TROISIEME PARTIE 2'J
Mais comme Pyramidale avait fait une forte impression sur son coeur, il ne résista que faiblement.
La conversation qu'il avait avec son fils, fut entendue de la jeune personne. Elle comprit, par le dialogue entre le père et le fils, qu'on la prenait pour une illustre bâtarde. Elle savait l'histoire de sa camarade Pensée. Elle ne sut elle-même qu'imaginer. Mais comme Basilique était avec elle, Pyramidale la consulta.
— J'entrevois une grande fortune, si tu sais te bien conduire (répondit Basilique). Ne faisons rien de nous-mêmes. Maman Janus est la prudence personnifiée. Consulte-la. J'ai aussi mon petit bonheur à part et si tu as le fils, je pourrais bien avoir le père... Il t'aurait peut-être préférée. Il fut résolu qu'on verrait Maman Janus le jour même.
Lorsque les deux élèves furent devant cette femme sublime, et que Pyramidale lui eut exposé le cas. Madame Janus se recueillit profondément. Puis prenant un air mystérieux, elle dit à Pyramidale : — Madame, je suis dépositaire de plus d'un secret. Laissez agir le fils de votre vieillard : s'il vous épouse, il s'honorera lui-même.
Basilique ayant ensuite parlé, Madame Janus lui répondit ; — Pour vous, Mademoiselle, vous savez quelle est votre naissance. Vous êtes la nièce d'un
homme riche et en place: votre mère était honnête, sage; elle fut trompée; votre origine est pure, et vous pouvez aller à tout.
Les deux belles notèrent cette différence , de Madame à Tune et Mademoiselle à Tautre. Elles s'en retournèrent, sans avoir d'autres éclaircissements.
Madame Janus avait une maxime ; c'était de tout faire pour ses élèves. Elle fabriqua donc une histoire à Pyramidale; elle sut l'adapter à celle de cette jeune fille. Deux ou trois lettres anonymes furent composées ; différentes mains les copièrent, sans les entendre, et le tout fit une preuve, pour des gens qui ne demandaient qu'à croire. Pyramidale fîit épousée, sous ses véritables noms, par le fils du vieillard; qui, lui-même, épousa Basilique.
Les parents de la première assistèrent au mariage. Il fallait voir, comme le fat faisait les honneurs à la mère, femme du décroteur I Gomme il parlait à l'oreille des convives 1... Gomme on en riait... Mais le mérite et la beauté de Pyramidale, faisaient convenir, dès qu'on l'avait vue, entendue, qu'elle était digne de son roman.
Sera-t-elle longtemps heureuse? Nous ne le croyons pas. Le fat est si vicieux, que son cœur corrompu, doit être incapable d'une véritable ten-