‹ Le palais législatif de QuébecChapitre 5 sur 20 · DÉCORATIONS EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

DÉCORATIONS EXTÉRIEURES

Comme tous les architectes modernes, Tartiste qui a conçu le projet de cet édifice est un éclectique. Il a trop de goût, cependant, et il est trop instruit pour donner dans cette confusion de genres oîi Ton

dMoription des armes de la province de Québec, telles que décrites dans ce mandat royal :

'* D'or, à la fasce de gueules chargée d'un lion d'or passant regardant, accompagnée en chef de deux fleurs de lis d!azur, et en pointe de trois feuilles d'érable sinople tigées."

Ces armes reçurent, en 1883, l'addition de la devise " Je me souviens," qui résume si admirablement la raison d'être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme pro. vinoe distincte dans la Confédération.

M. Kugène Taché avait dressé le projet de la façade du PalalH LégUlaiif de Québec et y avait introduit les armes é^ 1» province avec cette devise : ** Je me souviens," dont

s'égare souvent aujourd'hui,— confusion, que l'on peut tolérer dans un édifice à destination ordinaire, mais qui devait être évitée dans un monument consacré aux labeurs patriotiques de la législation et au souvenir des fastes historiques de notre pays.

Le style de THôtel du Gouvernement peut être appelé style renaissance française du XVIIe siècle. Car la renaissance des

il est Pauteur, et qui était alors inconnue. Les plans et devis préparés par M. Taché, architecte, M. J.-B. Derotne, ingénieur, MM. Cousin, Trudelle, Saint-Michel et autres dessinateurs, servirent de base et furent annexés au contrat relatif à l'érection du Palais Législatif, — contrat qui fut passé devant M. Cyrille Tessier, notaire, le 9 février 1883, sous Pautorité d'un arrêté clu Conseil Exécutif dîi 22 janvier de la même année, et signé par M. Alphonse Charlebois, entrepreneur de travaux, d'une part, et, de la part du gouvernement, par l'honorable Elisée Dionne et M. Ernest Gragnon, le premier comme commissaire et le second comme secrétaire du département des Travaux publics. Les parties signèrent aussi les plans annexés au contrat, sur lesquels étaient dessinées les armes de la provinee et la devise "Je me souviens." On peut donc dire que c'est à partir du 9 février 1883, date de la signature du contrat relatif à la construction de cette portion de l'Hôtel du Gouvernement qui est appelée le Palais Législatif, que cette devise: "Je me souviens" a revêtu un caractère officiel .

formes classiques s'est manifestée de diverses manières, en France, en Allemagne, en Italie, etc. ; puis ces manifestations se sont successivement modifiées et ont formé en quelque sorte des époques secondaires dans répoque générale.

La façade principale du vaste carré de l'Hôtel du Gouvernement est remarquable par les belles proportions de sa tour centrale, dédiée à Jacques Cartier, par la pureté de lignes des avant-corps accolés à cette tour, — dédiés, l'un à Champlain, l'autre à Maisonneuve, — par l'élégance des pavillons des angles et par tout l'ensemble de l'ornementation.

Au rez-de-chaussée du campanile, ou tour centrale, se trouve l'entrée d'honneur par laquelle le Lieutenant-Gouverneur se rend au Conseil L»'gislatif pour y rencontrer les membres des deux Chambres de la Législature, dans les grandes céréuionies officielles du commencement et de la fin de chaque

session.

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Au centre de l'entablement du portique

de l'entrée d'honneur sont sculptées, dans \ù calcaire de Deschambault, les armes de là province de Québec, avec la devise : ^^ Je me souviens." Cet entablement est soutenu, de chaque côté, par des colonnes accouplées, d'ordre ionique, en granit vert poli de Quincy (Massachusetts), et par des pilastres accouplés correspondants, de même matière.

A droite et à gauche de cette entrée principale se dressent des piédestaux engagés dans le soubassement en forme de contreforts, qui attendent les statues des grands hommes de la génération actuelle et dés générations de l'avenir. On a exprimé l'idée que l'accès devait en être interdit aux contemporains de leur vivant.

Les niches pratiquées dans la maçonnerie de la façade du campanile et des avantcorps de centre, devront contenir les statues de Jacques Cartier, le découvreur du Canada ; de Champlain, le fondateur de Québec ; de Maisonneuve, le fondateur de Montréal ; de Laviolette, le fondateur des Trois-Rivières ; de Pierre Boucher, gouverneur des Trois-

Eivières, type accompli de Tancien seigneur canadien ; puis celles du père de Brébeuf, le grand jésuite martyr, du père récollet Nicolas Viel, noyé par les Sauvages dans les raj)ides appelés depuis Sault-au-Récollet ; de Mgr de Montmorency -Laval, le premier évêque de Québec ; de M. Olier, le fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice et de la Compagnie de Notre - Dame de Montréal ; enfin celles de Frontenac, de Lévis, de Wolfe, de Montcalm, et de deux célébrités du dix-neuvième siècle : Lord Elgin et le colonel Charles-Michel de Salaberry.

