LE NAOS D'ÉLIE THESBITE
Disons la fin de cette tragédie. Une fois que les conjurés furent tous réunis sur la plate-forme du château, ils se portèrent, Tépée à la main, vers la chambre à coucher de Tempçreur. Ne le trouvant pas dans son lit, ils se crurent découverts et allaient prendre la fuite en se précipitant du haut des murs dans la mer, lorsqu'un petit eunuque, sortant de Tappartement des femmes, vint à leur rencontre et les conduisit dans la chambre où reposait l'empereur. Nicéphore dormait d'un profond sommeil et n'entendit pas entrer les conjurés. Zimiscès le réveille d'un coup de pied, et, comme il levait la tête, Léon Abalantios lui fend le crâne d'un coup d'épée; on le traîne aux pieds de Zimiscès, qui l'accable d'injures et de reproches. Comme au milieu des mauvais traitements qu'il endurait, Nicéphore invoquait Dieu et la Sainte Vierge, les conjurés lui brisent les mâchoires avec le pommeau de leurs épées ; enfin , l'un d'eux l'achève d'un coup de lance à travers le corps.
Au commencement du treizième siècle, le palais du Boucoléon était encore une forteresse importante. Lorsqu'en 1204 les croisés français et vénitiens eurent escaladé les murs de Constantinople et pénétré dans la ville , l'empereur Murtzuphle se retira avec ses gens au château du Boucoléon '. C'était bien là, comme on le voit, la foiv teresse impériale, et Ville-Hardoin lui donne le nom de castel : « Li marchis Boni- )> faces de Monferrat chevaucha toute la marine droit vers le palais de Bouche-de-lion ; et » quant il vint là, si li fu li palais rendus, sauves les vies de cens qui dedans estoient. » Là furent trovées les plus hautes dames dou monde qui estoient afuies ou chastel '. » Le château des Blaquernes se rendit à Henri de Flandre. Ces deux châteaux sont les seuls qui soient mentionnés" par les auteurs; aucun ne parle d'une citadelle qui aurait été située sur une éminence dans la ville.