CHAPITRE XIX
qu’à la cliûte du jour (1). Comme nous allions passer la porte de l’anti- salle qui précède le triclinium, un enfant, placé là exprès, nous avertit d’entrer du pied droit (2) pour ne point apporter de fâcheux augures. Aussitôt que nous eûmes été introduits, des esclaves nous ôtèrent nos bragues, nos sayons rayés à la gauloise (3), et nous revêtirent de robes fort belles, destinées uniquement aux repas (4). Nous entrâmes dans le Triclinium; à peine assis, des esclaves égyptiens nous versèrent de l’eau froide sur les mains (5), tandis que d’autres , nous ayant ôté nos sandales , se mirent à nous laver les pieds et à nous nettoyer les ongles (6) , quoique l’on nous eût déjà fait au bain la même opération.
(1) AEneid. y lib. IY, v. 77, Aul. Gell. , hb. X\ III , cap. 8. Stat. , lib. IV, silv. 6, v. 3. Horat., epist. 3, Hb. I , sat. 7 , lib. Il , v. 33. Senec. , epist. 123.
(2) P et ton. , satyric. , cap. 20..
(3) Tacit. yhist. , lib. II, 27.
(4) On appelait ces robe? Vestis cœnatoria ou vestis convivalis. Mart. , lib. XIV, epigr. i38. Ciacatn . de Tricl.y 39. Ursin. append. 336.
(5) Petron. satyric. , cap. 10.
(6.) Ibid.
Le triclinium , ou salle à manger , est d’une longueur double de sa largeur (i), et comme partagé en deux. La partie supérieure est occupée par la table et les lits ; la partie inférieure reste libre pour le service et les spectacles. Autour de la première , les murs sont ornés, jusqu’à une certaine hauteur, de tentures de prix (2). La décoration du reste de la salle est noble , et en même temps analogue à la destination de cette pièce ; des couronnes , entourées de lierre et de pampres , divisent les parois en compartiments bordés d’ornements capricieux : au centre de chaque panneau , on a peint avec une grâce admirable de jeunes faunes, ou des bacchantes demi-nues, portant des tyrses , des vases , des coupes et tout l’attirail des festins (3). Au-dessus des colonnes règne une large frise divisée en douze tableaux; chacun d’eux est surmonté d’un des signes du zodiaque, et représente les mets que l’on re-
(1) Vitruv . , li b. VI, cap. 5.
(2) C’est une pareille tenture qui en tombant troubla le souper de Nasidienus. Horat ., sat. 8, lib. II, v. 54.
(3) Pitt, Ercul.