‹ Le Palais de ScaurusChapitre 101 sur 131 · CHAPITRE XVIII. u 3 q · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. u 3 q

la flamme qui y est conduite des fourneaux extérieurs l’échauffe à un haut degré. Au centre est un cljpeus de bronze (i), semblable à un de nos boucliers ronds; on élève ou l’on abaisse cette espèce de soupape par le moyen d’une chaîne, et c’est ainsi qu’on augmente ou qu'on diminue à volonté l’intensité de la chaleur dans le sudatorium ( 2 ). J’aimerais mieux , mon cher Chrysippe , m’écriai-je , traverser à la nage le Rhin ou le Danube en plein hiver , que d’être condamné à rester plus long-temps en ce heu. J’y vais mourir; et quelle honte pour un Germain de mourir dans un bain comme une femme! «Je sais, « me répondit notre ami, que vous suppor- « teriez mieux la faim et le froid que l’ex- « cessive chaleur (3) de ce lieu; ainsi abré-

riurn ; c’est ce qui est prouvé d’une manière irrécusable par la peinture trouvée aux Thermes de Titus, où la dénomination de chaque objet est écrite distinctement.

(1) Vitruv. lib. VI, cap. 10. Peinture des bains de Titus.

/a) Ibid.

3 ) Ta cit. de Morib. Gemma, ia.

« geons votre supplice, et retournons dans « la pièce d’où nous venons. » Nous sortîmes du caldarium ; et me préservent les dieux d’y rentrer jamais ! Ce fut avec un plaisir extrême que je trouverai la température douce du tepidarium. Nous nous assîmes sur les gradins qui l’entourent ; des garçons de bain (i) nous grattaient la peau doucement au moyen d’un strigile ( 2 ); puis, après nous avoir essuyés avec des étoffes de lin et de coton (3), ils nous couvrirent d’une légère gausape , espèce de manteau fait de laine extrêmement fine ( 4 ), à longs poils (5); les alipili ( 6 ) voulurent nous épiler selon l’usage ( 7 ) ; mais nous ne voulûmes point nous soumettre à cette pratique efféminée ; nous nous contentâmes de nous laisser nettoyer et couper les

(1) Balneatores. (Pjgnor. de Sert,'. 3 g.)

(•>.) Sijet. Aug. 80; Mabt. lib. XIV, epigr. 4 g-

( 3 ) Pli n. lib. XIX, cap. 1.

( 4 ) Petbos. Salyric. cap. 9.

"») lhid. ; Pi in. lib. VIII, cap. 48.

fi) Picnor, de Sert’. \o..

'7) P»-™. J» 1». lib. III, epist. fi*.

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ongles. De jeunes esclaves (i) sortirent ensuite dé l'elceothesium («) , cabinet où sont déposés les parfums; iis portaient de petits vases d’albâtre (3) pleins d’huiles parfumées (4), dont ils nous oignirent légèrement le corps et jusqu’à la plante des pieds (5) ; enfin nous rentrâmes dans l’apodjptère , où nous reprîmes nos habits. Pendant ce temps, Chrysippe nous donnait les détails suivants :

« Ces bains sont destinés aux hommes « seulement : , quoique l’usage permette aux « deux sexes de se baigner ensemble (6) , les

(i) Pueri unguentarii. (Picnor. de Serv. 40.)

(а) Vitrdv. lib. V, cap. 11. On l’appelle aussi unctorium.

(3) Ptiw. lib. XIII, cap. a.

(4) L’huile était la base de tous les parfums. ( Ibid. cap. 1 ).

(5) Ibid. cap. 3.

(б) Aul. Gell. lib. X, cap. 3. Ce fut Hadrien qui ordonna que les deux sexes seraient séparés ( Spart. Had. cap. XIX). Dans les premiers temps il en était ainsi (Varro, de Ling. lat. VIII), et l’on peut regarder la communauté des bains pour les deux sexes, comme une suite de la corruption des mœurs, et non comme un reste d’innocence primitive. ■

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a4 1 2 * 4 LE PALAIS DE SCAünüS.

« femmes ont ici des bains séparés (i); on « aurait pu les faire contigus à ceux-ci afin « de pouvoir les chauffer avec les mêmes « fourneaux ( 2 ). Mais Scaurus ne tient pas à « ces petites économies , et Lollia a des bains « particuliers dans son appartement. L’endroit « où les fourneaux sont placés se nomme « hjrpocaustum (3). C’est une pièce assez a grande , située près du réservoir. » Chrysippe nous y conduisit pour nous en faire examiner la disposition.

« Cette espèce de four (4), surmonté de « plusieurs cuves en bronze, sert, nous dit- « il , à donner à l’eau le degré de chaleur né- « cessaire. La première cuve , qui est la plus « éloignée du fourneau , reçoit l’eau froide du « réservoir général , et la transmet , soit aux « bains froids, soit aux bains chauds, pour

(1) Vitruv. lib; V, cap. 10.

(a) Ibid.

{Vj Ibid, et Peinture des bains de Titus.

( 4 ) Voyez les bains de la maison de campagne. ( Ruines de Pompéi , t. II'.

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