municipaux; Bouvard, directeur des services municipaux d'Architecture, des Promenades et Plantations de la Ville de Paris; Defrance, directeur administratif des Travaux de la Ville de Paris; Brown, inspecteur, chef du service des Beaux-Arts de la Ville de Paris; Frémiet, statuaire, membre de Tlnstitut ; Jambon, peintre décorateur; Roger-Marx, critique d'art. Elle a eu comme présidents MM. Hovelacque, Richard, Humbert, Clairin, et Dausset.)

La Commission de décoration picturale de l'Hôtel de Ville ainsi constituée, tenait sa première séance le 2 juillet 1887.

Pour l'exécution de la première partie de son mandat : la détermination des emplacements à décorer, la commission se guida sur l'avant-projet de M. Ballu, et sur les indications verbales fournies par les deux architectes de l'Hôtel de Ville. Elle dressa l'état suivant des emplacements qui lui paraissaient propres à recevoir une décoration, et fît leur répartition en travaux devant faire l'objet d'une commande directe et devant être réservés pour le concours :

a Commande directe : Escalier d'honneur. Salon d'angle place Lobau, Salons à arcades et Galerie latérale. Vestibules aux extrémités desdits salons, dessus de porte de la Salle à manger. Salons latéraux d'introduction, Grande Salle des Fêtes, Portiques des extrémités, panneaux verticaux

PAR M . J U L r. ^ r H t R E 1

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aux extrémités de la Galerie Lobau, Salon des Cariatides, Grands Escaliers des Fêtes, Galeries latérales aux Grands Escaliers des Fêtes, Galeries donnant sur les Cours Nord et Sud.

« Concours libre : Plafond de la Bibliothèque du Conseil municipal, Salle de la Commission du Budget, Salon d'angle place de rHôtel-de-Ville, plafonds de la Grande Salle à manger. Salons d'introduction aux deux extrémités de la Grande Salle des Fêtes, Galerie latérale sur la place Lobau. «

Cette première partie de sa mission exécutée, la commission abordait Félaboration du programme général de la décoration de l'Hôtel de Ville. Avec un grand libéralisme d'idées, elle adopta le principe que toutes les écoles de peinture seraient représentées dans le Palais municipal, appelé ainsi, suivant l'expression d'un de ses membres, à constituer un véritable musée de Fart contemporain. Elle décida ensuite que la plus grande liberté serait laissée aux artistes pour choisir et pour traiter les sujets de leurs compositions, sous la seule condition de s'inspirer de l'idée générale de la décoration d'un Hôtel de Ville, symbole de la vie sociale et politique de la cité. Renonçant donc à formuler un programme, la commission s'arrêtait à l'application d'une méthode de travail correspondant logiquement à toutes ces décisions : se concerter préalablement avec les artistes désignés pour la décoration d'une salle, — tout ou partie, — sur le sujet et sur le genre qui conviendraient le mieux à l'emplacement, et rentreraient avec le plus de précision dans l'idée décorative, dont cet emplacement devait être le point de départ ou le développement.

Désireux d'attirer tous les artistes d'un talent original, le Conseil municipal avait manifesté avec netteté ses intentions au sujet du concours libre. La commission se préoccupa d'apporter tous ses soins à la recherche des moyens pratiques d'organiser ce concours dans les conditions les plus propices à la réalisation des espérances basées sur ce mode de recrutement des décora-

LA COMMISSION DE DÉCORATION PICTURALE. loi

teurs. D'autre part, pour que rien ne fût laissé au hasard dans le concours libre, le Conseil municipal s'était réservé la faculté de refuser les œuvres qui ne conviendraient pas à l'emplacement choisi, tout en accordant une indemnité représentant les efforts accomplis et le talent dépensé par les concurrents. Dans l'esprit des membres de la commission, le concours libre devait être, à ses deux degrés, — l'esquisse, et l'exécution définitive d'un fragment de la décoration, — une consultation, avec démonstration matérielle, sur le sujet et sur le genre de décoration le mieux appropriés à telle ou telle partie du palais municipal. Afin d'assurer aux artistes de valeur prenant part au concours, et qui ne recevraient pas la commande, une juste rémunération, la commission instituait des primes plus fortes que les primes des concours ordinaires de la Ville de Paris, s'élevant même jusqu'à 4.000 francs; et, dans le cas où le concours d'esquisses serait exceptionnellement remarquable, elle autorisait le jury à augmenter le nombre des admissions au concours d'exécution, et à majorer les primes.

Après des études minutieuses qui ne durèrent pas moins d'un an. la commission fixait le devis de la dépense générale pour la décoration picturale de l'Hôtel de Ville à 2. 5oo. 000 francs. ainsi répartis : commande directe, i. 341.200 francs ; concours libre, 480.000 francs ; échafaudages, marouflage, dorure et travaux accessoires, 5 10.000 francs : réserve pour frais imprévus, 168.000 francs.

Dans sa séance du 20 décembre 1898. le Conseil municipal approuvait toutes les propositions présentées par la commission.

Quant à la décoration sculpturale, deux systèmes de commandes furent successivement employés : Jusqu'en 1879, le système de la commande directe par l'administration sur les propositions des architectes: et. à partir du 4 mars 1879. le système du choix par le Conseil municipal des œuvres à com-

mander et des artistes chargés de les exécuter. En vue de garantir à la fois la bonne exécution des oeuvres et les intérêts de la ville, chaque artiste désigné pour la commande devait produire une esquisse du groupe, de la statue, ou du motif décoratif, qui lui était commandé; et il n'était autorisé à commencer l'exécution définitive de l'œuvre qu'après acceptation de l'esquisse par une commission.

Les esquisses des œuvres de peinture et de sculpture pour la décoration de l'Hôtel de Ville sont provisoirement conservées dans le magasin des beaux-arts de la Ville de Paris, à Auteuil. Les esquisses peintes ont été exposées, pendant la durée de l'Exposition universelle de looo, dans le pavillon de la Ville, Cours la Reine; et, après la clôture, l'ensemble de toutes les esquisses des œ^uvres de peinture et de sculpture sera transféré dans le Petit palais des Champs-Elysées où doit être organisé le futur Musée des collections artistiques de la Ville de Paris.

ARC-DO l'BLEAU

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