‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 98 sur 98 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

des plus riches familles du pays. Ces nouveaux venus firent chanter les cantatrices, et choisirent chacun celle qui leur convenait. Félicité eut un jeune homme, encore sous la conduite de son gouverneur; Abricote un célibataire de trente-cinq ans, Piédalouette, un officier de vingt-cinq; Grenade, un prince R — 1 ; et Muscadine, un seigneur Russe.

On effectua les sept dépôts le jour même. Les conditions furent, que les amants pourraient emmener les belles dans leurs pays ; à condition de les bien traiter, de les défrayer, de leur faire un sort, et, dans le cas d’un sujet de plainte légitime, comme renvoi, injures, mauvais procédés, ou la maternité, de leur laisser le dépôt, sans avoir d’autre arbitre que Madame Janus.

Tout étant ainsi disposé, la maman laissa librement voir ses élèves , jusqu’au départ. Aucune ne devint enceinte à Paris; mais comme toutes écoutèrent leurs amants ; les dépôts furent gagnés, les amans le reconnurent, et l’argent fut placé. Une condition nouvelle, agréée de toutes les parties, c’est que les rentes resteraient sous la tutelle de Madame Janus.

Tous les amants emmenèrent leurs cantatrices. Grenade et Muscadine, qui étaient sœurs, et qui

connaissaient leur mère, se sont mariées à Varsovie, et sont revenues à Paris, avec leurs maris, et chacune trois enfants. Elle ont fait la consolation de la papetière.

Soucie et Génétine , sont comtesse et princesse, en Pologne.

Félicité jouit du même bonheur.

Abricote et Piédalouette ont été les moins fortunées. Leurs amants voulurent les vendre à la charge de retirer leurs dépôts, dont se chargeraient les nouveaux amants. Mais ceux-ci ne purent jamais plaire. Abricote et Piédalouette vendues , pour ainsi dire , prirent la fuite, arrivèrent à Berlin, où le directeur de la troupe française de comédiens, les fit passer pour des actrices : elles revinrent à Paris, où elles se sont mariées, l’une à un marchand drapier et l’autre à un notaire.

Nous terminons ici l'histoire des cantatrices de Madame Janus, et nous allons parcourir sa quatrième classe.

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