LE PÉRIPATOS DU PALAIS
était encore nommée ^ à cause sans doute de sa situation, Saint-Étienne de THippodrome et TËglise de THippodrome '. Elle était comprise dans la seconde partie du palais qu'on désignait sous le nom de Daphné, et les auteurs, pour la distinguer des nombreuses églises qui étaient dédiées sous le vocable du premier martyr, Tappellent Saint-Etienne dans Daphné ou dans le palais de Daphné, ô ''Ayio^ 2T£(pavoç dç Ti?jv Adc^ vtjv, iv Tcp icaXaT((f> TYJç Adc^vYjc *• Elle avait été bâtie par Constantin ' ; son style devait être celui des anciennes basiliques romaines.
Saint-Etienne cependant ne touchait pas immédiatement au palais de Daphné. Un assez grand nombre de passages du livre des Cérémonies, que nous avons déjà cités, le prouvent suffisamment. Ainsi Ton a vu que des fonctionnaires, qui sortaient du Palaisr^acré par le vestibule des Scyla (n^ HO), s'en allaient par THippodrome du palais (n^ 42) à Saint-Étienne , et qu'après y avoir prié, ils revenaient à l'HippodroiDe du palais, et sortaient par la Thermastra (n*^ 58) et le Consistorion (n** 32), d'où l'on pouvait arriver au vestibule de la Chalcé. Nous avons également établi que le triclinium des Dix-neuf-lits (n^ 38) avait une entrée particulière sur un passage qui servait de communication entre le palais de Daphné et Saint-Étienne. Il est donc constant qu'il existait un espace à parcourir entre ces deux localités. Quelques passages des auteurs ne peuvent d'ailleurs laisser aucun doute à ce sujet. Ainsi Théophanes, après avoir rapporté qu'Irène fut couronnée dans le triclinium de l'Augustéos, ajoute : « Et » s'en étant allée, àueXOoiSaa , à l'oratoire Saint-Étienne, elle y reçut les couronnes » de noces de Tempereur Léon (f 780) *. » L'expression dont il se sert semble bien indiquer un chemin parcouru entre le palais de l'Augustéos et Saint-Étienne.
En rendant compte de la marche de l'empereur pour aller de son appartement particulier àj Sainte-Sophie; le livre des Cérémonies dit : « Les officiers préposés aux » vêtements de l'empereur prennent le costume impérial et vont le déposer dans le )) salon octogone qui existe dans le palais de Daphné, c'est-^à-dire en face du naos de » Saint-Étienne, irpà toO vaoO xou 'Ayfou Sreçàvou *. m La préposition irpd, qui signifie devant, en avant, au-devant de, en présence de, n'indique pas la contiguïté des deux localités, mais bien qu'elles s'élevaient en face l'une de l'autre.
L'espace qui existait entre le palais de Daphné et Saint-Étienne n'était autre que le Péripatos du palais, Ô IlepfeaTo; toO iraXaxfou (n® 52), qui longeait le triclinium des Dix-neuf-lits et passait en arrière de la Chalcé (n^ 20). Codin, en parlant des statues
* De cer. oui. Byz.j lib. I, cap. xcvii, p. 442, et cap. xlviii, p. 251.
* Theopuan. Chronogr.; Paris., p. 687; Bon., p. 374. — Léo. Gram. Clvronogr.; Paris., p. 458; Bon., p. 230. — De cer. aul. Bjrz.j lib. I, cap. xxxiz, p. 196.
* Amontm., jint. ConsL, ap. Banduri, Imp, Orient., Kb. I, p. 8.
* Theophan. Chronogr.; Paris., p. 374; Bon., p. 687*
* De cer. auL Byz., lib. I, cap. i, p. 7.
140 PREUVES ET ËGLÀIRGISSEMENTS.
qui existaient dans ce vestibule, indique bien la situation de ce Péripatos. « Les sta- » tues de Zenon et de sa première femme, Ariadne, existent près de la porte de la » Ghalcé. Plus haut dans la Ghalcé, du côté et près du Péripatos du palais, est » érigée la statue de la célèbre Pulchérie '• » Ainsi cette statue se trouvait élevée vers le fond du vestibule de la Ghalcé, non loin du Péripatos, et si le lecteur veut consulter notre plan, il verra que le Péripatos qui unit le palais de Daphné à Saint- Etienne touche, dans sa partie large, à Tabside de la Ghalcé.
Le Péripatos était certainement à ciel ouvert. Nous avons figuré sur notre plan des galeries à colonnes, qui permettaient à Tempereur d'aller à couvert du palais de Daphné à Saint-Etienne et au triclinium des Dix-neuf-lits.
Pour terminer tout ce qui a rapport à cette partie du palais, il nous reste à dire quelques mots du palais du Gathisma.