‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 60 sur 92 · L'ONOPODION; L'EXAÉRON ET LE TRICLINIUM DES DIX-NEUF-LITS · texte numérisé non relu

L'ONOPODION; L'EXAÉRON ET LE TRICLINIUM DES DIX-NEUF-LITS

On a vu, par les citations précédentes, que l'Onopodion (n® 36), Ta 'OvoikJSiov, qu'on appelait aussi l'Onopos, ô 'Ovdicoç *, séparait le Gonsistorion (n^ 32) du triclinium de l'Augustéos (n® 48). Aucune qualification n'est donnée, par l'auteur du livre des Gérémonies, à l'Onopodion; il se contente de le nommer sans le qualifier de triclinium, de coubouclion ou d'héliacon. Dans un seul passage, au lieu de transcrire simplement le mot onopodion, comme partout ailleurs, il dit : « Le trésorier avait décoré ce qu'on » appelle l'Onopodion, tô XeY^t^evov 'Ovou^Stov, de tentures tirées du Ghrysotriclinium*. » Gomme l'Onopodion n'était qu'un lieu de passage, que le portique du palais de Daphné y était élevé, et que d'ailleurs il communiquait avec l'Exaéron, espace à ciel ouvert, sans qu'aucune porte ou clôture soit signalée entre ces deux localités, nous avons pensé que l'Onopodion ne pouvait être qu'une cour ou pour mieux dire qu'une terrasse ou héliacon qui servait d'atrium au palais de Daphné. L'Onopodion étant beaucoup plus

*■ De cer, auL Byz., lib. I, cap. i, p. 26.

' De cer. auL Byz., lib. I, cap. i, p. 7; cap. xxvi, p. 143; cap. xxzv, p. 181 et passim.

' De cer, oui, Byz., lib. II, cap. xv, p. 573.

élevé que le Gonsistorion, devait avoir été établi au-dessus de voûtes qui formaient un étage inférieur.

De rOnopodion on montait par quelques degrés dans Tatrium du triclinium des Dix-neuf-lits'. Cet atrium (n^ 37) reçoit les noms d'Exaéron, xà 'E^dcepov', ou d*Araia, il 'Apa(a, qui vient du mot latin area. On y établissait dans certaines occasions un tribunal pour l'empereur.

Lors de l'élection d'un césar, les hauts dignitaires et les che& de Tarmée (c se réunissent )) devant le tribunal de TAraia, qui est en dehors des Dix-neuf-lits, tlç t& Tpi6ouvaXiov n TYJç 'Apa(ac 2H<o6ev tcov kO ' àxou6(T(ov '• » Ces noms d'Exaéron et d' Aréa disent bien que Tespace qui s'étendait au-devant du triclinium des Dix-neuf-lits était à ciel ouvert : la Phiale mystérieuse du Triconque, qui était à ciel ouvert, reçoit aussi quelquefois le nom d'Exaéron * et Ton trouve le nom d'Héliacon appliqué au sol même de l'Exaéron des Dix-neuf-lits*.

Le grand triclinium ou tribunal des Dix-neuf-lits (n® 38), ta TpiëouvdtXiov xâv i6' âxxou6(T(i)v, ô [iJrfaç Tp{xXtvoç tcov tO' àxxou6(Ta>v et dbcouêfxcov, ta Sexoewia àxxou6(Ta*, avait été bâti par Constantin''. C'était, au dire de Luitprand, un très-bel édifice, fort élevé, qui était situé près et au nord de l'Hippodrome ^. On a vu, par les citations précédentes, que le triclinium des Candidats avait une porte de sortie (n^ 28, B) sur l'Exaéron qui 8'étendait au-devant des Dix-neuf-lits, et que cet Exaéron touchait à l'Onopodion (n° 36). Du côté de l'Hippodrome, c'est-à-dire au midi, le tribunal des Dix-neuf-lits s'élevait sur le Péripatos du palais (p? 52) ; c'est ce que viennent prouver plusieurs passages du livre des Cérémonies. Ainsi l'empereur devant faire une réception dans les Dix-neuflits , les dignitaires et les sénateurs se réunissent dans le portique de ce triclinium , év t$ ic^pTYixi, et dans l'Onopodion. Lorsqu'ils y sont rassemblés, l'empereur, qui se tient dans le coiton de Daphné (n^ 51), en est prévenu; il revêt alors son costume, et, suivi de ses officiers, il passe par le grand accoubiton des Dix-neuf-lits (n® 38, C), et va s'asseoir dans le triclinium (n^ 38, B), sur un siège d'or. C'est alors seulement que les diâtérents ordres de dignitaires sont amenés devant lui par le Préposé, qui va successivement les chercher dans le portique où ils se tiennent *•

* De cer. oui. Byz.^ lib. I, cap. i, p. 9 et 26; cap. ix, p. 62; cap. xliii, p. 218.

' De cer. auL Byz.y lib. I, cap. i, p. 20. — Du Gange, Gloss.^ donne au mot IÇoepov la signification de locus subdivusy atrium.

* De cer, oui, Byz., lib. I, cap. xliii, p. 218.

^ Anonym., De Theophilo, ap. Script, post Theoph,, lib. III; Paris., p. 87; Bon., p. 141.

* De cer. oui. Byz., lib. I, cap. xuii, p. 218, 222 et 226.

* Theophanis Chronogr., Paris., p. 342. — De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 22, et cap. xlui, p. 218. — ÂNONiM., De Constant. Porphyr., ap. Script, post Theoph., lib. VI; Paris., p. 291; Bon., p. 467.

' GoDiN., De originibus; Paris., p. 9; Bon., p. 18.

* LuiTPEAifDi Antapodosis, lib. VI, % 8, ap. Pertz, Monum. Germ. hist., t. V, p. 338.

* De cer. aul. Byz,, lib. I, cap. i, S H» P- ^-

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