‹ Le palais de Saint-CloudChapitre 55 sur 91 · ON ATTEND LE ROI · texte numérisé non relu

ON ATTEND LE ROI

Dessin de 1X84. Collection Garnier, cliché .Maindrim.

alimenter le bassin des vingt-quatre jets; les étangs de Ville-d'Avray furent assainis, de nouvelles écuries furent construites sur l'emplacement de l'ancien manège des Pages, des facilités furent données pour le passage de la voie ferrée à travers le parc.

Du jour où la restauration des palais et des jardins de Versailles et son aménagement en musée national avaient été décidés, Louis-Philippe faisait de constantes excursions du côté de la ville du grand Roi. On conçoit que le séjour

HISTOIRE Dr l'A LA IS DE SAINT-CLOUD.

à Saint-Cloud fût mis à profit pour diriger les immenses travaux que le Roi avait commencés et qu'il eut la bonne fortune de presque parachever pendant son règne. D^irant l'hiver, des réunions d'études avec l'intendant général et les architectes avaient lieu aux Tuileries ; pendant les quelques semaines passées à Saint-Cdoud, on mettait en pratique ce qui avait été décidé sur le papier. Mais nous ne devons pas nous étendre sur les travaux faits à V^ersailles, travaux qui, avec la restauration de Fontainebleau, constituent une des belles pensées du règne de Louis-Philippe. On peut, au point de vue artistique, regretter que l'éducation du Roi et de ceux qui exécutaient ses ordres n'ait pas été plus développée. (Que d'anachronismes et de choquants amalgames eussent pu être évités dans la répartition des souvenirs d'écoles différentes ! ) On ne saurait par contre qu'applaudir à l'ensemble d'un plan généreux et patriotique auquel Louis- Philippe consacra une grosse partie de sa liste civile.

Les quelques travaux faits à Saint-Cloud et <à Sèvres semblent de peu d'importance àcôté deceux de Versailles, mais nous nedevonspas les passer sous silence.

D'abord des travaux de restauration et des embellissements dans le parc. De l'orangerie, on tailla environ un quart pour établir un escalier servant à la salle de spectacle et un gymnase pour le jeune comte de Paris. A l'intérieur, l'architecte Fontaine fut chargé de restaurer les anciens appartements du roi de Rome et de la duchesse de Berry mis à la disposition de Madame Adélaïde. Toute une série de tableaux de Rubens traduits en tapisseries des Gobelins, des tableaux de maîtres modernes, Vernet, Schetfer, Robert, ornèrent les salons de Vénus et de la Vérité. La galerie d'Apollon fut redorée et les tableaux encadrés dans la boiserie même, ce qui était d'un bon effet. Sur les consoles ou sur les meubles de Boulle, les porcelaines de Sèvres se remarquaient à côté des bronzes travaillés, des vases de la Chine et du .lapon; c'est vers 1840, en effet, que la mode des oitjets d'art d'Extrême-Orient commença à s'imposer. On établit une communication entre le salon de la Vérité (salon de famille) et le salon de la duchesse d'Orléans donnant sur le parc. Tout autour de cette pièce une immense bibliothèque en chêne doré fut installée.

Au sujet d'un corridor qui devait relier l'oflice à la salle à manger, une scène assez plaisante eut lieu entre l'architecte couronné » et « l'architecte réel » Fontaine. Frédéric Thomas raconte avec esprit cette anecdote :

« Le roi-citoyen, écrit-il, adorait la truelle et détestait la contradiction. M. Fontaine avait exactement la même affection et la même haine; et, s'il est vrai que les extrêmes se touchent, les semblables se heurtent, et c'est là ce que ne manquaient jamais de faire l'architecte et le Roi. Ils étaient vieux tous deux.

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