‹ Le palais du Louvre; architecture -- mobilier -- objetsChapitre 31 sur 57 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

PEtrurie qui nous a révélé les plus beaux spécimens de l'art des céramistes de l’Attique. Mais comment ne pas retrouver l’art grec, même dans les vases reconnus étrusques, dans les vases rougeitres, les Jarres de terre cuite cannelées, ornées de dessins grecs archaïques, trouvées à Gervetri, où fut la nécropole de l’ancienne

Les Funérailles d’une jeune fille — Peintures étrusques sur panneaux de terre cuite — Nécropole de Cervetri. (VIe siècle avant J. C.)

Cæré; dans-les fameux «bucchero nero», vases de terre noire pénétrés par la fumée des fours après la cuisson. Ici, les dessins légèrement incisés, figures humaines, gorgones, bouquetins, Honnes, panthères, autruches, sangliers, chimères, griffons ailés, serpents, sphinx, hippocampes, taureaux; chevaux, sont pris à des vases des îles asiatiques et de la Grèce, de Rhodes, de Corinthe, de l’Ionie. Les coupes à supports, ou coupes à cariatides, seraient aussi

d’origine ionienne, et présentent des figures qui ont une parenté

nie

avec l'Egypte et l’Assyrie et que M. Edmond Pottier montre transmises par Part phénicien, mais la fabrication étrusque est ici certaine.

L'Etrurie manifeste encore son art en manifestant ses mœurs, non seulement par ses tombeaux aux statues couchées de grandeur humaine, mais ‘par ses boîtes funéraires, ses coffrets, ses vases destinés à contenir les cendres des morts. Les vases en terre cuite,

Fragment de décoration d’une maison de Pompéï

en pierre, en bronze, avaient parfois la forme de têtes humaines. Les boîtes et les coffrets devenaient de petits tombeaux supportant un de ces personnages à grosses têtes par lesquels les Etrusques, livrés à leur propre inspiration, essayaient la reproduction véridique de la vie. Ces tombeaux minuscules équivalent à ces boîtes de forme gothique comme on en voyait encore récemment dans certains cimetières bretons, et qui contenaient une tête de mort avec cette indication: «le Chef de M. X....» La boîte funéraire des Etrusques s’ornait, non seulement, du portrait du défunt en statuette couchée,

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mais de bas-reliefs directement copiés des Grecs. On croit aussi que les Etrusques moulaient les visages des morts, et le Louvre possède deux têtes de femmes où l’on voit deux spécimens possibles de ces moulages.

Pour le commerce des objets en métal, l’Étrurie fût vite acha-

Fresque d'une maison de Pompét

landée. Tout d’abord, il lui fallut faire venir, aux VII‘ et VI siècles, par les navires de Grèce et d'Asie, des feuilles de métal dont elle fabriqua des dieux, des fournitures de guerre et des ustensiles de ménage, mais au V° siècle, des mines de cuivre furent découvertes à Volaterræ, et les Etrusques purent exécuter d'énormes commandes d'armes, de statues, d'objets de toute nature. Ce qu'ils ont laissé de plus personnel, ee sont des cistes el des candélabres. Les cistes, boîtes cylindriques ou ovoïdes, décorées de dessins

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Vases à verser et à boire, du trésor de Boscoreale

incisés, animaux et personnages, munies de couvercles sur lesquels se dressaient, pour servir de poignées, des figurines se tenant par les épaules, servaient aux femmes pour enfermer leurs objets de toilette. Les candélabres, qui eurent l'honneur d’être

adoptés par Athènes, faits de tiges minces et hautes, leur équilibre

assuré par une triple patte massive, se terminaient en plusieurs

branches à têtes d'oiseaux ou de serpents, qui portaient les

lumières, et que dominait une figurine.

