‹ Le nouvel Opéra de Paris (volume 3)Chapitre 24 sur 55 · DU FOYER DU CHANT · texte numérisé non relu

DU FOYER DU CHANT

Une grande salle au premier étage, avec une décoration fort simple et des panneaux devant recevoir un jour ou l’autre les portraits des chanteurs et chanteuses les plus célèbres, mais qui, pour l'instant, n’ont reçu que trois couches de peinture; quelques fauteuils confortables, de longs divans, deux candélabres et une douzaine d’appliques, c’est ce dont se compose tout le foyer du chant. 11 sert le jour à diverses répétitions de solis ou de demi-ensemble, et le soir à deux ou trois seconds sujets misanthropes, qui viennent essayer leurs basses profondes ou leurs sopranos aigus. Les artistes de primo cartello le délaissent et vont, soit dans leurs loges, soit dans le petit foyer de répliques, installé à l’avant-scène ; aussi, pendant le jeu, le foyer du chant a un aspect lugubre et les rares malheureux qui le fréquentent ressemblent à des âmes en peine.

Que voulez-vous? ce n’est pas là que les abonnés se donnent rendez-vous; on n’y danse pas, on n’y cause pas; on n’y sacrifie ni à Vénus ni à Terpsichore, et le dieu qui y préside a l’air grognon et renfrogné que doit prendre tout immortel, voyant son autel sans clients. On prétend pourtant qu’une fois on y a compté jusqu’à dix personnes en dehors de trois chanteurs qui s’y étaient égarés! Mais ce sont là des bruits légendaires, auxquels il ne faut pas ajouter foi. Le foyer du chant est la Thébaïde de l’Opéra. Après tout, il vaut mieux qu’elle soit là que dans la salle.

DIVERS

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