Mo.NSTRELET, additions, VI, p. 2o
Aô LE PALAIS.
d'Orléans, les comtes d'En, d'Alençon, de Verdun, de Yaudémont, de Dammartin, rarchevcque de Sens, et autres notables personnages qui furent priés à souper ^
Autre solennité considérable lors de la venue à Paris de l'empereur Sigismond, en 1^16; malgré les tristesses de l'heure présente, au lendemain du désastre d'Azincourt, il fut reçu en grande pompe et vint au Palais; sur sa demande, il assista à une plaidoirie du Parlement et alla prendre place au-dessus du premier président, dans la Grand'Chambre toute tendue de merveilleuses tapisseries. Sa présence y fut naturellement fort remarquée. On plaidait ce jour-là une cause renvoyée de la sénéchaussée de Beaucaire, entre deux personnes dont l'une était de noble lignée, l'autre de naissance plus modeste mais de grand mérite. Les avocats cherchaient tout particulièrement à se distinguer, chacun mettant son point d'honneur à exalter davantage l'origine ou la science de son client; l'office qui faisait l'objet du litige ne pouvait être légalement rempli par un bourgeois, et les jnges semblaient vouloir donner tort à celui des deux qui ne possédait pas la noblesse suffisante. A un certain moment, l'Empereur, s'adressant à ses voisins, pria qu'on lui apportât une épée : puisqu'il ne manquait, dit-il, au plus savant et au plus vertueux que la dignité de la naissance, il lui conférait la chevalerie; il lui fit chausser les éperons dorés, lui remit l'épée et lui donna l'accolade aux applaudissements de l'assemblée. Aussitôt le premier président de se lever et de dire à l'avocat de la partie adverse : « La raison que vous alléguez cesse maintenant, n On peut penser si l'événement fit du bruit au Palais.
Malheureusement, la guerre civile vint interrompre ces manifestations de parade. La chute du parti Armagnac eut