‹ Le Palais Royal (volume 3)Chapitre 67 sur 89 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

et repartit, après avoir reçu deux lettres de la main du véritable Charles...

Il faut expliquer ceci...

Dulis, en allant en Hollande, trouva son frère Charles convalescent, après une maladie de dixhuit mois, avec perte de la mémoire pendant deux ans. Son étonnement avait égalé sa frayeur. Mais Heureusement que son frère était rétabli, et que les bons soins de Dulis complétèrent sa guérison. Leur amitié se fortifia. Dulis avoua tout à son cadet. Celui-ci écrivit les deux lettres sous sa dictée. Ils convinrent ensuite, que Charles viendrait; qu’il prendrait le nom d’un camarade, tué dans un combat nocturne, mais sans réclamer sa fortune, dont il laisserait seulement le droit obscur à ses enfants. On constata, comme on voulut, que Charles Dulis, était Alexandre Diranci. Le mari de Rose se proposa de faire épouser Eugénie à son frère, et d’opérer un moyen de plus de tromper leurs parents.

En arrivant à Paris. Dulis présenta Charles sous le nom de Diranci, et le logea dans la maison de son ami plus intime. Eugénie était charmante et mariable : sans inspirer une forte passion, elle plut à Diranci, dont l’âme n’était pas bien remise de son premier amour. Mais il croyait la nièce du

notaire mariée, avec celui que lavait rendue matériellement infidèle. 11 tâchait de l’oublier.

Au bout d’un mois de séjour à Paris, et lorsque le véritable Charles, fut remis de ses fatigues, il parut beau garçon. Il avait du mérite ; Eugénie l'aima; M. Bourgeois le goûta, et il fut charmé de donner sa seconde fille à l’ami de son gendre. Le mariage fut arrêté.

Quelques jours après, Charles étant allé seul aux ItalienSy avec un billet d’auteur, trouva dans l’amphithéâtre la nièce du notaire. Elle était avec son oncle et sa tante. Comme Charles n’avait dit le motif de son engagement qu’à la jeune personne, l’oncle et la tante ignoraient les motifs de sa conduite, Isabelle Daiiteiiil rougit en voyant son amant. Charles était derrière elle, et n’avait pas encore été remarqué du notaire. — Tâchons de nous parler (lui dit la nièce), avant de nous séparer. J’ai des choses importantes à vous dire... Charles répondit par un signe de tête. Mais il était prodigieusement ému.

Isabelle profita de tous les moments qu’elle put dérober à l’attention de ses parents, pour écrire au crayon sur des cartes. Elle les passait à Charles qui les serrait. Il les alla pourtant lire pendant le ballet.

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