‹ Le Palais Royal (volume 3)Chapitre 26 sur 89 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

marques du plus grand empressement. Il les chérit , cherche tous les moyens de leur plaire ; mais c’était en belles-sœurs qu’il les aimait. Lauréole garda son crédit. On voulut faire agir Rosemarine, l’engager à se plaindre. Elle répondit : — Je suis heureuse; j’aime mon époux, mon amie ; je n’ai à me plaindre ni de l’un ni de l’autre : que leur demanderai-je?... Heureusement Hémophile entendit cette réponse,.

Il en fut surpris ! Il voulut remonter à la source, et il lui fut aisé de découvrir, que la haine qu’on avait pour Lauréole était la cause de la conjuration qu'on formait, non contre lui, mais contre cette hile. Hémophile fut piqué. Mais comme il ne voulait pas se brouiller avec les dames, il dissimula. Sa jeune épouse s’était formée rapidement. Il résolut de la présenter avec éclat.

Pour cet effet, il prépara, aidé de Lauréole, et de sa femme elle-même, les frères et sœurs de celle-ci en état de paraître. Il les ht habiller, les garçons en uniforme national; les hiles en jeunes Grecques. Lauréole eut un costume qui lui allait à ravir. Pour Rosemarine, elle eut un habit de cour.

Tout étant disposé, Hémophile déclara aux dames, qu’il était temps de présenter son épouse

à la souveraine, et qu’il fallait en obtenir la permission, ainsi que l’indication du jour. Ces préliminaires remplis, au jour désigné, l’on se rendit à la cour. Les dames étaient dans le grand carrosse, avec Rosemarine. Dans un second, Démophile avec Lauréole, et les deux soeurs aînées. Dans trois autres carrosses étaient les soeurs et les frères.

Dès qu’on fut descendu de voiture, les nymphes, au nombre de huit, en comptant Lauréole, et les petits gardes, au nombre de dix, entourèrent Rosemarine, qui marcha de la sorte, précédée par les dames. A la porte de la souveraine, on fut un peu surpris de ce cortège. Les dames entrèrent avec Rosemarine et son époux, qui, après la présentation, demanda permission de faire paraître les frères et les soeurs de sa femme. Sa demande lui fut accordée, et l’on vit s’avancer dix-huit personnes. Le plus jeune des garçons n’avait que quatre ans, et ce fut lui qui commanda l’exercice à ses frères... Pour les sœurs et Lauréole, c’étaient de belles nymphes, qui paraissaient environner Diane, Vénus, ou plutôt Psyché. La souveraine fut surprise de voir une famille si nombreuse et si jolie.

Ce fut alors que Démophile raconta l’his-

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