‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 69 sur 301 · Cf. Brienne, Mémoires, t. 1er, p. 190 et suivantes · texte numérisé non relu

Cf. Brienne, Mémoires, t. 1er, p. 190 et suivantes

liostile à Mazarin, est suspect. Mais tous les contemporains qui ont traité ce sujet sont unanimes à signaler, avec un étonnement douloureux, le soin avec lequel ce prince fut volontairement détourné de toute étude sérieuse, de toute culture intellectuelle. Mazarin, qui s’était adjugé la surintendance de l’éducation royale, disait parfois: «Il en saura toujours assez1 2 3,» et voilà qui constitue de graves présomptions pour les calculs qu’on lui reproche. 11 lui donna comme gouverneur, en iG4G, le marquis, depuis maréchal de Villeroy, qui était un honnête homme et fort capable de lui inculquer des sentiments d’honneur, mais non le savoir qu’il eût fallu. D’ailleurs, le marquis se plaignait de n’être pas maître de la manière dont son élève était instruit, ajoutant que, pour lui, «il n’auroit pas laissé un aussi bon fond sans le cultiver. » Quant à l’abbé Hardouin de Beaumont de Péréfixe, précepteur sous lui, il aurait été bien empêché d’enseigner à Louis XIV ce dont lui-même avait si peu de connaissance. Dans les premières années, Louis XIII, qui, lui aussi, avait eu à souffrir d’une éducation négligée et de l’isolement, avait voulu instituer pour ses fils une compagnie d’enfants d’honneur. Cette jeune garde, qui jouait aux soldats et que Mme de Lassallc, femme de chambre de la reine, dressait elle-même à porter le mousquet et à saluer de l’épée, ne resta pas longtemps auprès des jeunes princes au Palais-Royal. La compagnie fut dissoute par Mazarin, peu après les fêtes organisées le i3 janvier iG5o, par le gouverneur de Villeroy, pour former, disait-on, le roi dans «les exercices de la guerre», et qui sont fort connues par diverses gravures intitulées : le Fort du Palais- Iloijal’’. 11 en existe une notamment d'Israël Silvestre, datée (iG5o) cl signée, ainsi qu’une estampe allemande qui n’offre avec la première qu’une insignifiante différence, et que nous reproduisons (page i3i). Loret a parlé de cette fête qui inspira peutêtre au jeune roi l'idée des merveilleux carrousels qu'il ordonna plus tard :

Je vis jendy faire la guerre Au fort construit dans le parterre Du jardin du Palais -Royal 3.

Une pièce de vers, relative au même sujet, mais datée de iG5i, et conservée à la Bibliothèque nationale4, est particulièrement intéressante en ce qu'elle

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