‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 29 sur 96 · DEUXIÈME PARTIE. — DAPIINÉ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DAPIINÉ

Venons maintenant à la description de Daplmé.

La relation que fait Cédrénus de la sédition qui renversa Michel Calafate et les documents que nous produirons plus loin établiront qu'on abordait le palais impérial par le forum Augustéon , par l'Hippodrome et par le Tzycanistérion 2. En arrivant par l'Hippodrome, on entrait dans la partie du palais désignée sous le nom de Daplmé. C'est ce que nos lecteurs ont déjà appris par l'itinéraire que suivit l'empereur Théophile pour rentrer dans le palais, après qu'il eut traversé l'Hippodrome3.

De ce côté , l'entrée de la demeure impériale était fermée par une porte de fer (n° 39) , que Théoctistos, ministre de l'impératrice Théodora, mère et tutrice de Michel III (842 f 867), avait fait établir pour la sûreté du palais; il avait confié la garde de cette porte et du palais de Daplmé à un concierge spécial 4. Au delà de la porte de fer existait une vaste cour (n° 41). De cette cour on passait dans l'Hippodrome du palais (n° 42) , qu'on appelait aussi l'Hippodrome couvert et l'Hippodromios ou petit Hippodrome. C'était un vaste espace abrité par une toiture. Il recevait le nom d'Hippodrome, parce que depuis Constantin, qui l'avait fait établir, jusqu'à l'impératrice Irène, femme de Léon IV (f 780) , il avait servi aux exercices hippiques des empereurs 5. Sa destination avait changé depuis : c'est là que les personnages qui arrivaient au palais par la porte de Daphné descendaient de cheval et laissaient leur monture.

Avant de poursuivre la description de Daplmé , nous devons faire une observation importante. On a vu que pour aller de la première partie du palais, qui était de niveau avec le forum Augustéon, à la cour de l'Onopodion (n° 36), qui séparait Chalcé de Daplmé et donnait accès dans le triclinium de l'Augustéos, il avait fallu monter des escaliers qui se trouvaient au fond du grand Consistorion (n° 32). Le triclinium de l'Augustéos et les autres pièces du palais de Daphné, les galeries qui en dépendaient, le péripatos qui con-

1 De cer. mil. Byz., lib. I, cap. lx, p. 275.

2 Voyez chapitre IV, § i.

3 Voyez ci-dessus chap. II, § x, p. 52.

4 Geougius Monachus, De Michaele et Theodora, § vi, ap. Script, post. Thcoph.; Paris., p. 529; Bon., p. 816.

5 Codin., De œdificiis; Paris., p. 51 ; Bon., p. 101.

duisait à l'église Saint-Etienne et cette église (nos 48, 50, 51, 44, 52 et 54), avaient clone été édifiés au-dessus d'un étage de rez-de-chaussée, afin de pouvoir dominer le grand Hippodrome. Notre plan ne pouvant reproduire que les pièces supérieures de Daphné, nous allons d'abord les décrire ; nous parlerons ensuite de l'étage inférieur.

Au fond de l'Hippodrome du palais (n° 42) se' trouvait une porte d'ivoire (n°43) qui s'ouvrait sur un escalier par où l'on montait dans les galeries de Daphné (n° 44) , vaste promenoir à ciel ouvert intermédiaire entre la Phiale (nos 60 et 61) , dont nous parlerons plus loin, et le palais de Daphné (nos 48 à 51). Il y avait là une statue de la nymphe Daphné, qui avait été apportée de Rome. La statue donna son nom à cet héliacon et à toute la seconde partie du palais impérial

On trouvait dans les galeries de Daphné trois édifices religieux : l'ancien naos de la Mère de Dieu (n° 45), l'oratoire de la Sainte-Trinité (n° 46) et le Baptistère (n° 47). De ces galeries, on entrait dans le palais de Daphné, qui comprenait le triclinium Augustéos, le salon octogone et le Coiton. Le triclinium Augustéos (n° 48) était une vaste galerie dans laquelle l'empereur recevait les hommages des fonctionnaires; elle servit plusieurs fois au couronnement des impératrices 2. On y entrait des galeries de Daphné (n° 48, A), mais l'entrée principale était sur la cour de l'Onopodion, où s'élevait un portique qui portait le nom de Main-d'or (n° 49) ; on traversait ce portique lorsqu'on arrivait par le vestibule de la Chalcé (n° 20) et le grand Consistorion (n° 32) .

A la suite de l' Augustéos se trouvait un vaste salon de forme octogone, et que par cette raison on appelait l'Octogone (n° 50). De ce salon, on passait dans une chambre particulière, qui recevait le nom de Coiton de Y Augustéos ou celui de Coiton de Daphné (n° 51). Lorsque l'empereur revenait de Sainte-Sophie ou de la ville, en cérémonie, par le vestibule de la Chalcé et le Consistorion, il traversait l'Onopodion, l' Augustéos, l'Octogone, déposait sa couronne et le costume impérial dans le Coiton, et prenant là un vêtement ordinaire, il traversait les galeries de Daphné et rentrait dans le Palais-sacré.

Au delà du Coiton, un long péripatos, passage à ciel ouvert (n° 52) qui devait être bordé d'une galerie couverte, joignait le palais de Daphné à l'église Saint-Etienne, qui en dépendait. Nous avons déjà dit qu'une porte du grand triclinium des Dix-neuf-lits (n° 38, D) donnait sur ce péripatos; ainsi l'empereur, après avoir revêtu le costume impérial et pris la couronne dans le Coiton de Daphné, pouvait entrer dans les Dixneuf-lits et s'asseoir sur son trône sans passer par le portique de ce triclinium (n° 38 , A) , où se tenaient les dignitaires que l'empereur devait recevoir.

Un escalier (n° 53) permettait de monter de la première cour de Daphné (n° 41) sur le péripatos qui conduisait à Saint-Etienne.

L'église Saint-Etienne (n° 54) avait été bâtie par Constantin. Elle s'élevait au-dessus de

1 Anonym., Ant. Constant., ap. Banduri, Imp. Orient., Yih. I, p. 9. 1 De cer '. aul. Byz., lib. I, cap. xl, p. 202 et seq.

Page 1