SCENE XVII. 4i
ALICE , même jeu.
Je n'ignore pas qu'il est des tp mps , des circoiistances , où l'on ne peut sans danger paraître ce qu'on est réellement, et... ce moment-ci... lui-même en est peut-être un...
LE ROI
Pourquoi ce trouble? cette rougeur subite? ce n'est point ainsi que la belle Alice m'accueillait ordinairement!
ÉVERARD , à part.
Qu'entends-je !
ALICE
C'est qu'auprès de mon père... ou de mon frère... j'ai une assurance... que je ne retrouve plus ici... Allons les rejoindre.
LE ROI , la relenaiit.
Comment! voulez-vous me fuir? Connaissez auparavant tout l'intérêt que vous m'inspirez. Je vous ai promis ma confiance , vous allez l'avoir tout entière. Je me reprocherais toujours d'en avoir manqué envers vous. ..
ALICE
Mais je crains. ..
LE ROI
AIr ■ Ce que j'éprouve en vous voyaiil.
Que craigaez-vous auprès de moi ?
Je ne .suis plu.s un simple page.
Ilecevez cet anneau pour gage De voU'c amour, do voire foi (it'.v).
Acccplez-le , je vous conjure; J'ai des droits à cette faveur ; M;iis pourfUioi rlonc colle frayiiir '
ALICE
Vous m'excuseriez , j'en suis sûre , Si TOUS saviez pourquoi j'ai peur.
LE ROI
Mais. . . Alice , j'ai des droits à votre affection. . .
Je... les connais.
LE ROI
Eli bien ! an moment où je vais partir, pouvez-vous refuser ce gage de souvenir? Votre père lui-même ne vous a-t-il pas appris à m'aimer? Ne me l'avez-vouspas dît vousmême?
JÉVERARD , à part.
Alice ! elle me trompait !
ALICE , au roi el hors d'elle-tnème.
De grâce ! . . .
LE ROI
Doutez-vous encore de mes titres à cet amour? Ce n'est plusle pauvre Louis Kernegui qui vous parle, c'est votre. . .
ALICE , l'interrompant brusquement et avec la plus grande émotion.
Silence ! on nous écoute î
LE ROI
AiR : Quel trouble dans mou amc.
Quelle surprise extrême 1 (Quelqu'un dans ce 1 ieu mciiie
M'écoutait
En secret.
ALICE
Ah ! quel <lanf;cr extrême I Si mon cousin Ini-nu'me