‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 16 sur 123 · L LU · texte numérisé non relu

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qu'il avait sous les yeux, et il est à remarquer que la Sainte- Chapelle figure dans son œuvre, mais dépourvue de flèche ^ . On a pensé, à tort, croyons-nous, qu'il a voulu, en agissant ainsi, éviter le reproche d'anachronisme ; les miniaturistes de cette époque n'avaient pas, semble-t-il, tant de raffinement, et peut-être faut-il supposer simplement que cette œuvre d'un bon artiste français est antérieure à la réfection de la flèche par Brassefort, vers i46o, dont nous reparlerons plus loin. La miniature initiale d'un Boèce, illustré également au XV* siècle, qui faisait partie de la bibliothèque Firmin-Didot^, paraît être d'une importance réelle pour la topographie monumentale du Palais. Le roi, entouré de ses courtisans, siège sur son lit de justice fleurdelysé, tenant le sceptre en main; on a voulu vraisemblablement figurer Philippe le Bel, si l'on interprète dans ce sens une inscription peinte en lettres d'or sur le seuil de la porte du Palais : Phelipus Rex. Parmi les assistants, au premier plan à droite, un personnage vêtu d'une longue robe à capuchon serait Jean de Meung, traducteur du livre ; au-dessus de la porte, décorée d'ornements dans le style gothique, se voit l'écusson aux armes de France. Le toit de la salle où se passe la scène a extérieurement la forme d'un dôme derrière lequel apparaissent les deux tours rondes et la tour carrée du Palais. A droite, séparé par une ruelle, un édifice gothique serait l'église Saint-Michel, avec une façade ornée d'un médaillon portant une ligure équestre en camaïeu. On a loué dans cette minia-

1. Au f° khb du même volume, une autre miniature destinée à représenter l'arrivée de l'empereur Charles IV à Paris est censée représenter l'aspect extérieur du Palais; mais il n'y a pas eu la" recherche d'exactitude.

2. Vendue en juin 1881 (3* vente), p. 3o du Catalogue (avec fac-similé de cette miniature). J'ignore entre quelles mains se trouve ce manuscrit.

turela finesse du pinceau et l'heureuse harmonie des couleurs. Bonnardot possédait dans sa collection d'estampes parisiennes une miniature, provenant d'un livre d'heures de la fin du xv« siècle S dont nous ignorons malheureusement la destinée, et qui donne aussi une idée du Palais à cette époque. Faute de l'avoir vue, nous devons nous contenter de reproduire la description qu'il a publiée lui-même ^ de ce document graphique : Au fond, de trois quarts, et vus du sudest, le chœur et le flanc méridional de la Sainte-Chapelle. La base de la flèche et la crête du toit sont dorées. A côté du chevet, une nef moins élevée le flanque au nord : c'est le Trésor des Chartes. Un petit pavillon sans toit, près de la naissance des travées du chevet, peut passer pour l'oratoire de saint Louis. A droite, un demi-pignon figure une portion du portail de Saint-Michel du Palais, dominé par deux hautes tours crénelées, celles qui fortifiaient la porte du Palais vis-àvis de la rue de la Calandre. Au delà du bâtiment du Trésor des Chartes, en arrière-plan, se présente une moitié de la principale façade du Palais (le Parlement"), dont le comble est hérissé de quatre lucarnes gothiques. Sur la gauche, audessus de la tête d'un vieillard assis sur des bottes de paille (Job), s'élève un bâtiment à fenêtres ogivales que couronnent une crête dorée et deux hautes lucarnes décorées de sveltes clochetons. Le dessinateur a voulu sans doute indiquer la Chambre des Comptes qui venait d'être construite par ordre de Louis XII, ou allait l'être. Une longue rampe en pente douce ou plutôt un escalier droit, à ciel ouvert, bordé d'une balustrade, occupe le milieu de la miniature ; cinq personnages

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