‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 23 sur 134 · Eh · texte numérisé non relu

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mèlres de larg'eur, et dont les retombées portent sur les piliers saillants de la l'açade. Ni ces arceaux, ni le crénelag-e qu'ils supportent, ne sont l'œuvre de l'architecte de Jean XXU. C'est une addition postérieure du tetnps de Benoît Xll. Ce qui le prouve, c'est que les piliers de la l'açade n'étaient pas faits pour recevoir ces mâchicoulis ; ils se terminaient par un biseau a reboi'd pour l'écoulement des eaux pluviales. Ce biseau, qui a laissé des traces bien reconnaissables, fut plus tard entaillé et reçut la naissance des arcs porlant le crénelag'e.

Voilà l'unique côté du Palais où on peut encore constater à la l'ois les derniers restes de l'évêché d'xVvigMion antérieur aux Papes, et un exemple des moditications apportées à cet évêché par Jean XXII. Ces particularités n'avaient jamais été sig*nalées. Dernièrement je les soumis à l'attention de MM. Nodet et Bœswilwald, char;^és des restaurations du Palais aux titres d'architecte et d'inspecteur des Monuments historiques. Ils reconnurent parfaitement les traces des deux reprises successives audessus d'une plus ancienne bâtisse. M. Bœswilwald ajouta même cette remarque qu'en établissant son crénelag'e, le dernier constructeur avait presque [uasqué deux des fenêtres g-éminées, ce qui ne serait pas arrivé s'il avait tout mené de front.

Comment se fait-il que cette façade n'ait pas subi le sort fatal du reste des constructions de Jean XXU ? C'est que, de ce côté, son successcui' ne pouvait rien g^ag-ner sur la voie publique montant

à Notre-Dame des Doms'. Tandis qu'à Tintépieur du Palais, il démolissait tout pour reporter plus loin les façades et augMiienter Famplcur du cloître et des constructions adjacentes, il laissa subsister ce g'rand mur du couchant très solide et qu'il eût fallu refaire sans utilité sur les mêmes fondements. Cette circonstance nous a permis d'av^oir un échantillon comparatif des bâtisses successives du Palais.

Nous pouvons d'ailleurs suppléer, dans une certaine mesure, à la disparition des autres bâtisses de Jean XXII.

Un dessin du XVIP siècle, qui fait partie d'une précieuse suite de vues locales conservée au Musée- Cal vet, donne une idée approchante de la disposition du Palais d'Avig'non à la môme époque*. Il représente le château de Sorg-ues que le pape Jean XXII avait fait construire, au bord de l'Ouvèze, à côté même du pont, dans l'ang-le formé par la rivière et la g*rande rue qui descend vers l'intérieur du pays^ C'est une très vaste construction carrée, à quatre corps de log-is entourant une cour intérieure, flanquée d'une tour carrée à chaque ang^le, avec une

1. Les textes donnent in%'ariablement pour confront du Palais, sur ce côté, la rue allant a Notre-Dame : n ("arrierd hcale Marie ». Eh., 607.

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