‹ Le palais de ConstantineChapitre 4 sur 17 · AV C * C · texte numérisé non relu

AV C * C

liai L^. . Ly , LvJJ ^

^ * L^> ^^a,vwcs. p Lo

Voici la traduction de ce qu’elle contient :

« L’étoile du palais s’est levée sous d’heureux auspices, » Et ses parterres se sont embaumés du parfum de la rassie,

d Et le palais merveilleux lui a emprunté un charme nouveau.

» L’aspect de cet édifice élève l’âme,

» Et les salles qu’il renferme sont brillantes comme autant dejeunes filles pudibondes,

» Au visage resplendissant, aux regards langoureux, dont le sein ruisselle de pierreries,

» Dont les habits sont parsemés de perles et d’or pur. » Ce sont des salles magnifiques dont la splendeur éblouit.

» L’éclat de leur beauté jette le trouble dans les sens. j> Gloire à Dieu qui a prêté des formes si gracieuses à sa structure !

» On y reconnaît la main libérale de l’illustre bey, du brave des braves,

» Hussein, fils de Hassan bey, de sainte mémoire, lequel a trouvé grâce devant la bonté infinie de l’Éternel.

d Si tu désires, lecteur, connaître la date de ce monument, prononce ces mots :

» Construction de Hussein, le héros sans rival. »

Ce qu’il y a de plus curieux dans la chambre que nous visitons, c’est, sans contredit, la collection de trophées d’armes et de drapeaux qui garnissent ses murs. Ce sont là, en quelque sorte, des archives authentiques perpétuant le souvenir des faits d’armes et des expéditions accomplies par nos troupes dans toutes les régions de la province de Constantine.

L’initiative de cette heureuse et utile innovation est due à M. le général de Mac-Mahon ; elle a été continuée depuis par ses successeurs. Des fusils, des sabres, des pistolets, des tromblons et des massues, aux formes les plus diverses, composent ces trophées. Plusieurs sont surmontés de drapeaux en soie rouge, jaune ou verte, autour desquels des marabouts fanatiques et ambitieux, prêchant la guerre sainte, appelaient autrefois les populations trop crédules. Sur quelques-uns de ces drapeaux on lit les mots suivants, extraits du Coran :

icr“

« Un secours vient de Dieu et la victoire est proche :

« Annonce cette bonne nouvelle aux Croyants. »

Le trophée de Touggourt contient, outre les armes, une collection fort curieuse d’instruments de musique : des

tambours en cuivre de grande dimension, des timbales du même métal et enfin des clarinettes (r’aïta) enlevées à Selman, dernier sultan de Touggourt, au combat de Meggarin.

Celui de Tebessa se distingue par deux casques en cuivre dont la forme rappelle la coiffure des Sarrasins à F époque des croisades.

Enfin, dans ceux de Kabilie on voit des panoplies d’armes blanches du modèle des glaives romains et des grandes brettes du moyen-âge, conservées de père en fils chez ces populations montagnardes. Nous n’osons rien avancer sur l’origine des premières ; mais les secondes proviennent évidemment des Espagnols ou de l’expédition du duc de Beaufort à Djidjeli . Les drapeaux kabyles étaient plutôt un signe de forfanterie ou un point de ralliement qu’un emblème religieux inventé par le fanatisme. Aussi, l’étoffe de ceux qui figurent dans le trophées est-elle de la plus grande simplicité. Ce sont, la plupart, de simples pièces de mouchoirs en cotonnade, aux couleurs criardes, achetées sur les marchés à des juifs brocanteurs.

La provenance de chaque trophée est indiquée par une tablette suspendue au-dessous des armes, sur laquelle sont inscrits les corps de troupe qui ont pris part aux différentes campagnes, ou le nom de ceux qui, sur les rapports, ont été signalés comme s’étant plus particulièrement distingués. Je crois être agréable au lecteur en lui donnant ici la copie textuelle du contenu de ces tablettes.

Page 1