Eh
3. 20 novembre 1335, Eh., 605 : i Aula, seu tisellum palatii apostolici Aula iinelli.... Parvum linelluin. »
4. Le mot chambre avait alors, comme aujourd'hui, des acceptions multiples. 11 s'appliquait à la pièce où l'on couche, comme a toutes les autres. 11 désignait aussi un ensemble de pièces. La chambre du l'apc signifie souvent tout son appartement personnel. L'administration pontificale s'appelait aussi la Chambre apostolique. Nous disons aujourd'hui dans le même sens : la Chambre des^députés.
est faite avec les débris de constructions préexistantes. On peut voir, près de la seconde fenêtre du troisième étag'e en partant de l'ang-le g*auche, deux pierres avec frag-ments d'inscriptions : proleg... et ANT... qui proviennent év^idemment du Palais. La façade opposée, du côté du jardin, a été plus heureuse ; elle a g-ardé ses mâchicoulis sur piliers et son crénelag-e. Celle de la cour était ég-alement crénelée \
L'intérieur est méconnaissable. Il faut se contenter d'énumérer, à l'aide des textes, les principales pièces qui s'y trouvaient.
En partant du bas. il y avait la garde-rohe ïnférieure % terme g*énérique qui comprenait non seulement les réserves de vêtements, mais aussi les g-arde-meubles. Il y avait encore la cuisine particulière du Pape (parva coquina oris) et ses dépendances, offices, g'arde-vaisselle, avec un escalier descendant de la cuisine au puits du jardin '.
La salle à mang-er, assez vaste, où le Pape recevait ses familiers et invités journaliers, était immédiatement au-dessus de la cuisine. On montait les plats par un escalier dont la porte était masquée derrière un tambour qui devait être très élég-ant,
1. 2 avril 1341 : (( Aliorum merletoruin tinelli predicti factoruni circumquaque usque ad turrim uiagnaiii.u Eh., 623.
2. 3 novembre 183S : a Ad faciendain gardurohain in caméra bassa. » Eh., 607.
3. l" juillet 1338 : » Pro factura gradarii per quod descendilur a coquina ad puteuiti viridarii. » Eh., 60o.
et au devant duquel était une hotte de cheminée, décorée d'une cimaise à ramag-es '.
A peu près sur le môme plan que la chamhre du Pape, étaient disposés son cabinet de travail, un oratoire particulier et quelques autres pièces ^
Ce côté était desservi par un escalier % dans Tang'ie nord-est de la cour, auquel a succédé celui que le g'énie militaire construisit, presque en face de l'ancien, et qui dessert maintenant toute cette partie du Palais.
Il faut renoncer à préciser davantag^e. Peut-être le pourra-t-on, après un déblaiement plus complet des divisions parasitaires, en poursuivant des recherches exactes sur les murs, afin de dég^ag'er les parties vraiment anciennes et les vieux appareils cachés sous les badig-eons militaires.
Tour des Étuves. (N- 15 du plan.)
Dans rang*le formé sur les jardins par la tour des Angles et les bâtiments qui viennent d'être décrits, se trouve une petite tour qui ne porterait dans les
1. 9 juin 1339 : « Pro clausura de gippo que est in linello in capite gradarii per quod descenditur ad coquinain , et pro quodam ciinasio seu ramada fada in dicta clausura circuinquaque cuin quodam fornello. » Eh., 609.
2. 18 mars 1337, Eh., 604 : « Pro studio domini nostri contifjuo dicte turris. »
3. 11 février 1354 : a Escalerium versus parvum tincllum.» Eh., (346. C'était le mAme escalier qui desservait la grande salle a manger de cérémonie, et d'où on descendait à la salle de réreplion en passant sur un pont ou corridor sur voiUe. Il ne reste plus rien de ces divers aménagements. Cf. Eh., 695, et note 649.
comptes aucun nom spécial, à moins d'y reconnaître celle des Etxives, dont il est plusieurs fois question, et qu'on ne pourrait situer ailleurs *. Elle est dite sur la direction d'un puits du vieux jardin, qui est appelé dans les comptes />t/?7i* des étuves. Ce puits du jardin, aujourd'hui comblé, mais porté sur les anciens plans du Palais, était en face de notre petite tour. Il servait aux militaires avant l'adduction des eaux de la ville. D'autre part, les étuves sont, d'après un autre texte, contig-uës à la garde-robe^.
Cette position convient à notre petite tour, qui aurait ainsi contenu une salle de bains. Rien de plus naturel que de la trouver juxtaposée à la chambre du Pape.
Sur un des inventaires du Palais, on trouve, précisément de ce côté, une baig-noire \
Dans le bas de cette petite tour, une pièce communique avec la salle du Trésor de la tour des Ang-es. Ce doit être celle où, d'après les textes, l'intendant du Palais et ses g'ens tenaient leur conseil secret *. Elle est située au-dessus d'un cellier touchant à la cave du Pape, précédemment décrite.
1. 14 novembre 1344 : « In turre stubarum », Eh., 632. Cf. Eh., 689, note 587, et 783, n» 27.
2. 6 novembre 1354 : rr In gardarauba domini nostri Pape, a parte stupharuin. n Eh., 647.
3. Inventaire de 1369 : ff Vna tinea ad balneandum. » Eh., 633.
4. Inventaire de 1411 : u Caméra parva thesaurarie in qua dominus camerarius et gentes camere consueverunt tenere consilia sécréta. » Eh., 688.
Remparts extérieurs. (N" 40 du plan.)
En cette même année 1337, Benoît XIl fît entourer les endroits les plus accessibles du Palais par un rempart plus puissant que le mur de clôture de son prédécesseur. On le construisit d'abord autour du jardin', ensuite au-devant de la tour des Ang-esS et enfin au devant de l'Audience ^ Ces deux derniers tronçons fermaient la cour d'entrée.
Ces. murs d'enceinte étaient si forts que lorsque Clément VI fit construire plus tard une tour nouvelle, à côté de celle des Ang-es, son architecte n'hésita pas à se servir d'une partie du rempart pour élever par dessus une des faces de sa tour. Cette utilisation est très visible de la place de la Mirande. Sur ce même point, le long* de la rue Vicelég"at, le rempart du jardin n'a perdu que son crénelag-e et a conservé ses mâchicoulis, qui existaient au dedans comme au dehors, si bien qu'au cas où l'enceinte eût été forcée, les défenseurs pouvaient continuer la lutte contre les assaillanfs entrés dans les jardins. L'épaisseur de ce rempart était suffisante pour que le chemin de ronde, ménag-é au sommet entre les doubles mâchicoulis, pût recevoir des soldats, faisant face au besoin des deux côtés.
Sur le reste de la clôture du jardin, le rempart a été abattu par le g-énie militaire pour élarg-ir l'espace destiné au g-ymnase de la caserne.
1. Livre manuel de Pierre Poisson, janvier 1337, Eh. 604 : k In muro vindaj-ii. »