LES PÈRES
Comme ils s’en vont en petites redingotes
Marche nuptiale des longs ennuis
Ils sucent leur cigare ou leur mamelle d’étoile
Du même soupir
Comme ils s’en vont, les ventres chamarrés
Avec des breloques en or qui pendent
Ne dirait-on pas des Papouas
Et nous les appelons Papa
Leur pantalon est en cheviote anglaise à douze francs le mêtre
Nous chantonnions sur leurs genoux le bon roi Dagobert
Aujourd’hui
Ils ont des chèques bruns ou roses suivant la Banque
Ils sont si fiers, les pères
Leurs petits doigts apoplectiques nous disent :
« Mais surtout pas de bêtises, mon fils ! »
Pourtant ils sont si fiers, les pères
Quand il faut payer les enfants des actrices