ACTE PREMIER, SCÈNE V
apporte. Les voici. {Elle retire de son munchon le paquet^ quelle tend à Vouzon.)
VOUZON
Âh! c'est charmant! c'est tout à fait charmant! c'est d'une délicatesse, oh ! je savais bien que je pouvais compter... Je ne suis pas surpris, mais je ne peux pas vous dire combien je suis touché... c'est charmant! Asseyez-vous^ donc, je vous en prie...
Je suis un peu pressée...
youzoN Oh! vous avez bien une minute...
ALINE
Une seule. (S' asseyant.) Vous savez que ça n'a pas été tout seul. J'avais la faiblesse d'y tenir, à ces lettres. Je me suis débattue.
Mais vous êtes une vaillante!
AUNE
Je n'ai pu me décider qu'au dernier moment. J'ai pensé que vous alliez quitter Paris, aujourd'hui môme, et comme je sais qu'il vous faut des joies complètes...
VOUZON
Ah! comme vous me connaissez!
AUNE
Je n'ai pas voulu vous laisser partir sans vous avoir ras-
suré. Et c'est mon hésitation [qui a été la cause de mon retard. Enfin, c'est fait, n'en parlons plus.
VOUZON
Mais si, au contraire, parlons-en, parce que c'est très bien...
ALINE
Au fond, c'est très simple...
VOUZON
Précisément ?
ALINE
Donnez-moi plutôt des nouvelles. Tout s'est bien passé?
Admirablement 1 "
ALINE
Vous êtes content?...
VOUZON
Ravi.
ALINE
Votre femme est exquise !
VOUZON
N'est-ce pas?
ALINE
Je l'ai rencontrée avant-hier chez les Sazigny. Elle vous Ta dit?... Elle m'a si entièrement charmée que, sans le savoir, elle n'est pas étrangère à ma démarche.