‹ Le palais du Louvre; architecture -- mobilier -- objetsChapitre 3 sur 57 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

se cru nécessaire, après les deux volumes de la Peinture et de la Sculpture du Louvre, d'écrire ce troisième volume consacré, tout d’abord au Palais du Louvre, à son architecture, à son histoire, puis à tous les arts du mobilier et de Fobjet qu'il expose à la curiosité et à l'admiration.

À dire vrai, ce volume devrait être considéré comme le premier - de la série. Il dit où et de quelle manière les œuvres possédées par le Louvre sont logées. II montre ensuite, par une illustration aussi abondante que possible, et par les exposés, les descriptions, les commentaires du texte, quels ont été les commencements du sénie humain en recherche, comment il s’est appliqué à façonner les premiers objets usuels, comment il a réuni peu à peu, avec une sage lenteur, avec une obstination admirable, la beauté à l'utilité, comment enfin, la décoration du temple et du logis, basée sur Pobservation de la vie et sur la nécessité de la mesure et de

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Cour du Louvre, partie Louis XIV — architecte Levau

l'harmonie, a donné naissance à tous les chefs-d’œuvre des arts plastiques. Ces chefs-d’œuvre, on les trouvera ici dans leurs menues proportions, avec leur grâce familière d'objets maniables, non seulement dans telles admirables figurines de l'Egypte, de la Grèce, de la Renaissance européenne, de notre XVIIIe siècle, mais encore dans tels objets usuels façonnés avec un goût, un amour, qui en font aujourd’hui, après que les siècles ont passé, des bijoux précieux, des merveilles de la vie de tous les jours.

Ce qui nous apparait prouvé, après cette revue des décors et des accessoires de l’existence passée, dans toutes les régions, à toutes les époques, c’est que la formation des styles ne dérive pas de plans combinés, mais d'efforts journaliers. Les artistes des temps préhistoriques. car 11 y eut des artistes parmi les peuples

7 ECTS

Salle du Tibre

qui nont pas laissé d'histoire, lorsqu'ils se furent avisés de décorer un manche de poignard ‘en bois de renne sans changer ni altérer sa forme, avaient tout naturellement découvert la loi simple et- essentielle de l’art décoratif. Chez tous les peuples qui sont ÉHUSdepuiS letqui ont eu, à un si haut desré, le sens de l’art, les Egvptiens, les Grecs, par exemple, 1l n’y eut aucune séparation entre l’usualité des choses et leur ornementation par lart. En vérité, les grands artistes qui nous ont laissé tant de bijoux, de vases, d'objets divers, si parfaits, n'ont certainement pas songé un seul instant à créer des objets d’art. Ils ornaient leur vie, et voilà tout. Il se trouve qu'ils ont fait davantage, qu'ils ont orné

la vie tout entière, à Jamais.

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C’est la grande leçon qui nous est donnée par les hommes qui nous ont précédés sur la grande route pénible et dans les sentiers ardus de la terre. Ces hommes, de tous les temps et de tous les pays, égyptiens, chaldéens, asiatiques de lextrême-Orient, grecs, romains, arabes, italiens, germains, flamands, espagnols, français du moyen-âge et d'hier, malgré qu'ils aient traversé les mêmes crises et connu les mêmes peines que nous, ont eu le temps et le courage de se recueillir, de parer d’une beauté touchante cette planète suspendue dans l’espace infini, sur laquelle ils passaient. Ils nous ont ainsi laissé un héritage à accepter et à augmenter. Imitons-les, si nous pouvons.

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Vase dans le Jardin de l'Infante

CONTE EZTEUT

Guichet du Pont des Arts (époque de Louis XIV)

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