LE PORTRAIT DE RICHELIEU
Peint dans la Galerie des Hommes illustres Par Ph. de Cliampaigne
(Fac-similé de la gravure du volume de La Colombière, 1669)
Toutes les sculptures de cette galerie auraient dû passer aux héritiers de Richelieu, car celui-ci dans son testament n’en ordonna aucune distraction1. Mais Mazarin en usa avec elles aussi peu scrupuleusement que pour les deniers mêmes du grand ministre, ainsi qu’on l’a vu plus haut. A la mort de Richelieu, il les ht réserver, avec un certain nombre d’autres, pour le service du roi ; autrement dit, il trouva bon de les garder pour l’ornement du palais où lui-même comptait prendre résidence. Quel fut leur sort? La plupart des bustes restèrent au Palais-Royal jusqu'à la Révolution, dans celle même Galerie des Illustres, sans figurer dans les Inventaires des ducs d'Orléans, el considérés probablement comme des accessoires décoratifs du monument. L’architecte Piètre, à la fin du xvme siècle, ayant eu à transformer la galerie, exécuta à cette époque quelques jolis dessins au lavis, qui sont conservés au musée Carnavalet et où sont indiquées plusieurs de ces sculptures du cardinal de Richelieu. Il est prouvé que certaines d’entre elles sont aujourd’hui au musée du Louvre. Louis Courajod en cite trois : les bustes de Henri II , de Charles IX et de Henri III , « sculptés, » dit-il, « par Germain Pilon, » qui « se trouvaient au château du Raincy (appartenant à la famille d’Orléans) au
t. De Boislisle, Les Collections de sculptures du cardinal de Richelieu, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires, t. XLII.
T. I. LE PALAIS -ROYAL
CG LE PALAIS-ROYAL
moment de la Révolution Lenoir, conservateur du Musée des Monuments français, les acheta à un serrurier du village de Monceaux, qui les avait acquis au moment de la vente des meubles ordonnée par la Convention. A ces trois, provenant de la Galerie des Illustres, on pourrait ajouter ceux qui sont mentionnés dans les dossiers des Archives nationales relatifs aux objets d’art trouvés chez les émigrés, notamment un Démost/iene, et un Empereur, avec leurs gaines de différents marbres, qui avaient été enlevés du Palais -Royal pour être transportés soit au Muséum, soit au Directoire, et le Henri IV en marbre blanc trouvé au château de Monceaux1 2. Combien d’autres sont maintenant dispersés dans les musées ou dans les collections particulières, qu’il est devenu presque impossible d’identifier et dont on ne saurait plus affirmer l’origine!