Mercure galant, juillet 1689, p
garny d’une porcelaine et de la soucoupe, deux éventails et deux boètes de la Chine. — Mademoiselle de Melun, un cabaret garny de porcelaine, et un éventail.— Madame d’AUeuy, une étoile en poinçon. — Mademoiselle de Pienne, une busquière de toutes pièces. — Mademoiselle de Clisson, deux petites jattes de la Chine, une paire de flambeaux de vermeil, et quatre paquets de bougie. — Mademoiselle de Rouvray, une samaritaine émaillée d’or, enrichie de diamans. — Madame de Lisconef, six plats de porcelaine. — Mademoiselle Souccllc, une grande cave d’argent garnie de plusieurs pièces d'argent. — Madame Menneser, un petit cabinet de la Chine, garny de scs tiroirs, et un éventail. — Madame de Beauvais, un coffre de calembourg garny d'argent, plusieurs paires de gans et un éventail. — Mademoiselle des Bordes, une boète de la Chine et deux éventails. — Mademoiselle de Busca, une étoile en poinçon. - — Madame de Furstemberg, une boète de la Chine garnie d'un étuy de vermeil, de deux paires de gands, d'une petite boète de la Chine et d’un éventail. — Madame de la Fare, un diamant incarnat. — Madame de Bullion, une jupe de brocard d'or. — Mademoiselle de Ventadour, un flacon d’or. — Mademoiselle de Mennetout, un bandège garny de deux lasses et de deux soucoupes, une paire de gands et un éventail. — Mademoiselle de Fontenay, une agaçante de diamans. — Madame de Tambonneau, une robe de chambre de brocard d’or. — - Madame du Rouvre, une croix de rubis et de diamans avec son coulant.
N’y a-t-il pas de quoi être ébloui de la richesse de tant de cadeaux? Les loteries de Monsieur, au Palais-Royal, valaient, certes, celles que le roi donnait à Versailles. Celle-ci, outre qu’elle nous montre très au complet la société de femmes que recevaient le duc et la duchesse d’Orléans, nous renseigne sur la mode qui faisait alors fureur de collectionner des porcelaines de la Chine. Le frère du roi avait été un des premiers à en donner l’exemple, et son palais était littéralement rempli de ces objets de curiosité, ainsi qu’en témoigne son Inventaire . Connaissant cette passion, ses flatteurs ne cessaient de lui en envoyer. Tantôt c’est Mme de Quintin, femme aimable et spirituelle, « magnifique eu tout, en porcelaines, eu diamants, en étoffes des Indes1, » c] 1 1 i lui en adresse un lot, comptant bien, dit Saint-Simon, « sur un retour avantageux2. » D’autres fois, il en achetait lui-même chez les marchands qui étaient le mieux achalandés, tels que Dorigny, rue Quincampoix, ou Lait lier, ou Mllc Lebrun, chez qui s’approvisionnaient tous les curieux du laehinage, comme on disait, dont le nombre devint tel, et qui firent tant de folies, qu’une déclaration royale du 2 juillet 1709 finit par défendre l’importation des faïences, porcelaines et poteries étrangères3.