Les bijoux étrusques sont restés célèbres, bien qu'ils ne soient

que des imitations des bijoux grecs, et qu'ils visent plus à Peffet,

au «vovant». au’à l’art. Ce sont des colliers à bulles. des chaînes Fr) 3

faites de losanges, de barillets, de grains d'olives, de rosaces, des

pendentifs qui sont des petites têtes ou des masques. L'un de ces

colliers, au Louvre, porte suspendu le Bacchus barbu, aux cornes el

aux oreilles de taureaux. Ce sont aussi des ceintures, des broches,

des bracelets, des anneaux, des bagues: on en ornait même les statues des déesses. Des chaînes aux larges tresses, aux gros fermoirs, couvraient le cou, Îles épaules, la gorge, et même les hanches des

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La peinture décorative fut apprise à l’Etrurie par des Grecs céramistes établis chez elle, en colons. On en fit un usage permanent pour les parois des chambres funéraires. Les plaques peintes de Cervetri, aux colorations noires, blanches, rouges, jaunes, représentant les funérailles, les préparatifs d’incinération d’une Jeune fille, et le retour de celle-ci vers sa famille sous la forme d’une petite figure volante, sont un exemple de ces peintures funéraires.

L'intérêt de ces peintures des tombeaux est de nous renseigner sur quelques aspects de cette vie étrusque, qui estorestee mystérieuse, sans langage et sans histoire. Mais la peinture antique apparait plus significative et plus

ogracieuse dans la

Miroir en argent, du trésor de Boscoreale

décoration de Pompéi. On aperçut là que toutes les maisons étaient décorées, que chaque mur était un panneau. Au Louvre, on a quelques spécimens de ces décorations architectoniques fantaisistes, où des colonnettes, des galeries sont reliées par des ornements, où des masques, des oiseaux, des animaux apparaissent suspendus ou errants dans l’espace. Les décors sont généralement maigres et fades, mais ils dénotent le sens décoratif, ils ont la discrétion et la mesure. Et deux femmes jouant avec une chèvre montrent très heureusement une souplesse et; une science qui n’ont .cerlainement pas manqué à la peinture antique.

L'art de Rome et de l'Italie ne serait représenté, par ces peintures

et par ‘de menus objets, qu’assez strictement au Louvre, si nous n'y possédions le trésor des objets d'argent et d’or découverts à Boscoreale: phiales ornées, l’une d’un buste de l'Afrique, l’autre d’une tête d'homme traitée avec la précision d’un portrait; vases à verser le vin en forme d’aiguières avec les figures de Victoires sacrifiant devant l’hotel de Minerve: vases à boire en forme d’écuelles, ornés de Bacchus et d’Amours; d’autres, ornés de squelettes élégants et railleurs, encadrés de guirlandes de roses, avec des inscriptions de ce genre en grec: Réjouis-loi pendant que tu es en vie — Le vie est un théâtre — C’est là l'homme. D’autres vases à boire sont garnis de rinceaux, de feuillages, d'oiseaux, d'animaux, de cigognes, de lièvres, de feuilles de platanes, de

fleurs de lotus, de branches et de fruits d’oliviers HERO OMANCERE CENTRE EUR RÉNRO QAIEE

en haut-relief. Des miroirs ronds à main présentent un côté convexe brillant où celui qui regarde voit son image réduite, et un côté concave rempli par un buste de Bacchante, une figure de Léda. Avec les objets de luxe, il en est d’autres, très charmants, d’une utilité journalière, des petites coupes, des salières, des supports, des coquetiers, des patères, des plats, des cuillères, des passoires, des formes à pâtisserie, des tasses, des soucoupes. Les bijoux d’or de Boscoreale consistent en une chaîne double, quatre bracelets, des pendants d’oreilles, un anneau. L'art néo-grec et l’art alexandrin sont mélangés ici par le sérieux et pratique esprit romain. Un nom de femme, Maxima, revient quarante-cinq fois, en toutes lettres ou en abrégé, sur les pièces d’argenterie. Les bijoux ont

été trouvés dans le réservoir à vin, auprès de l’argenterie, sur l'emplacement de la villa rustique de Boscoreale. Et dans la cour intérieure des pressoirs à vin, on a découvert un cadavre de femme paré de boucles d'oreilles d’or et de topazes, probablement cette Maxima qui avait inscrit son nom et l’abrégé de son nom sur les pièces d’argenterie qui faisaient la joïe de ses

convives et l’honneur de sa maison.

Verses à boire, du trésor de Boscoreale

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