‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 51 sur 120 · CHAPITRE VIII. I o I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. I o I

pour sacrifier en secret, lorsqu’elle est frappée de quelque songe funeste , ou atteinte de cette mélancolie involontaire qui porte les cœurs sensibles vers les sentiments religieux. Son appartement renferme encore , indépendamment des pièces que je viens de citer, quelques salons d’une élégance infinie, destinés à la conversation , et une petite salle à manger. Enfin nous sortîmes du Gynceconitis par l’extrémité opposée à l’appartement de Scaurus, et nous nous trouvâmes une seconde fois sous le péristyle.

« Vous venez de voir, nous dit Chrysippe,un « luxe qui signale toute l’étendue de la corrup- « tion des mœurs romaines. Jadis les matrones « né connaissaient point ces appartements im- « menses , où elles rassemblent aujourd’hui « tant de superfluités ruineuses. Vêtues avec « simplicité, elles passaient les journées assises « dans leur Atrium , filant au milieu de leurs c( domestiques (i), ou tissant les vêtements « de leur famille (2). Alors les femmes appor-

(1) Ovid. fast. II, v. 741.

(2) Arnob. disput. advcrs. gent. II. p. 3i.

« taient en dot à leurs époux, une beauté « male , une santé robuste , des mœurs chastes , « et cette habitude de l’ordre et de l’écono- « mie , qui répand l’aisance même au sein de « la pauvreté. Aujourd’hui elles n’ont plus « qu’une beauté fragile, que les veilles et les « excès flétrissent en une saison ; à peine ont- « elles la force d’être mères; leur ame s’a- « breuve avec avidité de tous les poisons du « siècle; enfin leurs dissipations effrayantes « mettent le désordre dans toutes les for- « tunes; aussi la plupart des gens aisés fuient- « ils le mariage , et l’on sera bientôt obligé de « remédier, par des lois contre le célibat , à ce « dégoût du plus saint et du plus doux des « devoirs (i). » En parlant ainsi, nous nous trouvâmes à l’entrée d’une vaste galerie , où nous entrâmes.

(i) C’est ce qui donna lieu par la suite à la loi Julia.

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