TROISIEME PARTIE
samment, si elles ne trouvent pas d’elles-mcmes. On fera aussi de ces filles, en général bonnes ^orteuses^ des sujets de colonie, et elles seront alors traitées avec la plus grande considération. Les supérieures de communautés, si elles sont encore jeunes, seront données de préférence aux évêques et aux curés.
» Il faut bien se mettre dans l’esprit, que le seul état à encourager, c’est l’agriculture : il faut laisser tous les autres à eux-mêmes ; mais celui de cultivateur doit être encouragé. Voici les moyens que je propose, en bon patriote, d’après les lumières que m’ont données l'expérience.
» Quant un paysan viendra, pour ses affaires, à la ville, tous les citadins seront obligés de lui parler honorablement. Les fils aînés l'inviteront à dîner l’un, à coucher l’autre, suivant ses affaires. Les gens de justice, ou les autres personnes qui auront affaire à lui, l’expédieront sur-le-champ, en le faisant passer avant les citadins. Mais, d’un autre côté, le paysan ne pourra venir à la ville, pour ses affaires particulières, que les fêtes, le dimanche, ou les fêtes publiques. Ces jours-là lui seront dévolus, chez les magistrats et autres. Il sera obligé d’être poli, reconnaissant envers les gens des villes, qui ne pourront jamais aller chez lui, l’induire en
dépense, que le paysan n’en ait obtenu la permission du juge et du curé de son village, qui connaissent ses facultés, et qui ne le permettront, qu autant que la réception des citadins n’incommodera pas le paysan : ce ne sera jamais dans le temps des travaux, mais uniquement dans le mois qui est entre la moisson et les vendanges, c’est-à-dire au mois de septembre. En tout autre temps, les citadins ne pourront venir se divertir chez leurs amis de village, excepté pourtant la semaine de Noël, si l’envie leur en prenait, ou les fêtes de Pâques, pendant les trois jours, y compris le samedi.
» Tout paysan, en qualité de paysan, sera réputé de condition honnête, et comme tel, susceptible, dans sa personne, ou dans celle de ses enfants, suivant leur capacité, de toutes les places, emplois, charges, députations, ambassades. Il mettra pour titre ; Tel, laboureur^ fils de laboureur, et ce titre sera l’égal de tout autre, plus relevé en apparence, et supérieur à l’exercice de tout art et métier.
)) Tout paysan, fainéant ou débauché, ou incapable, par sa faute, sera dégradé du titre de paysan, et obligé de prendre un métier; mais ses en fants pourront demeurer laboureurs.
)j Quiconque aura outragé un honnête labou-