‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 67 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

« culture ; on les regarde comme le trésor le « plus précieux que Rome ait ravi à Carthage. « Ils étaient écrits originairement en langue « punique ; mais Decimus Silanus les a trai< duits en latin par ordre du sénat. » Vous me faites plaisir, lui dis-je , de me montrer ces livres pour lesquels les Romains ont une si grande vénération ; je suis flatté de voir un barbare compté parmi les hommes qui ont concouru à éclairer l'esprit humain.

Comme nous n'avions point le temps de parcourir les ouvrages qui nous étaient présentés, je ne m'occupai que de la forme et du matériel de ces livres. Il y en a de plusieurs sortes désignés chacun par un nom différent (i), selon qu'ils sont roulés (2), ou reliés comme des tablettes (3). Les premiers

(ij IsiD., Or/gin. ,\ih. MjCiip. li,

(2) Les manuscrits trouves à Ilurculanum sont tous en rouleaux, e'est-à-dire de rcspèce appelée volunicn.

'^) Les anciens avaient des livres en parcliemin relies dans le i^enre des nôtres, tdhcUas. [Pitt. Hcrc., t. II, tav.) (je lut Attale, selon Eusèbe , ou Euuiènes, selon Pline,

lii LE PALAIS DE SCAURUS.

sont formés de longues bandes de papyrus (i) ; les autres sont en parchemin , et revêtus d'une couverture semblable (2), de couleur pourpre (3) , avec des rosaces (4) et des ornements colorés (5) ; l'écriture, en lettres cubitales (6) , est dans tous tracée en noir (7) d'une manière fort distincte.

Chrysippe nous introduisit ensuite dans des cabinets voisins , où des esclaves appelés li-

qui fut l'inventeur de cette dernière espèce de livres. Cependant Hérodote dit (lib. V, cap. 58) qu'avant que le byblos fût commun, on écrivait sur de peaux de chèvre et de mouton, et qu'on donnait à ces livres le nom de dyplithères.

(i) l^LiN., lib. XIII, cap. 12.

(2) Mart., lib. I, Epigi . 3-67.

(3) Idem., lib. I, Epigr. ii8; lib. III, Epigr. 2; lib. YIII, Epigr. "ji.

(4) Idem, lib.I, Epigr. G7; Stat., lib. IV, Silv.g, v. 7.

(5) Mart., lib. III, Epigr. 2; Catull.,«^/ Var.,\. 6.

(6) Hcrculan. T'oliim..^ t. I <t II. Il paraît cependant que les anciens avaient aussi une écriture cursive. Voyez Ruines de Ponipci, t. II, la vignette, p. 2.

(7) Hcrculan. T olum., t. i et 2.

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