‹ Le nouvel OrphéeChapitre 55 sur 56 · GARE MONTPARNASSE · texte numérisé non relu

GARE MONTPARNASSE

Vents du matin où flottent les chemises d’anges Fleuve jeune et rose des boulevards

Qui charries les cafés-au-lait et les gloires dorées

I1 fait bon vivre ce dimanche !

Les femmes de chambre des petits Hôtels Meublés Ouvrent leurs bras tout grands pour embrasser le monde En ouvrant les volets de nuit

Il y a des géraniums dans toutes les arrière-boutiques Et des photographies qui souriront toujours

Les lourds tramways quittent le cœur de la ville Bourdons antiques

Ils vont chercher sur les fortifications

Des violettes de Parme

Voici dans toutes les gares les trains fraternels Baisers de rosée au poitrail des locomotives

Le chant de la mer

Dans les poumons de suie

O fauves d'Europe à la crinière de cuivre

Tout l’Atlantique débarque Armadas et Dreadnoughts En gare de marchandises à Montparnasse !

Des étoiles dans les caisses « fragiles »

Poissons d'avril et écrevisses Toutes les bêtes du Zodiaque

Les voyageurs des grandes Nuits

Ont des ponts de rêve et des tunnels de peur dans leur valise

Et les fleurs fanées d’un parc

Ce prêtre à la barbe de bouc a couché avec Jésus

Et toi, petit matelot bleu

Au col et aux grands yeux d’enfant

Madagascar dans ton cœur symbolique

Une tante arrive pour son enterrement

Toute sa fortune dans sa sacoche

Du Crédit Foncier 4 %

Et un bout de chocolat

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