‹ Le palais du Louvre; architecture -- mobilier -- objetsChapitre 18 sur 57 · UIVI-PAR LES GORGONES · texte numérisé non relu

UIVI-PAR LES GORGONES

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la souplesse de la vie avec la gravité du style. Puis la plus belle parmi les têtes de statuettes d'homme: le crâne rasé, les grands yeux, le nez droit, la bouche fine, composent un masque réfléchi, presque souriant, où il y à comme un air de famille avec le probe et sérieux art italien du XV° siècle.

L’Assyrie, à défaut de ces visages-là, nous montre un effroyable Génie des vents du Sud-Ouest, un démon à quatre ailes, au front cornu, à la bouche ouverte, aux yeux terribles, aux mains crochues, aux pieds de taureau, qui n'a pas la beauté de notre Lucifer, mais qui semble assez le type de nos diables épouvantails, se démenant dans les flammes de l'enfer chrétien. Cette statuette de bronze, suspendue devant une fenêtre ou une porte, servait à conjurer les vents pestilentiels qui passaient sur la Mésopotamie. La forme en est déchiquetée, et l'expression grimaçante, commeil convient, d’ailleurs. Mais l'Assyrie reprend tous ses avantases avec la sculpture d'animaux, aussi grandiose dans la proportion réduite des objets que dans la taille géante ou la taille naturelle.

Je n’en veux pour preuve que lPadmirable lion couché qui porte un anneau sur le dos. Les pattes repliées, les os en saillie, les muscles au repos, la nuque énorme

chargée d’une crinière drue, Île

r Le Génie des Vents du Sud-Ouest — Statuette de nez froncé, la gueule ouverte bronze assyrienne

«noie

montrant des crocs courts et solides, la bête féroce bâille et oronde. On a beaucoup discuté sur sa destination: on a voulu d’abord voir en elleun poids, mais cette explication s’est trouvée diminuée par les traces de scellement visibles à la base, et l’on a indiqué alors l’anneau comme lpouvant servir à fixer la corde d’un rideau. C’est possible, comme ilest possible aussi que ce lion bâillant ait été scellé à une porte du palais de Khorsabad pour attacher le cheval du ro1 Sargon.

Tous ces pays de l'Asie Antique ont révélé, par les objets et les vestiges trouvés dans les fouilles, leur goût des arts de terre et des arts de métal,

Bouquetin ciselé or et argent — Anse de vase du style gréco-oriental ceux-cl plus avancés

que ceux-là, à une même époque; par une singulière anomalie. Il est difficile, et souvent impossible, de définir exactement l’origine des objets trouvés sous le sol aujourd’hui déserté des grandes cités d'autrefois, mais’ le plus humble d’entre eux est touchant et

expressif. À Suse, des pots, des jarres, des cruches, des bouteilles à anses, des plats, un buste d’homme qui ressemble vaguement à Balzac par la massivité du visage et la plantation de la chevelure. Sur l'emplacement possible de!l’ancienne Troie, à Hissarlik, les fouilles du docteur Schliemann ont ramené au jour des vases primitifs à têtes humaines, où l’on voit que la première forme de vase a

Poteries et terres cuites trouvées à Suse (Perse) — (Époque Parthe)

pu naître de l'observation résumée de la forme humaine. Cette réunion du vase et de la statuette se retrouve dans tous les arts primitifs, si bien que Frohner a justement remarqué l'identité, pour le vase et pour la figure, des termes de col, lèvres, oreilles, panse, pied. La Femme nue portant un enfant, des premiers essais de figurines de l’île de Chypre, n’a-t-elle pas une apparence de bouteille à long goulot, bouchée d’une tête d'oiseau, el décorée d’ornements courbes qui figurent les bras de la femme et le corps de l'enfant? De même, les Lavandières réunies autour d'une

Vase à tête humaine d'Hissarlik, sur l'emplacement style 2éom étr1-

Possible de l’ancienne Troie d’ Homère — (fouilles de Schliemann)

Vase chypriote de haute antiquité

auge de terre cuite pourraient fournir le modèle d’une cave à liqueurs pourvue de flacons à goulots cannelés. On aura la hantise de ces objets enfantins devant les vases qui ne sont plus que des vases. devant les coupes qui sont des parües inférieures de vases, devant les vases de

que OD MES are listes chypriotes ont si bien représenté le poisson lui-même et le schema du poisson. «{l est difficile, — dit Ed- | Femme nue portant un

ARR ant (Haute antiquité mond Pottier, M

de déterminer ex-

actement l’époque de ce style primitif; mais par les rapports très étroits qu'il offre avec les antiquités de la Troade, il est permis de croire que nous nous trouvons en présence d’un art extrêmement ancien.» La

science allemande a conclu de cette

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Groupe de lavandières (Haute antiquité chypriote)

similitude que Chypre avait pu être occupée, avant la colonisation phénicienne, par une nation sémitique, également établie sur une parte du littoral de l'Asie mineure, et le savant auteur des

Vases de Chypre — Période du style géométrique

ment à côté des vases et des idoles de la

Troade,comme des produits apparentésetsans doute contemporains.»

Toutes ces figurines, qu'elles soient de terre cuite façonnée à Chy- P'ÉAROUMedEMOLONZE comme les divinités Syro-cappadociennes, de style dit hétéen, ont tout d’abord cette allure de jouets et cette res-

semblance avec les for-

Statuettes de terre cuite dans l'antiquité, sans essayer de préciser des dates en cette matière, reconnait «qu'entre tous les essais du monde gréco-oriental, ceux des artisans chypriotesse distinguent par un aspect singulièrement vénérable, qui permet {de les

ranger immédiate-

Statuettes de bronze — Divinités syro-cappadociennes — Style dit hétéen

mes effilées ou pansues des bouteilles et des vases, mais leur signi-

fication peu à peu se dégage, et voici trois personnages hétéens qui ont déjà un peu la tournure des dieux égyptiens si exactement construits et proportionnés. L’Asie nous fournira même de belles,

vivantes et étranges représentations de la

femme. Les Poupées d'argile aux bras articulés et les statuettes d’albâtre de la Vénus orientale trouvées ‘dans les tombeaux d'Hillah, construits avec des pierres du palais de Nabuchodonosor, sont les mêmes formes, enfantines et naïves, ou raffinées

de La Vénus orientale — Statuettes d'albâtre (Période gréco-babylonienne postérieure à Alexandre le Grand)

et précieuses, de l’éternelle beauté qui gouverne le monde. La femme debout, aux veux et au nombril enchassés de pierres précieuses, un collier d’or au col robuste, des pendants aux oreilles, une ceinture d’or à la taille fine, la chevelure diadémée d’un croissant de lune, les seins menus, les hanches larges, debout sur ses petits pieds, apparaît, dans sa nudité et dans sa vérité, plus

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