Les armes de chacun des personnages dont on vient de lire les noms, — celles de leur famille ou celles de leur ville ou de leur institut, — sont sculptées dans la pierre, audessus de chaque niche. ^ La disposition d^

1 On a aussi sculpté dans la pierre les devises ile plusieurs de ces personnages. En voici quelques-unes : Laval : Dieu ayde au premier baron chrestien ', Montcalm : Mon innocence est ma forteresse, et Draconis extincior ; Elgin : Fuimus : Salaberry: Force à superbe, mercy à f cible. La devise des Jésuites est : Ad majorem Dei Gloriam ; celle des Franciscains (Récollets) : Absit mihi gloriari nisi in cruce D, N, J, C. ; celle de la famille de Lévis : Dieu ayde au second chrestien Lévis.

DE QtrÉBirc Î9

ces nichea et de ces statues mdîqii^ une perception très nette des grandes lignes âé l'histoire du Canada ; on remarque auééi dans leur distribution un paralliélisme qtA dénote une main sûre.

Dans les trumeaux de chaque étage et jusque sur les murs de l'attîquè de cette façade principale, des trophées entourés dé feuille de chêne, des cartouches, des panoplies et des draperies flottantes, pbttebt, sculptés eh relief, les armoiries et ïés noms des gouverneurs et lieutenants - royaiïjè Mon tmagny ,d' Aillebou st,d' Argen soto,Ti*âcy , Callières, Vaudreuil, Murray, Dorcheôtêt; Prévost, Bagot ; des découvreurs MatquèiîtiÈr; Joîîétte, LàVérenderye, LaSalle ; de Tîntén:dânt Jean Talon ; des hommes de guerre Dâùlac, Beaujeu, Hertel, d'Ibervilîé.

La lanterne du campanile, formée (f un étage d'ordre corinthien et d^ùii àttique, esîÉ flanquée aux angles de quatre tourelles en échauguettes, et percée d'un œil-de-boèuf sûr chacune de ses faces. L'une de ces ouvertures, sur la façade principale, est cepéû-

dant masquée par un écusson de forme elliptique qui contient les armes royales sculptées en haut relief. La clef de T encadrement de cette ouverture porte le monogramme " V. R." surmonté d'une couronne impériale.

La statue de Jacques Cartier sera placée immédiatement au-dessous, dans une ordonnance de style corinthien.

Les cadrans transparents de Thorloge du campanile sont éclairés le soir par une lampe électrique placée à l'intérieur de la tour. A droite et à gauche de ces cadrans, des flam?

beaux à la flamme ondoyante, emblèmes de la fuite du temps et de la vie qui se consume sans cesse, sont sculptés dans la pierre.

Les attiques des avant-corps accolés au campanile sont divisés en trois arcades séparées par des pilastres d'ordre corinthien.

Dans les arcades centrales se trouvent les niches qui doivent recevoir les statues de Champlain et de Maisonneuve.

Le fronton de l'avant-corps dédié à Champlain est surmonté d'un beau groupe eu

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brôtiae d^ M. Philippe Hébert : La PoéHe et r Histoire; un autre groupe en bronze d'à même auteur : La Religion et la Patrie^ couronne le fronton de Tavant-corps dédié à Maisonneuve.

En face de l'entrée d'honneur^ au pied du campanile, et établie dans la déclivité du terrain, se trouve la fontaine monumentale dédiée aux races aborigènes du Canada dont il a été parlé plus haut. Son portique, qui ejît d'ordre toscan, est orné, au «ommet, d'un groupe en bronze représentant une famille indienne. Tout au bas, au fond de la pièce d'eau formée par une vasque quasi elliptique de quarante-cinq pieds de longueur, sur vingt-huit de largeur, un antre bronze, un ** pêcheur à la nigogue " ou harponneur indien, dardant un poisson au milieu d'une cascade, complète l'ornementation de ce gracieux hors-d'œuvre.

Voici la liste des statues exécutées par M. Philippe Hébert qui sont déjà placées au Palàia Législatif :

Campanile : — Wolfe, Montcalm.

Avant-corps Champlain : — Frontenac> Elgin, La Poésie et V Histoire,

Ayant-corps Maisonneuve : — Lévis, Salaberry, La Religion et la Patrie.

Fontaine : — Une famille indienne. — Un harponneur indien.

Les maquettes de chacune de ces statues ont reçu rapprobation d'un comité nommé par le gouvernement et composé de M. Siméon LeSage, assistant-commissaire des Travaux publics, de M. Eugène Hamel, artistepeintre, et de l'architecte, M. Taché, assistant-commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries, j

Des piédestaux en granit rose, posés en bordure sur l'allée de la Fontaine, à droite et à gauche de la vasque, attendent des éolonnes torses qui, dans les dessins de M.

Taché, sont surmontées de lampes grecques.

Colonnes et lampes devront être en bronze.

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