‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 57 sur 120 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

leaux (i) de parchemin (2), ou de papyrus dont les volumes sont composés (3).

Le pourtour de cette pièce est garni d’armoires (4) , dans lesquelles on serre les locumenta , ou cassettes , qui contiennent les livres (5) étiquetés avec soin (6). Au-dessus on a placé les images des grands hommes qui se sont illustrés par la culture des arts et des lettres (7). Chrysippe fit ouvrir devant nous une de ces armoires , et en tira divers ma-

(1) Mart. lib. IV, epigr. 8 ; lib. XIV, epigr. 35.

(2) Horat. , sat. 3 , lib. II. Mart., lib. XIV, epigr. 182 , i83, 184, 186, 188, 190. On se servait aussi de parchemin pour peindre et dessiner. Plia . , lib. XXXV, cap. 11.

(3) Sous les empereurs , on connaissait à Rome sept qua lités de papier plus ou moins belles les unes que les autres faites avec le papyrus. Pim . , lib. XIII, cap. 11. Le parchemin fut inventé à Pergame pour la bibliothèque d’Eumenes, et est ainsi presque contemporain du papyrus dont le papier ne fut inventé que du temps d’Alexandre, selon Pline. {Ibid. 10.) Mais Hérodote, {lib. Y, cap. 8) parle du papyrus qu’il appelle byblos ce qui fait reporter celte invention à des temps plus reculés.

(4) Vitruv. , Ub. VIL Plin.jun ., lib. II, epist. 17.

(5) Pitt. herc. t. II, tav. 'j.p. i3. Cette sorte de cassette se nommait aussi Scrinium. JMart. , < /.b. XIV , epigt . j j.

(6) Senec. de tranq. c. 9.

(7) P lin. , lib. XXX Y, cap. 2. Suet. in Tib. 70. Juven. , ,\at. 2 , v. 6. P lin. jim., lib. IV, epist. 28.

Il6 LE PALAIS DE SCAURÜS.

nuscrits. Le premier sur lequel il mit la main fut un traité des effets de la musique ( i ) écrit en grec; puis un traité d’Épicure (2) sur la nature. On nous montra encore plusieurs livres qui traitaient de matières philosophiques ; enfin Chrysippe prit dans une autre armoire un grand nombre de manuscrits: « Ces « dix-huit volumes, dit-il, sont les ouvrages que « Magon a composés sur l’agriculture, ils sont « regardés comme le trésor le plus précieux « que Rome ait ravi à Carthage. Ils étaient « écrits originairement en langue punique ; « mais Decimus Silanus les a traduits en latin « par ordre du sénat. » — Vous me faites plaisir, lui dis-je, de me montrer ces livres pour lesquels les Romains ont une si grande vénération; je suis flatté de voir un barbare compté parmi les hommes qui ont concouru à éclairer l’esprit humain.

Comme nous n’avions point le temps de parcourir les ouvrages qui nous étaient présentés , je ne m’occupai que de la forme et du matériel de ces livres. 11 y en a de plusieurs

(1) Par Philodème; trouvé à Herculanum.

(2) Trouvé aussi à Herculanum.

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