‹ Le Palais Royal (volume 3)Chapitre 8 sur 89 · PYRAMIDALE ET BASILIQUE · texte numérisé non relu

PYRAMIDALE ET BASILIQUE

Pyramidale, la fille da décrotteur, n’en était pas moins une belle brune. Quant à Basilique, on sait qu’elle était la nièce de M. Priape, qui n’avait pas plus ménagé sa sœur que les autres dames invitées à son bal.

Ce fut auprès d’un homme que Madame Janus plaça ces converseuses. C’était un vieillard, qui avait occupé une grande place, et qui n’avait pour héritier, qu’un fils très-fat, et très-irrespectueux. Madame Janus, qui voulait que ses deux élèves fussent respectées, avait bien dévoilé l’origine de Basilique; au lieu qu’elle tenait secrète celle de Pyramidale, qui n’avait rien d’extraordinaire. Mais

on ne sait à l’occasion de quelle ressemblance, le vieillard s’avisa d’avoir pour celle-ci le plus grand respect. Il se persuada qu elle était fille naturelle du premier homme du royaume. En effet, elle ressemblait à un écu de six francs de soixante -quatre.

On ne sait encore par quel hasard cette idée du père passa au fils. Un jour que Pyramidale racontait naïvement une histoire singulière, des amours augustes, il se figura que c’était celles de sa mère. Cette historiette, ou trait, était celui de la jolie bouchère, qui avait un talent particulier, dont son amant louait ordinairement l’effet avec des expressions très-énergiques. Pyramidale racontait ce trait avec grâce et modestie, quoiqu’il fût très-difficile de le gazer. Sans doute, elle le tenait ainsi de Madame Janus, qui savait plus de milles contes, et qui se faisait un plaisir de les raconter à ses élèves.

D’après cette idée, le jeune fat devint très-amoureux de Pyramidale! Il épia tout ce qu elle faisait avec son père, et n’ayant rien trouvé qui pût blesser l’honnêteté, il se mit en tête de l’épouser. Il garda longtemps cette idée ; mais tout lui confirmant que Pyramidale était d’une naissance distinguée , et qu’elle était honnête, il osa proposer à son père de faire le mariage. Le vieillard fut très-surpris !

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