TROISIEME PARTIE 7I
toire de son mariage, dont il exposa les motifs en ces termes :
— Nous sommes parvenus aux circonstances, annoncées par les philosophes, et désirées par quelques personnes, comme M. Grimod de la Reiniere /ils, M. Yvet, etc,. qui se faisaient plus d'honneur d*avoir dans leurs familles des hommes utiles, que des hommes relevés; aux circonstances où le peuple , indigné contre les grands, les traite tous d'aristocrates. Ils est fort beau sans doute à un duc et pair d'embrasser, dans les assemblées des districts, tous les citoyens comme ses frères ; mats cela n'est pas toujours une démonstration bien réelle des sentiments philanthropiques. Qui fut plus démonstratif à ces assemblées, que M. de Lalli-Tollendal ? Et cependant, on l'a vu se retirer de l'assemblée nationale. Je ne veux rien d'équivoque. Je suis philanthrope, je suis Démophile, et je le prouve de la manière la plus efficace : j'épouse une roturière; non une roturière isolée, héritière unique, qui ne m'allie qu'à sa personne , mais une roturière sœur de dix sœurs et de onze frères; une roturière qui me rendra l'allié, mes enfants, parents d'un procureur, d'un notaire, d'un avocat, d'un conseiller au Châtelet, d'un épicier , d'un mercier , d'un apothi-
Caire, d'un chirurgien, d*un charcutier, d'un drapier, d'un boutonnier, d'un traiteur, d'un fourbisseur, d'un maître maçon et d'un architecte : c'est dans cette conduite, qu'est la vraie philo- Sophie, et non dans des embrassades protectrices.
Auguste souveraine 1 il fallait lier la noblesse à la roture ; je l'ai fait : mes cousins, mes cousines, mes beaux-frères, mes belles- sœurs d'alliance me soutiendront dans leur quartier. Flattés de l'honneur qu'aura obtenu ma femme, leur parente, du tabouret chez la souveraine, ils ne haïront plus ces grandes et ces grands qu'ils jalousaient I D'autres cachaient une prétendue mésalliance; moi, je me glorifierai de ma femme. Je ferai mettre dans ma généalogie : Rosemarine Ga^emont a honoré la noblesse^ oit elle est entrée, par la pureté de ses mœurs, la douceur angélique de son caractère^ la beauté de son sang,,, (ici démophile, par un geste, fit remarquer la mère et les sœurs de sa jeune épouse), et celle de son âme. Une souveraine populaire, femme de Louis XVI, père de la patrie^ mère de Louis Dauphin, l'heureuse espérance , a rapproché, par elle y tous les états du trône, I^s enfants qu'elle m'a donnés, sont plus nobles, que si f avais épousé la fille d'un souverain : ce qui doit